Révolution du café à Cuba

From Wikipedia, the free encyclopedia

La révolution du café à Cuba désigne la période au cours de laquelle l’île est devenu le premier producteur mondial de café, grâce à un développement très rapide des plantations au cours des trois premières décennies du XIXe siècle. Cette période a profondément transformé la culture et la démographie de l'île, avec l’arrivée massive d’esclaves noirs et d’immigrants d’origine non-espagnole, principalement français. Cette « révolution agricole », temps fort de l'histoire de la caféiculture, s’est tout d'abord principalement déroulée aux alentours de La Havane et dans l’est de l’île, région alors peu habitée, sur les pourtours du port de Santiago de Cuba et de la Sierra Maestra, qui culmine à 1 974 mètres au Pico Turquino, plus haut sommet du pays. Après 1808, les colons se sont déplacés vers la région caféière de l'ouest de l'île.

Le café, introduit à Cuba entre 1748 et 1768 par José Antonio Gelabert, a d’abord été cultivé en quantités très limitées. La production ne prend son essor qu'après la forte croissance caféière vécue chez le voisin français lors de la Révolution du café de Saint-Domingue, qui précède de quelques années seulement la Révolution haïtienne de 1791. Le régisseur colonial de Cuba Juan Francisco Creagh envoie à la Cour d'Espagne en 1788 un rapport demandant à développer la partie orientale de l'île, pour qu'elle rapporte les mêmes dividendes que Saint-Domingue. Le texte réclame l'exonération d'impôts pour les nouvelles productions, la libre entrée des esclaves, et des appareils pour l'agriculture. Les successeurs Juan Bautista Vaillant Berthier et Sebastián Kindelán y O’Regan œuvrent dans le même sens. L'Histoire de la Louisiane montre des débats identiques au même moment. Francisco Arrango y Parreño, homme politique et propriétaire de la plus grande plantation de sucre cubaine[1], sollicite aussi la concession pour trois ans aux Espagnols et aux étrangers du droit d’introduire des esclaves africains à Cuba, au nom de l’ayuntamiento de La Havane. La Real cédula du la leur accorde pour deux ans. En août 1791, Arango demanda une extension de cette licence à trois ans.

Après la Révolution haïtienne, dans le but d'encourager l'arrivée de réfugiés de Saint-Domingue et de bénéficier de leur savoir-faire déployé lors de la Révolution du café de Saint-Domingue, le décret du , suivi d'un ordre royal deux ans après, prévoit l'exemption pour une période de dix ans des dîmes et impôts sur les ventes de marchandises[2].

Le , les planteurs cubains réunis au consulat royal, après des débats enflammés, prennent la décision de ne pas interdire l'esclavage, comme le réclamait le marquis de Penalver[3]. La tension reste forte. En 1798, Vicente Perroussel, consul de France dans la ville est menacé de lynchage en raison de l'arrivée de "nègres libres d'Haïti". Mais en 1800, c’est Prudencio Casamayor, l’un des réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba, qui fonde à Santiago de Cuba la plus importante maison de négoce de café de la ville. Les capitaux accumulés par les Réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba, dans la guerre de course, dopée par le succès de la Piraterie des années 1800 dans la Caraïbe, sont réinvestis dans les plantations de café. Parmi les mieux conservées de ces anciennes haciendas, "La Isabelica", située à "La Gran Piedra", à l'est de Santiago de Cuba, fondée par Victor Constantin Cruzeau. La population blanche employée par le café cubain comprend en 1810 environ 6 000 à 8 000 Français, 3 000 à 4 000 Espagnols et 50 000 esclaves, qui seront bientôt trois fois plus nombreux[4].

Trois décennies de forte croissance

Le repli après 1835

Références

Related Articles

Wikiwand AI