Reform UK
parti politique britannique
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Reform UK (parfois en français : Parti de la réforme), anciennement le Parti du Brexit (en anglais : Brexit Party), est un parti politique britannique d'extrême droite, populiste, eurosceptique et national-conservateur, lancé par Catherine Blaiklock (en) en .
| Reform UK | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Chef | Nigel Farage |
| Fondation | |
| Scission de | UKIP |
| Siège | |
| Président | Lee Anderson |
| Positionnement | Attrape-tout[a], droite[b] à extrême droite[c] |
| Idéologie | Euroscepticisme Conservatisme Populisme Unionisme britannique Libéralisme classique[25] Opposition à l'immigration[26],[27],[28] |
| Adhérents | 268 000 (décembre 2025)[29] |
| Couleurs | Turquoise |
| Site web | reformparty.uk |
| Représentation | |
| Chambre des communes | |
| Parlement écossais | |
| Parlement gallois | |
| Assemblée de Londres | |
| Gouvernement local | |
| Conseils locaux | |
| modifier |
|
Issu d'une scission du Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP) et fondé en vue d'assurer le Brexit à la suite du référendum de 2016, avec le soutien de Nigel Farage, il arrive en tête des élections européennes de 2019 au Royaume-Uni. Il prend son nom actuel en 2021. Il fait élire ses premiers députés à la Chambre des communes aux élections générales de 2024 avant de connaître une percée dans les sondages lors de la législature qui s'ouvre suite à ces législatives. Le parti obtient ainsi des gains électoraux significatifs aux élections locales de 2025 et 2026, ainsi qu'aux élections législatives galloises de la même année, qui voient les travaillistes et les conservateurs subir de lourdes pertes en nombre de sièges, dans le cadre d'une remise en cause inédite du bipartisme dans le pays.
Histoire
Fondation du Parti du Brexit
En , plusieurs cadres quittent le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), en signe de protestation contre la nouvelle ligne du parti, jugée trop centrée sur l'islam, une ligne symbolisée par les liens tissés entre le nouveau chef du parti, Gerard Batten, et le militant d'extrême droite Tommy Robinson.
Le Parti du Brexit est annoncé le [30] par l'ancienne porte-parole sur les questions économiques de l'UKIP Catherine Blaiklock (en)[31]. Il est enregistré auprès de la Commission électorale du Royaume-Uni le , ce qui lui permet de se présenter à des élections[32].
Élections européennes de 2019

Après un report du Brexit sous Theresa May impliquant la participation du Royaume-Uni aux élections européennes, le parti prend part aux élections européennes de 2019. Parmi ses candidats sont annoncés la journaliste Annunziata Rees-Mogg — ancienne candidate conservatrice aux élections générales et sœur du député conservateur et financier Jacob Rees-Mogg —, l'homme d'affaires conservateur Benyamin Habib, l'écrivaine Claire Fox et l'ancien directeur général des Chambres de commerce britanniques John Longworth[33]. L'ancien député du Parti travailliste George Galloway annonce également son soutien au Parti du Brexit lors de l'élection du Parlement européen en 2019[34],[35]. Un sondage mené auprès de 781 conseillers du Parti conservateur indique que 40 % d'entre eux avaient l'intention de voter pour le Parti du Brexit[36].
Steve Bannon considère qu'un « super groupe » souverainiste pourrait être le deuxième plus grand du Parlement européen en regroupant trois groupes préexistants : l'ENL d'extrême droite, le CRE des nationaux-conservateurs et l'ELDD du Parti du Brexit[37]. Finalement, plusieurs membres du groupe ELDD rejoignent le groupe Identité et démocratie (ex-ENL) et les députés du Parti du Brexit siègent dans les non-inscrits.
Élections générales de 2019
Après avoir décidé de ne pas présenter de candidat dans les circonscriptions ayant élu un candidat conservateur aux élections de 2017 afin de ne pas compromettre les chances de survenue du Brexit par l’échec des conservateurs, le Parti du Brexit n’obtient aucun député.
Période post-Brexit et changement de nom
Le , le Royaume-Uni quitte officiellement l'Union européenne.
Le de la même année, le parti signe une tribune publiée par le magazine Marianne avec les partis politiques, italien Italexit, espagnol Somos España et français Génération Frexit, intitulé : « Manifeste pour la souveraineté, la démocratie et l'auto-détermination ». Cette tribune appelant à la sortie de l'Union européenne pour les autres États à la suite du Brexit[38].
