Réginald-Ferdinand Poswick

From Wikipedia, the free encyclopedia

Réginald-Ferdinand Poswick
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Titre de noblesse
Baron
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Père
Autres informations
Ordre religieux
Membre de
Catholic Biblical Federation (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Réginald-Ferdinand Poswick, né le à Bruxelles (Belgique), est un moine bénédictin de l'abbaye de Maredsous (Belgique) depuis 1955[1],[2],[3],[4].

Théologien, bibliste, informaticien et publiciste polygraphe, il est, avec les collaborateurs qui l'ont entouré et la création d'un “Centre Informatique et Bible” à Maredsous (Belgique), un pionnier de l'application de l'informatique au domaine biblique et au domaine textuel en général (archives, bibliothèques[5], documents, etc)[6].

Les débuts

Premières années

Réginald, Ferdinand, Pierre, Marie, Ghislain, Jean l'Agneau, Baron Poswick est le second fils de Prosper Poswick et de Geneviève (Féfette) de Dieudonné de Corbeek-loo, né à Bruxelles (St-Gilles) le 4 janvier 1937.

Avec ses parents diplomates, il réside de 1939 à 1945 en Égypte, au Liban et en Turquie avant de rentrer en Belgique où il fait une année de d'études au Collège Saint-Pierre à Uccle avant d'être mis en pension à l'École abbatiale de Maredsous[7] dont le Recteur est, à l'époque, Dom Bernard de Géradon, grand ami d'enfance de Prosper Poswick alors nommé secrétaire à la Légation de Belgique de La Haye (Hollande). Prosper Poswick sera, durant 11 années (1957-1968), ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège. Réginald Poswick fait toutes ses humanités à l’École abbatiale de Maredsous (1946-1954). Puis, après une année de Philosophie à l'Institut Saint-Louis à Bruxelles, il devient moine à l'Abbaye de Maredsous où il prend l'habit en novembre 1955.

Formation

Il fait profession monastique en février 1957 et commence alors un cycle d'études supérieures (philosophie et théologie) chez les dominicains du Saulchoir (Corbeil, Paris), à Maredsous et au Collège bénédictin de Saint-Anselme à Rome où il fait sa licence en Théologie en 1964-1965. Ces études sont interrompues en 1958-1959 pour un service militaire comme infirmier-brancardier.

Rentré à Maredsous, il est nommé surveillant, professeur et économe à l'École abbatiale de Maredsous pour les années scolaires 1965-1966 et 1966-1967.

Aggiornamento monastique

Il participe alors activement à ce qui deviendra la fondation du monastère bénédictin de Quévy-le-Grand (près de Mons) tout en se spécialisant dans le domaine de l'édition biblique avec la réalisation du Lexique de la nouvelle édition de la Bible de Maredsous (1968) et la mise à jour du texte et des notes de plusieurs des livres des Petits Prophètes pour cette édition, des travaux qu'il mène à bien au cours d'un long séjour au Prieuré de Moustier-en-Fagne (Avesne).

Premières applications de l'informatique à la Bible

À Quévy, outre la direction de la construction du nouveau monastère (inauguré en 1971), il devient responsable de la création d'une Table analytique de toute la Bible qui sera publiée sous le titre de Table Pastorale de la Bible[8] en février 1974. Pour finaliser ce travail avec les Frères de Maredsous vivant à Quévy et les Sœurs Bénédictines installées à Blaregnies, la décision se prendra de recourir à l'informatique[9]. Avec son confrère, le Fr. Éric de Borchgrave, le Fr. R.-Ferdinand Poswick (il a reçu le nom monastique de Frère Ferdinand) suit alors le cycle de formation d'analyste et de programmeur chez IBM-Belgium à Bruxelles (diplôme d'analyste et programmeur en novembre 1971). Les applications informatiques se font alors sur les puissants ordinateurs (IBM/360 puis IBM/370) du Centre de Traitement Informatique (CTI) de la Caisse Générale d'Épargne et de Retraite (CGER) à Bruxelles, un soutien et une collaboration qui se poursuivront jusque dans les années 1990.

Le noyau de l'équipe qui travaille à cette réalisation rentre à Maredsous après la démission de l'Abbé Olivier du Roy, en mars 1973.

