Saga de Gunnlaugr Ormstunga
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La Saga de Gunnlaugr Ormstunga est une saga des Islandais dont la version nous étant parvenue fut écrite dans le dernier tiers du xiiie siècle[1],[2]. La saga dépeint un conflit romantique entre le scalde (barde) Gunnlaugr Ormstunga, son rival Hrafn Önundarson et Helga Torsteinsdatter – surnommée « Helga la belle » – dans le cadre d'une société tribale islandaise de l'an 1000, où tant une démocratie fonctionnelle qu'un système judiciaire étaient absents.
La saga est considérée conjointement avec la Saga de Bjarnar Hítdœlakappa, la Saga de Kormakr et la Saga de Hallfreðar, comme faisant partie des "sagas de scaldes" dont un barde est le personnage principal d'une histoire d'amour[3].
L'histoire de la rivalité entre Gunnlaugr et Hrafn est déjà connue depuis la Saga d'Egill, écrite avant 1240. L'intrigue a d'évidents points communs avec la Saga de Bjarnar Hítdœlakappa (approx. 1220), et l'auteur, anonyme, cite des vers de l'Edda de Snorri[2]. Ceci indique qu'il y ait existé une version antérieure de cette histoire, que Snorri et l'auteur de la saga d'Egil connaissaient et ont cité. La version conservée de la saga de Gunnlaugr serait une version retravaillée de l'histoire plus ancienne. De telles adaptations sont attestées pour plusieurs des sagas sus-citées.
La saga est conservée dans deux différentes versions manuscrites, des xive et xve siècles. Les versions diffèrent à plusieurs égards. La plus vieille, considérée comme la meilleure[2], contient plusieurs digressions savantes, telles l'affirmation que la saga "est racontée par Ari Fróði". Les chercheurs ne s'accordent pas sur le caractère originel ou apocryphe des digressions.
Les poèmes sont fréquents au cours de la saga. La croyance dans le destin et les rêves jouent aussi un rôle important. Le combat pour Helga la belle est prédit par Thorstein Egilsson (le père d'Helga) dès le début de l'histoire. La saga comporte de nombreuses descriptions généalogiques et références aux évènements contemporains tels que l'introduction du christianisme et le règne des différents monarques.