Équation de Boltzmann-Peierls

From Wikipedia, the free encyclopedia

En physique du solide l'équation de Boltzmann-Peierls décrit l'évolution de la fonction de distribution des phonons dans un solide cristallin. Elle a été établie par Rudolf Peierls en 1929[1]. Diverses approximations de type BGK ont été proposées, la plus précise par Joseph Callaway en 1959[2]. Dans les dernières décennies des efforts ont porté sur le développement de méthodes analogues à celles de la mécanique des fluides, permettant une grande efficacité de la résolution du problème moyennant quelques simplifications acceptables pour les applications pratiques.

Cette équation décrit le transfert d'énergie thermique au niveau microscopique, dans un domaine où l'approximation diffusive (loi de Fourier) n'est pas valide, le libre parcours moyen des phonons étant du même ordre de grandeur ou plus grand que la longueur caractéristique associée à la température . Ce type de problème est présent en microélectronique et la méthode s'applique également aux électrons dans les solides.

Les phonons sont des bosons décrits par leur densité numérique est la variable d'espace, le temps, le vecteur d'onde supposé continu et désigne la polarisation. Cette grandeur est liée à la densité d'états caractéristique du matériau et à la distribution statistique de ces états par .

Dans ce qui suit on s'intéressera à une polarisation particulière, les calculs étant les mêmes pour toutes : l'indice s disparaît donc.

L'équation de conservation de s'écrit[3] :

est la température thermodynamique et est la vitesse de propagation ou vitesse de groupe liée à la pulsation de l'onde par . La relation constitue la relation de dispersion.

La connaissance du terme source est au centre du problème. Prenons l'exemple simple de la diffusion d'un phonon sur un centre diffuseur comme un défaut du réseau cristallin. La probabilité de transition est proportionnelle[3] à est la probabilité de transition spontanée.

En prenant en compte la réversibilité on obtient le terme source pour la diffusion :

le facteur étant destiné à corriger les doubles comptes.

On peut faire de même pour les processus à 3 phonons dont les probabilités de transition sont plus complexes car faisant intervenir une approximation à l'ordre 3 au moins du potentiel interatomique cristallin (il n'y a pas d'interaction phonon-phonon à l'ordre 2).

Le calcul de ces termes est coûteux et la résolution de l'équation de Boltzmann par une méthode stochastique[4] ou déterministe est elle-même coûteuse (calcul d'un grand nombre de fonctions de distribution en tout point et à tout instant, un terme source complexe). Des approximations ont donc été recherchées.

Première approximation

On peut écrire en première approche le terme source sous une forme utilisant la méthode de Bhatnagar-Gross-Krook comme un simple terme de rappel vers la valeur d'équilibre est donné par la statistique de Bose-Einstein pour un potentiel chimique nul :

Ce rappel s'effectue avec le temps caractéristique  :

Cette approximation est bonne lorsque l'on traite des processus dits « résistifs » (car participant à la résistivité thermique) qui ne conservent pas la quantité de mouvement comme la diffusion dite processus umklapp ou pour les phénomènes de diffusion d'un phonon sur un centre diffuseur (un défaut du cristal).

Lorsque plusieurs phénomènes se superposent ce temps caractéristique est obtenu en appliquant la règle de Matthiessen qui exprime l'indépendance des phénomènes :

Deuxième approximation (Callaway)

Méthodes aux moments

Références

Related Articles

Wikiwand AI