Saint-Jean-de-Dieu (Montréal)
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| Région administrative | |
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1,47 km2 (depuis ) |
| Coordonnées |
| Statut |
Ancienne municipalité de paroisse (d), municipalité de paroisse (- |
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| Fondation |
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Saint-Jean-de-Dieu est une ancienne municipalité de paroisse du Québec. Au cours de son existence, la municipalité a une vocation religieuse alors qu'elle est administrée par les Sœurs de la Providence de Montréal. Fondée en 1898, elle est constituée des terrains de l'asile Saint-Jean-de-Dieu, un hôpital psychiatrique sur l'île de Montréal.
La municipalité est dissoute par une loi et annexée à Montréal le 3 décembre 1980, tandis que l'institution qu'elle abritait, acquise par le ministère de la Santé et des Services sociaux quelques années auparavant, continue sa mission.
Le nom de la municipalité est choisi afin de rappeler João Cidade, patron des malades et des professionnels des soins[1].
Géographie
Situation
Situé au sud-est de l’île de Montréal, le territoire de Saint-Jean-de-Dieu est à l'origine constitué à partir d'une scission de la municipalité Longue-Pointe[2].
À l'origine, la municipalité est bornée au nord-ouest par la municipalité de paroisse de Saint-Léonard-de-Port-Maurice (Anjou), au nord-est par la montée de Saint-Léonard (autoroute 25), au sud-est par le fleuve Saint-Laurent et au sud-ouest par l'axe des actuelles rues des Futailles et du Trianon[3].
Le territoire entièrement occupé par complexe hospitalier autonome, spécialisé en psychiatrie : l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu[note 1]. À son apogée, la municipalité compte une douzaine de bâtiments ainsi qu'une ferme qui alimente les patients et les travailleurs[1].
Démographie
La population de la municipalité est surtout composée de patients de l'hôpital psychiatrique[1].
Histoire
Fondation et municipalisation

À partir de 1839, les personnes souffrant de troubles psychiatriques sont internées à la prison du Pied-du-Courant. Aussi, peu après sa fondation en 1845, le premier hôpital psychiatrique au Québec, l'asile de Beauport, déborde. C'est dans ce contexte que le gouvernement du Québec conclut une entente avec les Sœurs de la Providence de Montréal afin de fonder l'asile de Longue-Pointe, rapidement renommé asile Saint-Jean-de-Dieu[4],[5]. Les travaux de construction sont achevés en 1875, mais un incendie détruit le bâtiment en 1890[5].

Afin de minimiser le risque qu'un incendie se déclare à nouveau, un aqueduc alimente Saint-Jean-de-Dieu dès 1892 à partir d'un puits artésien situé près du fleuve Saint-Laurent. La station de filtration et de pompage permet de fournir jusqu'à 750 000 gallons/jour (3 412 500 litres/jour)[6].
Les frais de construction des infrastructures et de reconstruction des bâtiments, les octrois gouvernementaux trop faibles et l'inondation des pavillons en 1894 et en 1896 compromettent la santé financière de l’hôpital. Une paroisse canonique fait l'objet d'une érection en 1898, tandis qu'une municipalité de paroisse avait été érigée par une loi provinciale un an auparavant. L'érection d'une municipalité de paroisse permet à l'institution d'alléger son fardeau fiscal en se soustrayant aux taxes paroissiales, scolaires et municipales grevant ses immeubles[1].
Période d'expansion

Un embranchement ferroviaire électrique d'une longueur de 4,6 km est inauguré en 1898 afin de relier le quai Lemay dans le port de Montréal avec le campus principal, permettant la livraison des matériaux pour la reconstruction de l’hôpital suivant l'incendie de 1890, ainsi que des produits nécessaires au fonctionnement de la municipalité[1]. Le chemin de fer permet aussi la manutention de produits de la ferme[7].
La reconstruction est achevée en 1901; les sœurs ont alors érigé une « cité asilaire » comprenant des dizaines de bâtiments (dont 24 pavillons d'hébergement), reliés entre eux et par un chemin de fer intérieur long de près de 1 km permettant la circulation de petits trains pour le transport du personnel, des patients et du matériel[1],[4],[5],[7].

En 1931, la rue Sherbrooke traverse la municipalité d'est en ouest. Un tunnel, exigé par les sœurs et construit aux frais de la Ville de Montréal, est construit sous la voie afin de permettre le passage des trains électriques de Saint-Jean-de-Dieu. En 1938, c'est au tour de la rue Hochelaga de traverser la municipalité[8].
De 1901 à 1941, Le nombre de patients triple. La municipalité doit opérer ses propres services de police et d'incendie son propre bureau de poste et sa propre ferme[1],[3].
Morcellement du territoire et annexion partielle

En 1958, les Sœurs de la Providence vendent une partie des terres à des fins de développement immobilier. Le premier centre commercial de Montréal, Place Versailles, y voit le jour cinq ans plus tard : l'urbanisation gagne peu à peu le pourtour de Saint-Jean-de-Dieu. Toujours en 1963, le gouvernement acquiert une partie de la ferme, dont la porcherie, pour y construire un entrepôt de la Commission des liqueurs[3]. La même année, une partie importante de municipalité est expropriée par le gouvernement du Québec pour la construction de l'autoroute 25 et des approches du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine[1].
La Loi modifiant la charte de la cité de Montréal, entrée en vigueur en 1963, prévoit l'annexion à la ville de Montréal des terrains qui ne seraient plus la propriété des Sœurs de la Providence; Place Versailles, la Commission des liqueurs et l'autoroute 25 se retrouvent alors retirés de Saint-Jean-de-Dieu et annexés à Montréal[1].
Sécularisation de l’hôpital et annexion à Montréal
Les conditions de vie à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu sont mis au jour en 1961 par la publication de l'essai Les Fous crient au secours par Jean-Charles Pagé. Une commission d’enquête sur les instituts psychiatriques est déclenchée par le gouvernement. Y siège le psychiatre Denis Lazure qui recommande la réforme du système québécois. Le caractère municipal de Saint-Jean-de-Dieu, maintenant les patients en isolement du reste de la société, est remis en question[1].
Le ministère des Affaires sociales assume la charge de l'institution dès 1974[5]. Lazure devient le premier laïc directeur de l’hôpital et entreprend la sécularisation de ses activités, notamment par l'adoption du nom « hôpital Louis-H.-Lafontaine ». Lazure réclame également l'annexion de Saint-Jean-de-Dieu à Montréal pour diverses raisons :
- Recentrer les opérations de l'institution sur sa mission principale de soins et alléger les formalités administratives ;
- Inclure et faire participer les patients à la vie civique montréalaise ;
- Résoudre les problèmes de gestion de sécurité, alors que la municipalité exclue de la Communauté urbaine de Montréal n'est pas desservie par son service de police régional[1].
Les Sœurs de la Providence donnent leur accord à la demande de la direction. La Municipalité demande formellement son annexion en février 1976[1]. Les dispositions de la Loi modifiant la charte de la Ville de Montréal prévoyant l'annexion de Saint-Jean-de-Dieu à Montréal entrent en vigueur le 3 décembre 1980 avec un effet rétroactif au 1er janvier 1980[9].
