Ebbon de Sens
archevêque de Sens
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Ebbon de Sens ou saint Ebbon († 27 août 750), comte de Tonnerre en Bourgogne, est un noble et homme d'Église du VIIIe siècle, abbé de l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens et archevêque de Sens.
| Archevêque de Sens | |
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| Comte de Tonnerre | |
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évêque de Langres (d) |
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Géry de Sens (oncle) |
Biographie
Origines
Les archives de l'archevêché de Sens ayant brûlé en même temps que la cathédrale en 968 ou 969 sous l'épiscopat d'Archambauld[1], il reste peu de sources sur les hommes et les temps qui ont précédé. Une Vie, Vita s. Ebbonis, écrite bien plus tard après sa mort, présente des éléments de sa vie[2]. Cette Vita pourrait avoir été rédigée à partir des Gestes ou actes des archevêques de Sens, textes depuis perdus[3].
Né en cette fin très troublée de la dynastie mérovingienne (dans la seconde moitié du VIIe siècle), Ebbon (Ebbo, Ebbonis) ou encore Eudes est de famille franque[4]. La Chronique de Saint-Pierre-le-Vif de Sens mentionne qu'il est originaire de Tonnerre, et qu'il serait comte et seigneur de ce « pagus » par ses parents[3],[5]. L'abbé Cornat (1855) considérait ainsi qu'il appartenait à une première famille comtale de Tonnerre[6].
Il est présenté comme le neveu de Guéry/Géry, son prédécesseur sur le trône épiscopal de Sens[3],[2] et à la tête du comté de Tonnerre[5],[7].
Sa mère aurait eu une révélation selon laquelle son fils deviendrait « un saint et qu'il rendrait à l’Eglise de grands services »[5].
Il a deux sœurs Ingoara/Ingoure et Léothéria/Léotérie, dite Mummia, religieuses et bienfaitrices de Saint-Pierre-le-Vif[3],[8].
Carrière religieuse
Ebbon est instruit par les moines de l'abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens, fondée au VIe siècle par Théodechilde † , petite-fille de Clovis.
À la mort de ses parents, il renonce à son héritage matériel et se consacre à l'Église[3],[1], comme ses deux sœurs Ingoare et Léothérie[9]. Il entre au monastère de Saint-Pierre-le-Vif et il en devient abbé en 704[3].
Ebbon pourrait avoir hérité de son oncle du comté de Tonnerre, qui s'est retiré à Saint-Pierre-le-Vif, vers 708[7], alors que la Chronique de Saint-Pierre-le-Vif de Sens mentionnait l'héritage de la part de ses parents[3].
Épiscopat
En 710, il devient le 29e[10] ou 31e évêque de Sens[11], et le deuxième archevêque de cette ville puisque son oncle et prédécesseur Guéry/Géry serait le premier à avoir pris le titre d'archevêque[1].
En 725[1] ou 731[10], les Sarrasins, refoulés des frontières de l'Aquitaine par son duc Eudes, contournent le Massif Central par la vallée du Rhône et atteignent le point le plus au nord dans leur invasion des royaumes mérovingiens. Cette année-là, ils sont aux portes de Sens, qu'ils assiègent. Le siège dure, les habitants pensent à se rendre ; Ebbon se décide à les mener au combat. La surprise aidant, les Sénonais mettent les Sarrasins en déroute et, les ayant poursuivis jusqu'à Seignelay, en tuent un grand nombre[1],[10]. Après cette défaite, les Sarrasins refluent vers le sud et la Méditerranée. Une croix de saint Ebbon, près de Seignelay, rappelle le combat victorieux des Sénonais contre l'invasion musulmane[12]. Un an plus tard, ce sera la bataille de Poitiers avec Charles Martel.
Ebbon se retire régulièrement pour prier et méditer dans un ermitage, à Arces à sept lieues de Sens[13].
Mort et succession
Ebbon meurt le [1] à Arces, selon la Chronique de Saint-Pierre-le-Vif. Il est inhumé dans l'abbatiale Saint-Pierre, dans la chapelle de Notre-Dame, à côté de ses deux sœurs[14].
Son probable successeur, Honobert (Ardobert) — Duchesne considérait qu'il pouvait avoir été seulement évêque auxiliaire[2] — est parfois considéré comme son parent[15],[16].
Reliques et célébration
Sa fête est célébrée localement, d'après le site du diocèse, le , en mémoire de la translation de ses reliques[5]. Duchesne mentionnait qu'il était fêté le [2]. Le site nominis donne le [11].
Quelques-uns de ses vêtements sacerdotaux sont conservés au trésor de la cathédrale de Sens[5],[11], comme une chasuble d'étoffe de soie byzantine[17].
Une procession avait encore lieu jusqu'au début du XXe siècle à Arces en son honneur. Une relique est aujourd'hui conservée à la maison paroissiale de Saint-Julien-du-Sault.
La croix de saint Ebbon située à Arces, près de la source de son ermitage a été restaurée en 1988.