Le , le « Parti du Brexit » devient Reform UK. Le suivant, Nigel Farage quitte sa tête pour se recentrer sur ses activités dans les médias. Richard Tice, qui en était jusqu'ici le président, lui succède.
Nigel Farage annonce le sa participation aux élections anticipées au Royaume-Uni sous la bannière de Reform UK « en pleine ascension dans les sondages »[39], dans la circonscription de Clacton (Sud-Est de l'Angleterre), après avoir été « un temps soupçonné de vouloir rallier les conservateurs »[39], dont « certaines figures ne cachent pas leur sympathie pour lui »[39]. Lors de la campagne, il suscite la polémique en défendant Vladimir Poutine et reprend sa propagande, en accusant l'Occident d'être responsable de l'invasion de l'Ukraine par la Russie[40].
Le , Nigel Farage annonce que le nombre d’adhérents au parti Reform UK a, de manière inédite, dépassé celui du Parti conservateur, atteignant les 133 000 membres[41].
Reform UK fait une percée lors des élections locales britanniques de mai 2025 et remplace les conservateurs comme premier parti d'opposition[42],[43]. Dans les mois qui suivent, plusieurs figures du Parti conservateur rejoignent successivement Reform UK, dont les anciens ministres David Jones, Nadine Dorries et Nadhim Zahawi, ainsi que Robert Jenrick, finaliste lors de l'élection à la chefferie conservatrice de 2024[44],[45].
Reform UK est considéré comme le grand vainqueur des élections locales britanniques de 2026. Il passe de 2 à 1453 conseillers pour 14 conseils[46],[47]. Reform UK réalise d'importants gains tant aux dépens des travaillistes que des conservateurs[48]
Ligne politique
Selon sa direction, le parti a pour objectif d'attirer les 17,4 millions de personnes qui ont voté en faveur de la sortie de l'UE en juin 2016 et de convaincre des transfuges des conservateurs, des travaillistes et du UKIP[30]. Dans cette optique, Nigel Farage, ancien leader du UKIP et député européen, déclare qu'il se présenterait comme candidat pour ce parti si un scrutin européen devait se tenir au Royaume-Uni en : « si le gouvernement revient sur sa parole et trahit les millions de personnes qui ont voté pour le Brexit, il nous faut un parti prêt à se lever et à se battre pour l'obtenir. Je suis tout à fait prêt pour l’extension ou la révocation de l’article 50 et, si cela se produit, je reviendrai à la charge »[30].
Contrairement au UKIP qui s'était refocalisée sur le problème migratoire, le but de ce nouveau mouvement est de se concentrer sur ce qui est vu comme l'essentiel : la question de la souveraineté et du respect de la démocratie[49], bien qu'il demeure antimigrants[42],[50]. Décrivant le champ politique selon l'échiquier politique populiste : une élite (système), anti-démocratique, contre les partisans du peuple (anti-système) qu'il représenterait. Farage observe : « Si le résultat d’une élection n’est pas respecté en Afrique, cela provoque une levée de boucliers internationale. C’est pourtant ce qui arrive ici avec le non-respect du résultat du référendum. Et nous devons mettre fin à cette situation ! »[49].
Selon le juriste Aurélien Antoine, spécialiste du droit constitutionnel britannique, le mouvement s'inscrit dans le cadre plus général de la stratégie du « pourrissement par l'intérieur » de l'UE par les mouvements eurosceptiques[51]. En effet, Farage avait menacé au Parlement européen : « Vous ne voulez pas que je revienne ici avec une horde d’eurosceptiques »[52]. N'ayant initialement pour seul programme que le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, le parti a présenté aux élections européennes de 2019 des candidats issus de minorités ethniques et a pris ses distances avec l'anti-islam du UKIP[53].
La constitution du parti, enregistrée auprès de la Commission électorale, le définit comme « un parti démocrate qui promeut le libéralisme classique ». Outre la sortie de l'Union européenne, cette constitution indique que les objectifs du parti sont la promotion de l'esprit d'autonomie individuelle des personnes, la « diminution du rôle de l'État », la baisse des impôts des personnes et des entreprises, le contrôle des frontières, et la garantie des « libertés essentielles et traditionnelles de toutes les personnes au Royaume-Uni »[25],[54].
Pendant la pandémie de Covid-19 au Royaume-Uni, le parti s'oppose au confinement sanitaire, arguant que la maladie est sans gravité pour les personnes de moins de 60 ans[55]. Sous la direction de Richard Tice à partir de , le parti entend baisser les impôts des plus riches et les impôts sur les entreprises, mais aussi abolir l'impôt sur le revenu pour une partie des classes moyennes. Il souhaite également réformer la Chambre des lords et licencier une grande partie des personnels de la BBC, accusée d'être trop à gauche et de faire partie de l’establishment[12],[56].
