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Révolte de Fouesnant

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Le combat de Fouesnant se déroule le à la suite d'une révolte paysanne menée par Alain Nédellec contre le gouvernement révolutionnaire de l'Assemblée législative. Il s'agit d'un des affrontements précurseurs de la Chouannerie.

Date
Issue Victoire des patriotes
Faits en bref Date, Lieu ...
Combat de Fouesnant
Description de cette image, également commentée ci-après
Les Révoltés de Fouesnant ramenés à Quimper par la garde nationale, huile sur toile de Jules Girardet, vers 1886.
Musée des beaux-arts de Quimper.
Informations générales
Date
Lieu Fouesnant
Issue Victoire des patriotes
Belligérants
Drapeau de la France. Patriotes drapeau de la France sous l'Ancien régime. Paysans contre-révolutionnaires
Commandants
Jean-Marie Jézéquel Alain Nédellec
Forces en présence
160 hommes[1]
1 canon[1]
1 100 hommes[2]
Pertes
2 morts[3]
3 blessés[3]
6 morts[2]
~ 80 blessés[1]
43 prisonniers[4]

Chouannerie

Batailles

Révoltes paysannes (1792-1793)
Coordonnées 47° 53′ 39″ nord, 4° 00′ 36″ ouest
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Combat de Fouesnant
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
(Voir situation sur carte : Bretagne (région administrative))
Combat de Fouesnant
Géolocalisation sur la carte : Finistère
(Voir situation sur carte : Finistère)
Combat de Fouesnant
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Prélude

La chapelle Notre-Dame-des-Neiges de Kerbader

En 1790, Alain Nédellec, laboureur au Cosquer à Fouesnant est élu juge de paix dans son canton. Cependant il refuse de siéger pour n'avoir pas reçu une nomination signée de la main du roi, comme en avaient reçues les juges des districts. Il proclamait par là que toute autorité légitime émanait du roi et entendait ainsi s'opposer aux patriotes de l'administration de Quimper. Par la suite Nédellec accuse les autorités de vouloir empêcher sa nomination officielle mais il ne démissionne pas. Le tribunal de Quimper le condamne à une amende mais Nédellec refuse de la payer. En juin 1791 l'huissier tente d'opérer une saisie sur ses biens, mais il en est empêché par des dizaines de paysans, il revient un mois plus tard avec quatre gendarmes mais est encore repoussé par des paysans au nombre de plusieurs centaines cette fois. L'ordre est alors donné à 250 soldats d'aller arrêter Nédellec, mais celui-ci prend la fuite, seuls son beau-père et quelques paysans sont arrêtés avant d'être finalement libérés à la suite de l'amnistie de . Un autre juge de paix est élu mais l'élection est perturbée à deux reprises. Nédellec achète alors de la poudre et des armes et fait équiper ses partisans[5].

Le , « le directoire [de Quimper] fut prévenu, environ sur les trois heures de l'après-midi, que le nommé Alain Nédellec, cultivateur et juge de paix de Fouesnant (...) avait fait publier, à l'issue de la messe paroissiale, à tous ceux qui voudraient prendre le parti du roi et commencer la révolte, de quelque qualité et âge qu'ils fussent, de se rendre en armes ou sans armes près de la chapelle de Kerbader en la même paroisse et qu'il serait donné des armes et des munitions à ceux qui n'en avaient pas », que des affiches ont été placardées et que 400 à 500 hommes armés, dont le nombre augmentait constamment, se rassemblaient à Fouesnant près de la chapelle de Kerbader[4].

Le combat

L'église Saint-Pierre, dans le bourg de Fouesnant.

Les autorités de Quimper veulent en finir, le , 150 gardes nationaux et 16 gendarmes accompagnés d'une pièce de canon quittent Quimper à quatre heures du matin et se mettent en marche pour Fouesnant[5]. Ils trouvent sur la place 1 000 à 1 100 paysans armés de Fouesnant, La Forêt-Fouesnant, Clohars-Fouesnant, Pleuven et Saint-Yvi[2].

D'après le rapport de l’administration départementale les paysans tendent une embuscade aux patriotes alors que ces derniers parcourent un chemin creux, puis se replient après avoir lâché une décharge, poursuivis par les gardes nationaux qui en capturent plusieurs[4]. Mais ce récit est contraire à la version de Jean-Marie Jézéquel commandant du détachement. Selon ses mémoires il n'y a aucune embuscade dans le chemin creux et une fois arrivés dans le bourg, les patriotes parviennent à convaincre les insurgés de mettre bas les armes[1]. Mais alors que l'affaire semble se régler pacifiquement, Nédellec tue un garde national d'un coup de fusil pour avoir entendu ce dernier tenir des propos désobligeants à son encontre[1]. Les patriotes ouvrent alors le feu et s'emparent du bourg au terme d'un court combat[1].

Les gardes nationaux passent ensuite la nuit dans l'église avec leurs morts et leurs blessés, avant de regagner Quimper le lendemain avec leurs prisonniers[3].

Pertes et conséquences

Selon Roger Dupuy, les Républicains perdent 1 homme tué et 4 blessés[5], d'après Charles-Louis Chassin ils ont 1 mort et 3 blessés dont un grave[4], selon François Cadic, leurs pertes sont de 2 tués et 3 blessés[2], ce qui peut laisser penser qu'un des hommes dut mourir de ses blessures. Pour Duchatellier, un garde national nommé Lozac'h est tué, quatre autres sont blessés, dont un, nommé Bodolec, succombe le lendemain[3]. Jean-Marie Jézéquel estima à 80 le nombre de paysans tués ou blessés[1], le rapport de l'administration mentionne la mort d'au moins un paysan et plusieurs autres blessés[4], selon François Cadic et Duchatellier les insurgés perdirent 6 hommes tués et beaucoup de blessés[2]. Le nombre de paysans capturés est de 43 selon le rapport cité par Chassin[4],[3].

Alain Nédellec parvient à s'enfuir mais est arrêté cinq mois plus tard. Il s'évade, est repris, puis est condamné à mort et exécuté en mars 1793, il fut la première personne à être guillotinée à Quimper. Les autres prisonniers sont acquittés pour « n'avoir point agi librement et dans le dessein du crime ». Ce verdict reflétait l'état d'esprit des patriotes qui croyaient les paysans manipulés par les prêtres réfractaires et des émigrés. Cependant pour l'historien Roger Dupuy, Nédellec semble plutôt avoir été le champion des revendications paysannes[5].

Le jugement des révoltés

Les gardes nationaux rentrèrent triomphalement à Quimper, avec deux cadavres et leurs prisonniers (« deux charrettes de paysans pris ou blessés suivaient la troupe »). Alain Nédellec fut pris cinq mois plus tard, condamné à mort par le tribunal criminel du Finistère le et guillotiné à Quimper le . Il fut le premier à être guillotiné dans cette ville[6]. Dix autres Fouesnantais dont Tanguy Caradec (son beau-père de par son union en 1781 avec Catherine Caradec), Jacques Quiniou, Thomas Bolloré, Corentin Le Faou, Pierre Josse, Allain Le Grannec, Allain Calvez, René Bouard, Paul Creven et Pierre Nédellec[7], accusés d'actes de sédition, furent acquittés[8].

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