Résistance de Kapitza

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La résistance de Kapitza est la résistance à un flux de chaleur par une interface géométriquement parfaite entre deux matériaux. Elle est le résultat de la diffusion de phonons due au changement de structure atomique à cette interface. Elle a été mise en évidence par Piotr Kapitsa en 1941[1]. Si le phénomène a été découvert sur les interfaces hélium liquide-solide il est présent sur une interface solide-solide.

Conductances thermiques[2],[3],[4].

La résistance thermique d'interface mesure la discontinuité de température à une interface entre deux matériaux. Elle est définie par l'expression est la densité de flux de chaleur. est la conductance d'interface.

Cette quantité est d'importance majeure en microélectronique où l'on atteint des densités de flux de l'ordre de 103 MW/m2 nécessitant des conductances d'interface supérieures à 102 MW/m2/K pour pouvoir assurer un refroidissement efficace[5].

Phénoménologie

Le phénomène peut être décrit par deux voies :

  • La dynamique du réseau atomique qui consiste à simuler un réseau atomique simple (cubique par exemple) partagé en deux parties dont les atomes ont des propriétés différentes[6]. Il s'agit là de la généralisation de l'approche classique de description des phonons conduisant à un système linéaire qui, dans ce cas, est résolu numériquement. La représentativité du phénomène est jugée suffisante pour mettre en évidence les phénomènes malgré ses défauts, en particulier la juxtaposition des réseaux aux interfaces sans réarrangement local ;
  • La dynamique moléculaire, beaucoup plus lourde à mettre en œuvre, permet de mieux représenter l'interface de deux matériaux, solides, liquides ou gaz, à l'échelle atomique et d'expliquer les mécanismes mis en jeu à cette échelle[7]. Dans le cas d'un liquide on y voit de notables modifications des propriétés vibrationnelles des atomes ou molécules lorsqu'on se rapproche des interfaces, typiquement sur une longueur de 4 à 5 fois la dimension de l'atome ou de la molécule[8].

Dans les deux approches il est possible de générer un phonon unique et de mesurer son comportement à l'interface[6]. La probabilité de passage d'un milieu à l'autre pour ce phonon dépend du nombre d'onde, de la polarisation et du sens de propagation, la différence entre les sens de propagation étant plus marquée pour les phonons acoustiques. Toutefois il convient de prendre en compte les populations de phonons dans chaque milieu, très différentes suivant la nature du cristal à une même fréquence, ainsi que l'incompatibilité des bandes de propagation. Ce dernier point est outrepassé par des conversions acoustique-optique de phonons.

Modélisation cinétique

Le choix du modèle

Références

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