Reform UK doit écarter plusieurs de ses candidats aux élections générales de 2024 pour des propos racistes. L'un d'eux avait posté sur les réseaux sociaux des commentaires sur le QI des personnes originaires d'Afrique sub-saharienne. Un autre avait déclaré que les personnes noires devaient "lever leurs culs de fainéants" et arrêter de se comporter "comme des sauvages". Une troisième avait qualifié sur les réseaux sociaux les migrants qui traversent clandestinement la Manche d'"ordures"[57]. Selon l'association de lutte contre le racisme Hope Not Hate, en vue des législatives, Reform UK avait déjà dû renoncer à 166 candidats depuis le début de l'année pour des déclarations racistes ou homophobes[57].
Le parti est jugé inconstant en matière de géopolitique. Nigel Farage a ainsi d’abord soutenu la guerre contre l'Iran par les États-Unis et Israël, mais l’impopularité de la guerre dans son propre pays l’a finalement poussé à la dénoncer[58].
Anti-écologisme et climato-dénialisme
Le parti tient également des positions anti neutralité carbone[42]. DeSmog (en) observe que « le parti de Farage, qui a reçu des millions de la part d'intérêts polluants et courtise activement les donateurs du secteur pétrolier et gazier, fait campagne pour abandonner les objectifs en matière d'énergie propre et lancer de nouveaux projets liés aux combustibles fossiles, rejetant la menace du changement climatique[59] ».
Sociologie électorale
Selon le centre de réflexion More in Common, les électeurs Reform « sont blancs à 94 % et vivent en banlieue ou dans des petites villes, comme les électeurs conservateurs ». Par ailleurs, « les deux tiers d’entre eux sont propriétaires, ce qui est proche des conservateurs. Mais un élément sociologique les sépare fortement : plus de 80 % ne sont pas allés à l’université ou ont suivi des formations professionnelles ou techniques. Enfin, (…) 26 % peinent à boucler leurs fins de mois »[58].
Selon cette étude, deux éléments sont déterminants dans la dynamique du parti : le sentiment que « les partis traditionnels ont prouvé qu’ils étaient incompétents » et ses positions conservatrices sur l’immigration[58].
Influence sur le Parti conservateur
Le parti Reform UK est un concurrent du Parti conservateur sur sa droite ; malgré les faibles scores électoraux de Reform UK, il exerce une «influence disproportionnée» sur le Parti conservateur en l'obligeant à se radicaliser, selon Karine Tournier-Sol, qui voit en lui un "groupe de pression"[60].
Reform UK est décrit comme une formation « populiste » qui se « nourrit de la frustration des électeurs ». Elle vise en particulier les électeurs conservateurs issus des classes populaires, qui subissent la hausse du coût de la vie et le délabrement des services publics. Dans les circonscriptions très « pro-Brexit » du nord de l’Angleterre, le parti pourrait aussi menacer le vote travailliste. Il investit en particulier la question migratoire et dénonce « l'hypocrisie » des conservateurs au pouvoir, qui tout en adoptant une rhétorique antimigrants dans les médias ont fortement augmenté les arrivées de migrants pour répondre aux besoins économiques du Royaume-Uni[61].
Transfuge du Parti conservateur, Richard Tice a adopté un discours très critique vis-à-vis de son ancien parti, affirmant que seule sa formation pouvait « sauver » le Royaume-Uni, qui aurait été « brisé » par treize années de domination conservatrice. Ben Habib, ancien vice-président de Reform UK, affirme même vouloir « anéantir le Parti conservateur »[61].
Résultats électoraux
Élections européennes
| Année | Tête de liste | Place | Voix | % | Mandats |
|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | Nigel Farage | 1er | 5 248 533 | 30,5 |
Élections générales
| Année | Dirigeant | Place | Voix | % | Mandats |
|---|---|---|---|---|---|
| 2019 | Nigel Farage | 6e | 642 323 | 2,01 | |
| 2024 | Nigel Farage | 3e | 4 117 121 | 14,29 |
Élus
Chambre des communes
Élus présents à la Chambre des communes[62] :
Députés européens
8e législature
9e législature
Personnalités ayant quitté le parti
Députés européens
- Andrew England Kerr, le ,
- Louis Stedman-Bryce le ,
- Lance Forman, en ,
- Lucy Harris, en ,
- John Longworth, en ,
- Annunziata Rees-Mogg, en .