La carrière d'un “business-moine”

Naissance d'un Centre “Informatique & Bible” à Maredsous

Après la publication de la Table Pastorale de la Bible, un projet important de Concordance multilingue sera signé avec les Éditions Brepols en 1975. Des collaborateurs laïcs sont engagés et les travaux d'enregistrement et de gestion de nombreux textes de la Bible sont entrepris jusqu'au moment où les Éditions Brepols, suivies par l'Abbaye de Maredsous, renoncent à ce projet (investissement sur le long terme) et poussent l'équipe de biblistes, linguistes et informaticiens à sortir des productions plus immédiatement monnayables[10] : Bible de Maredsous (format « promotion), Concordance de la Bible de Jérusalem, collaboration pour les Commentaires chrétiens à L'Univers de la Bible d'André Chouraqui, Dictionnaire Encyclopédique de la Bible, etc.[11]

Dès 1980, une Association sans but lucratif, sous le nom de Promotion Biblique et Informatique (ProBi)[12] est créée par Paul et Monique Maskens pour rendre ces travaux informatiques et bibliques indépendants de l'asbl Abbaye de Maredsous et permettre le développement de ce qui ressemblait à une start-up du domaine éditorial dont le Fr. R.-Ferdinand Poswick était le Directeur.

Cette équipe occupera d'abord le cinquième et le sixième étages de la bibliothèque de Maredsous. Elle s'installera, à partir de 1984 (avec plus de 25 collaborateurs), dans les locaux, alors abandonnés, de l'ancienne École de Métiers d'Art.

Une Association Internationale et Bible Informatique (AIBI) est créée en 1982.

En 1984, le Fr. R-Ferdinand Poswick devient membre du directorat de la Fédération Biblique Catholique (en) (FBC).

En 1985 se tient à Louvain-la-Neuve, la première des 8 conférences internationales qui seront organisées sous le label et à l'initiative de l'AIBI[13].

En 1991, et jusqu'à sa fusion avec UNDA sous le sigle de SIGNIS en 2001, le Fr. R.-Ferdinand Poswick devient membre du Directorat de l'OCIC (Association Catholique internationale responsable des Médias).

Extension de l'application de l'informatique au domaine textuel et au-delà

Un essai de création d'une forme entrepreneuriale de ces activités avec la création de la Société Anonyme EDELIN (Édition Électronique Internationale), entre 1984 et 1988, devra être interrompue pour revenir à une gestion plus limitée dans le cadre de l'asbl qui prendra bientôt le nom d'Informatique & Bible (I&B), employant moins d'une dizaine de personnes pour différentes réalisations au service des Bibliothèques, des Paroisses, puis des Congrégations religieuses (voire pour la réalisation d'analyse d'informatisation, comme celle de la Secrétairerie d'État du Vatican en 1984 ou la création de Bases de données hors des domaines religieux, comme celle de l'ensemble des discours du Roi Baudouin en 1998).

L'abbaye de Maredsous ayant souhaité récupérer les locaux de l'ancienne École de Métiers d'Art pour y installer son accueil touristique[14], l'équipe d'I&B déménage en 1994 vers les bâtiments d'Emmaüs à l'extrémité Sud du site de Maredsous. L'équipe dirigée par le Fr. R.-Ferdinand Poswick y développera ses projets, de plus en plus consacrés à la réalisation de Bases de données et de publications pour différentes Congrégations religieuses, jusqu'en 2007, date à laquelle, le Collège Saint-Benoît prendra possession de ce bâtiment pour y installer un Internat pour des filles.

I&B s'installera alors (2007) dans l'ancien pavillon à l'entrée du site de Maredsous, peu après avoir tenté de pérenniser ses travaux d'archivistique par la création, sur le site de Maredsous, d'une société anonyme sous le nom de Mnémotique qui engagera 5 membres du personnel de l'asbl I&B en juillet 2006... une création qui se mettra en faillite cinq ans après.

Développements informatiques

On trouvera dans la Bibliographie des éléments de l'histoire des traitements informatiques et bibliques pionniers du Centre Informatique et Bible.

Plus de 150 collaborateurs divers ont contribué entre 1968 et 2018 à la création de ce pôle d'activité qui prenait le relais du Scriptorium monastique du Moyen Âge.

