Révolte de Morée de 1453-1454

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Date 1453-1454
Lieu Morée
Issue Capitulation des révoltés
Révolte paysanne en Morée
Description de cette image, également commentée ci-après
Le despotat de Morée en 1450 et les territoires respectifs de Thomas et Démétrios Paléologue
Informations générales
Date 1453-1454
Lieu Morée
Issue Capitulation des révoltés
Belligérants
Paysans arvanites commandés par Pjetër Bua Les despotes Thomas et Démétrios Paléologue Forces ottomanes de Thessalie commandées par Turahan Beg

La révolte de Morée de 1453-1454 fut une révolte de paysans dirigée contre les frères Thomas et Démétrios Paléologue, alors despotes de cette province jusqu'alors byzantine de la péninsule du Péloponnèse. La révolte fut rapidement maîtrisée par les forces turques de Thessalie et les deux frères purent reprendre leurs fonctions.

Le despotat de Morée[N 1] avait été créé par l'empereur byzantin Jean VI Cantacuzène (r. 1346-1354), à la suite de la guerre civile de Byzance (1341-1347) qui l’avait opposé aux tuteurs du jeune Jean V Paléologue (r. 1341-1376; 1379-1390; sept. 1390-fév. 1391) et qui avait permis aux Turcs de prendre pied en Europe. Afin de relever le Péloponnèse profondément appauvri par des années de guerre et handicapé par une administration défaillante, Jean VI avait décidé de faire de ce territoire une sorte de principauté gouvernée par quelqu’un qui pourrait mettre un terme à l'anarchie qui régnait entre les seigneurs locaux ainsi qu’aux raids des Turcs et des Francs. En 1349, il nomma son fils Manuel Cantacuzène, à qui il avait récemment donné le titre de « despote », gouverneur de la province[1],[2].

Rapidement, Manuel mit celle-ci en état de se défendre contre les attaques franques et turques et la dota d’une administration autonome. Pour favoriser le repeuplement il fit venir un grand nombre d'Albanais[N 2] en Morée pour servir comme soldats et paysans. C'est ainsi que les Arvanites (en grec Αρβανίτες), originaires d’Épire, en vinrent à se répandre dans le Péloponnèse. À l’aube du quinzième siècle, leur nombre s’élevait à environ 30 000 et beaucoup d’entre eux servaient dans une armée de quelque 20 000 hommes, vitale pour l’autonomie du despotat[3].

Le Péloponnèse en effet était un territoire d'extrême importance à la fois pour les Turcs de Mourad II (r. 1421-1451) à qui il ouvrait la voie vers Constantinople et pour les Byzantins comme point de départ obligé d’une éventuelle reconquête[4]. C’est ce qu’avait compris Manuel, lequel devenu l’empereur Manuel II (r. 1391-1425), s’était hâté de faire construire l’Hexamilion, long mur d’une dizaine de kilomètres allant d’une rive à l’autre de l’isthme de Corinthe[5]. Du côté de la mer, la protection était assurée par les Vénitiens qui maintenaient également les communications entre la Morée et Constantinople[6].

Lorsque Jean VIII (r. 1425-1448) monta sur le trône à la suite de la mort de Manuel II, la Morée était administrée par le despote Théodore II Paléologue qu’avaient rejoint ses frères, Constantin et Andronic, étrangers dans un pays où les grands propriétaires ruraux avaient perdu l’habitude de rendre des comptes à Constantinople et, isolés dans leurs montagnes, maintenaient leur autonomie et la lutte entre clans rivaux[3]. Les trois frères avaient chacun reçu un apanage dans la région : Théodore à Mistra, Thomas à Clarentza et Constantin à Kalavryta[7],[8]. Rapidement, la mésentente s’installa entre les trois frères quant à leurs droits réciproques. Les Turcs en profitèrent et la bataille de Varna en novembre 1444, tout en marquant l’échec de toute tentative d’aide de l’Occident à l’Empire, ouvrait aux Ottomans la voie de la conquête de tous les territoires balkaniques au sud du Danube[9],[10].

En 1446, Mourad II décida d’en finir. Ses troupes franchirent l’Hexamilion que défendaient les Grecs et leurs troupes albanaises et se répandirent à travers la province semant la dévastation[11]. Les despotes Constantin et Thomas devinrent vassaux du sultan, lequel fit quelque 60 000 prisonniers dont une bonne partie fut vendue sur les marchés aux esclaves[12],[13].

À la mort de Jean VIII (r. 1425-1448) en octobre 1448, Théodore étant mort au début de 1448, les trois frères restant voulurent s’emparer du trône, mais Constantin réussit à faire prévaloir son droit d’aînesse et fut proclamé (mais non couronné[N 3]) empereur à Mistra avant de prendre le chemin de Constantinople[14]. En compensation, il décida de partager le Péloponnèse entre ses deux frères, Thomas qui reçut le nord-ouest avec l’Achaïe et les villes de Patras et Clarentza, et Démétrios[N 4] qui reçut le reste avec Mistra[15]. Bien qu’ils aient juré de maintenir la paix, les deux frères ne tardèrent pas à se brouiller, faisant appel à tour de rôle aux Turcs et s’aliénant Venise, la seule puissance qui aurait encore pu les défendre contre les Ottomans[16],[17]. Lors du dernier siège de Constantinople, le nouveau sultan, Mehmed II (1444-1446; 1451-1481) envoya son général Turahan, fin 1452, envahir la Morée pour empêcher ravitaillement, renforts ou secours de tous ordres d’atteindre Constantinole que Mehmed ne tardera pas à conquérir[18],[19].

La révolte albanaise

Notes et références

Voir aussi

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