Rue de l'Èbre

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La rue de l’Èbre est une ancienne rue, aujourd'hui disparue créée au tournant des années 1850 dans la commune de Gentilly, dans la partie alors appelée le Petit-Gentilly, rattachée au 13e arrondissement de Paris en 1860.Elle fait partie de la même série de dénominations que pour d'autres noms de fleuves : rue de la Vistule, rue du Tage...

Cette voie, la dernière avant le carrefour à 7 branches dénommé en 2002 « place Coluche », reliait la rue de la Santé à la rue de la Glacière[1] à peu près au niveau du portail de l'actuelle église Saint-Albert-le-Grand. La rue de la glacière, début de la rue de l'Èbre était autrefois, avant 1967, beaucoup plus étroite et à double sens jusque vers 1952-1953.

Origine du nom

La rue de l’Èbre portait le nom d’un fleuve espagnol, l’Èbre[2].

Historique

La voie est ouverte sur une extension de la commune de Gentilly sous le nom de « petite rue Sainte-Anne[3] ».

Cette rue est en montée continue depuis la rue de la glacière. Sa partie gauche est occupée par une chapelle, appelée « de la Sainte-Agonie » ; un vitrail, posé dans les années 1920-25, et s'ouvrant à l'est sur la rue de la glacière, représente le Christ au jardin des Oliviers. Ce côté impair se termine par un bâtiment en « U » qui abrite un Prieuré possédant une petite cour et donnant rue de la Santé, par une porte à judas, au numéro 125. Il existe aussi, face à la petite cour, un porche à deux battants, rarement ouvert.

Vers 1860, le prieuré est occupé par une première communauté de religieuses : les sœurs franciscaines missionnaires de Marie. Durant une trentaine d'années, elles exercent leur apostolat auprès des enfants. Lors de leur installation et face au prieuré, le grand domaine qui borde la rue de la Santé prolongée devient l'un des principaux hôpitaux psychiatriques du département de la Seine, inauguré en 1867 en gardant le nom d'origine : Sainte-Anne.

La première communauté de religieuse quitte le prieuré pour l'avenue Reille ; des locaux neufs accueillent une école, un noviciat et une grande chapelle.

Une autre communauté, les sœurs de Béthanie, leur succèdent. Ce sont des religieuses infirmières. Elles ouvrent un dispensaire et se rendent aussi à domicile. Plus tard, ces sœurs accueilleront les jeunes filles (catéchèse, animation du jeudi) rue Boutin dans un bâtiment de trois niveaux (Il est aussi une mini-salle des fêtes). Le prêtre responsable de la chapelle, appelé « Administrateur », y réside au dernier étage. Les habitants nomment ces religieuses « les sœurs de la Sainte-Agonie », nom de la chapelle édifiée vers 1865 pour desservir ce nouveau quartier de Paris. C'est une « chapelle paroissiale », dépendance de la paroisse Sainte-Anne de la Maison-Blanche. Son église, construite de 1894 à 1900, est à l'angle des rues de Tolbiac et Bobillot.

La population est ouvrière, employée aux mégisseries et petites industries ; elle occupe des immeubles rue de la Glacière où des cours se prolongent jusqu'à la rivière de Bièvre, ainsi que dans l'espace compris entre le boulevard Auguste-Blanqui et passage Victor-Marchand.

Vers 1920, la chapelle est surmontée d'un clocher à deux horloges opposées (côté nord et côté sud) ; un carillon sonnera les quarts d'heure avec trois sons différents : un coup aux 15 minutes ; deux coups aux 30 minutes ; trois coups aux 45 minutes. Chaque heure du jour fait entendre l’Ave Maria de Lourdes qui rythme les horaires des travailleurs des environs. Lors de la construction en 1936-37, des immeubles aux façades de brique rouges du square André-Dreyer (Ex-Legrand-du-Saulle), rue Wurtz, les maçons chantent, à gorge déployée, le célèbre refrain des pèlerins lourdais.

Le côté pair de la rue commence, en rez-de-chaussée, par un débit de boissons formant le coin avec la rue de la glacière. Suivent de petits immeubles de rapport entourant une vaste cour, probablement une ancienne ferme : elle s'ouvre aussi par un portail sur cette rue. D'autres bâtiments bas (un atelier d'héliogravure jusqu'en 1963-64) précèdent le fameux « numéro 6 ».

Originairement, c'était une petite ferme qui abritait les chèvres du jardin du Luxembourg ; elle s'agrandi de modernes extensions vers 1925-30 et devient le patronage des garçons, dénommé « l'Étoile de Montsouris ». Un espace pour le basket-ball y est aménagé. Des parties de « balle aux prisonniers », ou de « drapeau » dans la rue, occupent les jeudis après-midi avant un goûter et la traditionnelle séance de cinéma. Durant une quinzaine d'années, le vicaire responsable des jeunes garçon, l'abbé Alphonse Gay, successeur de l'abbé Ragouget, organise aussi des colonies de vacances, voyages à l'étranger et « grands jeux », ou les kermesses avec, parfois, un feu d'artifice…

Dans les années 57-58, l'abbé Gay est remplacé par l'abbé Varengot. Le successeur va fermer ce patronage en vue de la démolition de tout ce pan de quartier connu sous le nom « d'îlot 13 ».

La rue de l’Èbre disparaît définitivement en 1967-1968 avec la destruction de toute construction entre la rue Boutin et le carrefour cité au début.

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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