SNCASE SE.580
prototype de chasseur lourd français
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Le SNCASE SE.580 est un prototype de chasseur lourd français développé par la SNCASE peu avant la seconde guerre mondiale. Interrompu par la guerre, le programme n'a jamais pu aller jusqu'aux essais en vol.
Origine
Le projet commence au sein de la SNCAM, éphémère société nationale (1937-1941) constituée par la nationalisation de l'entreprise Dewoitine. Le fondateur de l'entreprise, Émile Dewoitine, reste au sein de l'équipe, et conçoit le SE.580. Cet avion est une réponse au même appel d'offre que le Arsenal VB-10. Il présente une filiation claire, dans sa conception aérodynamique, avec le Dewoitine D.520 (généralement considéré comme le meilleur chasseur français en 1940, parmi ceux disponibles en nombre significatif)[1].
Caractéristiques générales
Le SE.580 est motorisé par un Hispano-Suiza 24Z. C'est un moteur à 24 cylindres en "H", c'est à dire qu'il possède deux vilebrequins, chacun reliés à 12 cylindres. Les cylindres sont individuellement identiques à ceux du Hispano-Suiza 12Z, moteur installé juste avant la guerre sur une version améliorée du Dewoitine 520. Les deux vilebrequins animent deux hélices contrarotative (l'avion pourrait donc être considéré comme un bimoteur, les deux parties n'étant pas solidaires mécaniquement). La puissance attendue est de 3600 chevaux. Le radiateur se situe à l'arrière et est ventilé grâce à une immense entrée d'air située en arrière du cockpit. L'armement est incroyablement lourd pour un chasseur. Le SE.580 possède en effet un canon de 30 mm dans le nez (installé dans l'axe des hélices), et dans les ailes, quatre canons de 20 mm plus 8 mitrailleuses de 7,5 mm. La vitesse maximale est estimée à 750 km/h environ (en haute altitude)[2].
Devenir
La construction du prototype est en cours lors de la défaite française de 1940. Après l'armistice, le prototype inachevé est mis en réserve. La SNCASE (qui a absorbé SNCAM en 1941) tente de relancer le programme à la Libération. Le prototype est modifié pour installer un moteur encore plus puissant, l'Arsenal 24H. Ce moteur est conçu selon une philosophie similaire à celle du 24Z, mais à partir du Jumo 213, produit en France sous l'occupation. Mais, dans un contexte où les avions à réaction s'imposent, le projet est vite abandonné[3].