Rue de la Santé

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13e, 14e arrt
Rue de la Santé
Voir la photo.
Vue de la partie nord avec la façade arrière de l'hôpital Cochin.
Voir la plaque.
Situation
Arrondissement 13e et 14e
Quartier Croulebarbe
Montparnasse
Montsouris
Début 95, boulevard de Port-Royal
Fin 140, rue de la Glacière et 2, rue d'Alésia
Morphologie
Longueur 1 280 m
Largeur 16 m
Géocodification
Ville de Paris 8451
DGI 8809
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de la Santé
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La rue de la Santé est une voie marquant la jonction des 13e et 14e arrondissements de Paris. Par métonymie, la locution « rue de la Santé » désigne parfois la prison qu'elle abrite.

Orientée globalement nord-sud, la rue de la Santé commence au boulevard de Port-Royal et finit place Coluche. Elle est située dans le périmètre des Carrières des Capucins[1], qui sont indépendantes du « Grand réseau sud » des anciennes carrières souterraines de Paris[2].

Elle est accessible par la station Glacière de la ligne 6 du métro de Paris.

Origine du nom

La rue de la Santé doit son nom à la maison de santé ou hôpital Sainte-Anne, fondé par Anne d'Autriche[3] en 1651.

Historique

Avant le 19e siècle

La rue est un ancien chemin de campagne qui menait de la porte Sainte-Geneviève de l’enceinte de Philippe Auguste aux villages de Gentilly et d’Arcueil[4].

Cette voie est présente sur le plan de Jouvin de Rochefort de 1672 sous le nom de « chemin d'Arcueil ».

La création de l’hôpital Sainte-Anne nécessite sa légère déviation vers l’est. Son ancien tracé emprunte l’actuelle rue Ferrus[4].

Le 19e siècle

La partie située entre le boulevard Saint-Jacques et la rue de la Glacière était autrefois l'ancien « chemin de Gentilly », une voie du Petit-Gentilly appartenant au territoire de la commune de Gentilly. Le , elle est rattachée à la voirie de Paris.

Dans les années 1870, deux affaissements des galeries souterraines d'un ancien lieu d'extraction de « pierre à bâtir », situé à l'aplomb d'une partie de la voie et des parcelles qui la bordent, affectent la rue de la Santé, sans faire de victimes. Plusieurs maisons sont entièrement détériorées (voir nos 60, 62 et 64 et nos 77, 79 et 81)[5].

Le 20e siècle

Dans la première moitié du XXe siècle, le trottoir situé devant la prison de la Santé, à l'angle de la rue de la Santé et du boulevard Arago devient le lieu d'exécution publique parisien de la peine capitale[6]. En trente ans, de 1909 à 1939, l'une des deux guillotines, habituellement remisée dans un local de la prison voisine depuis 1911[7], y est montée une quarantaine de fois. La première exécution, en ce lieu, d'un condamné à être guillotiné est celle du parricide Georges Duchemin (), la dernière celle de l'assassin Max Bloch (). Celle-ci fut l'avant-dernière exécution publique en France[réf. nécessaire]. La guillotine continua néanmoins à fonctionner derrière la muraille de la prison.

En 1933, le médecin et écrivain Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) évoqua dans une lettre en partie inédite[8] l'exécution publique de l'assassin Roger Ducreux (), boulevard Arago, à laquelle il aura « bien plaisir d'aller au matin blême cueillir la tête ». Son ami le peintre Henri Mahé (1907-1975) en commenta un extrait et relata, de mémoire, la réaction de Céline dans La Brinquebale avec Céline, paru en 1969[9]. Selon un journaliste présent lors de l'exécution de Ducreux, Céline aurait dit « C'est encore ce qu'on a trouvé de plus propre pour donner la mort. La guillotine, voyez-vous, c'est le prix Goncourt du crime... »[10].

Le 25 août 1944, une colonne de véhicules de la 2ème DB du Gal Leclerc passe rue de la Santé en provenance de la porte de Gentilly par la rue de l'Amiral-Mouchez. Elle stoppe un court instant et ma mère en profite pour me hisser sur la chenille d'un engin. Un soldat m'applique deux bises bien senties et me repose. Inoubliable souvenir...! La colonne redémarre vers le Bd Saint-Jacques. (Un tout jeune témoin de 2 ans-et-demi...)

Depuis 2000

En 2020, un effondrement de la voirie au niveau du no 29 cause des dommages sur le réseau de canalisations de la Compagnie parisienne de chauffage urbain, nécessitant une intervention d'urgence et le barrage de la rue de la mi-août à la fin du mois de septembre[11].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

Du boulevard de Port-Royal au boulevard Arago

Du boulevard Arago au boulevard Saint-Jacques

  • Nos 60, 62 et 64 : parcelles impactées en 1867 par le premier des deux affaissements de terrain qui se sont produites dans cette rue. Cet accident, dû à la présence des anciennes carrières situées à l'aplomb, cause la détérioration complète de trois maisons. L'année suivante, dans la nuit du 28 au 29 avril, les maisons portant alors les nos 77, 79 et 81 s'affaissent à leur tour[5].
  • No 63 : groupe scolaire (école, collège, lycée) privé catholique sous contrat Notre-Dame de France, dont l'origine remonte à 1848[16].

Du boulevard Saint-Jacques à la place Coluche

  • Nos 77, 79 et 81 : voir no 60 et historique de la rue ci-dessus.
  • No 106 : l’hôpital Sainte-Anne, bien que son entrée officielle soit située rue Cabanis, possède une entrée sur la rue de la Santé. Installé à son emplacement actuel depuis 1651, il ne devint hôpital psychiatrique qu'en 1867.
  • No 125 : Ancien emplacement du Prieuré des religieuses-infirmières de Saint-Joseph, surnommées dans le quartier "les sœurs de la Sainte-Agonie", du vocable de la chapelle paroissiale desservant le quartier. Dans ce prieuré se trouvait le refuge d'aviateurs anglais durant les hostilités de 1940 à 1944. Ils y attendaient un rapatriement vers les Îles britanniques par l'Espagne ou directement en avion par la Résistance. Ce prieuré accueillait le siège parisien de service de renseignements "Jade-Amicol" très actif durant les hostilités. On dit même que l'Amiral Canaris, chef du Contre-espionnage allemand en France, y rencontra un émissaire du réseau afin de transmettre un message à Londres, message sans réponse positive de W. Churchill.

Champignon de Paris

Notes et références

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