Ils sont tous mentionnés dans le n° 100 du bulletin Interface paru à l'occasion des 25 ans de l'asbl Informatique & Bible[15] ainsi que dans le volume en cours de publication (2021) sur 50 années d'application de l'informatique aux textes.

Parmi eux, et du côté du traitement des données, on peut, notamment mentionner: Jean Bajard, spécialiste du Nouveau Testament; Marc Vervenne, spécialiste du Pentateuque hébraïque (qui deviendra Recteur de la Katholieke Universiteit Leuven); Samir Arbache, spécialiste des premières traductions arabes des Évangiles (devenu professeur à l'Université Catholique de Lille); Christian Cannuyer, égyptologue et spécialiste de l'histoire des religions (devenu professeur à l'Université Catholique de Lille); etc.

Et pour les développements informatiques (principalement réalisés avec de la programmation en Assembler, COBOL, PASCAL, C++): le Fr. Éric de Borchgrave, o.s.b. (Maredsous); André Van Kerrebroeck (gestionnaire de l'IBM Series/1 (en), premier ordinateur implanté à Maredsous en 1979); Yolande Juste (cheville ouvrière de presque tous les projets importants d'I&B: gestion du Series/1; photocomposition automatisée des différents ouvrages publiés par I&B en collaboration étroite avec l'Imprimerie Nationale de Paris pour la photocomposition programmée sur Hell-Digiset Siemens; première base de données de la totalité du texte hébreu massorétique de la Bible sur PC; création de programmes de gestion de la catalographie sur PC pour les Bibliothèques (Debora); adaptation européenne du programme américain de gestion des paroisses (DEPP); adaptation des données bibliques pour la recherche avec le moteur FindIt; création des moteurs de recherche Heuriciel, Nauticiel, puis Knowhowsphere; création de sites web divers pour I&B, Maredsous et son Collège, etc; gestion conservatoire de l'ensemble des données électroniques d'I&B; gestion des grandes migrations électroniques depuis l'EBCDIC vers l'ASCII puis l'UNICODE et des JCL/IBM vers le DOS et les versions successives de WINDOWS et les interfaces pour Internet[16], puis les smartphones; elle a dirigé l'informatique d'Informatique & Bible de 1984 à 2014 et sera un des principaux créateurs du musée de l'informatique NAM-IP[17] à partir de 2013).

Parmi les principales applications informatiques: la typographie programmée de la totalité des publications imprimées produites par le C.I.B. entre 1974 et 2014, ainsi que les versions sur support électroniques ou en ligne (Minitel, puis Internet) de la plupart de ces publications, ainsi que la constitution d'outils pour la préservation de longues durées des données traitées[18].

De la “ Maison des Écritures ” au “ Numerical Artefacts Museum – Informatique Pionnière ”

Faute d'une perspective solide de pérennisation de ce type de travaux sur le site de Maredsous[19], l'équipe d'I&B, après avoir tenté une formule de pérennisation sous forme d'une Maison des Écritures (centre d’interprétation de la culture numérique naissante), prendra l'initiative, à partir d'octobre 2009, de la création d'un Réseau de Préservation des Patrimoines Informatiques (RePPI). Ce qui aboutira, à partir de 2013, et avec trois partenaires (Musée Unisys de Bruxelles, Musée Bull de Grimbergen et Collection Jacques Lemaire), à la création d'un Fonds “ Informatique Pionnière en Belgique – Baanbrekende Informatica in België ” au sein de la Fondation Roi Baudouin. Ce Collectif fera naître le Computer Museum NAM-IP dans l'ancien Hall Omnisports de l'école Saint-Aubain à Salzinnes (Namur), musée ouvert en octobre 2016[20] et dans lequel la principale application informatique présentée aux visiteurs (de l'écriture alphabétique à l'écriture numérique) embrasse l'ensemble de l'histoire des réalisations informatiques du 19e au 21e siècle[21],[22].

Activité vigilante

Depuis 2019-2020, et en lien avec les confinements dus à la pandémie du covid-19, R.-Ferdinand Poswick propose, en ligne dans Internet[23], un Magazine électronique sous le titre Interface_2020, exerçant une Veille technologique, une Veille culturelle et une Veille spirituelle par rapport à l'évolution de la réflexion planétaire en cours pour une humanité consciente de ses responsabilités planétaires à court et à long terme.

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI