Face à la Grande Dépression, l'économiste Irving Fisher rompt avec ses anciennes théories et réfléchit à l'existence de mécanismes qui empêchent l'autorégulation des marchés. Il s'intéresse notamment à la question de la déflation (baisse généralisée du niveau des prix dans une économie), qui touche alors les États-Unis. Il remarque qu'entre 1929 et 1933, la chute du niveau des prix a causé une augmentation des poids de la dette[1].
La déflation de bilan est liée à une réduction relative de la valeur des actifs (de la richesse) de l'entreprise par rapport à son passif, c'est-à-dire ses engagements[2]. Même dans le cas où la valeur des actifs reste la même en valeur nominale, l'augmentation de la dette la réduit en valeur relative[1]. La récession de bilan est dangereuse en ce qu'elle signifie que l'économie ne manque pas seulement de liquidités (ce qui peut être réglé par une politique monétaire reflationniste) : les entreprises sont frappées par un manque de fonds propres, et son capital fond, ce qui accroît son risque d'insolvabilité[1].
L'effet de ce mécanisme de déflation par la dette sur le bilan des entreprises est appelé en 2011 par Richard Koo la « déflation de bilan »[3].