Tonnerre (Yonne)
commune française du département de l'Yonne
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Tonnerre est une commune française située dans le département de l'Yonne, en région Bourgogne-Franche-Comté. Les habitants se nomment les Tonnerrois.
| Tonnerre | |||||
L'hôtel de ville. | |||||
Blason |
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| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Bourgogne-Franche-Comté | ||||
| Département | Yonne | ||||
| Arrondissement | Avallon | ||||
| Intercommunalité | Communauté de communes Le Tonnerrois en Bourgogne (siège) |
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| Maire Mandat |
Cédric Clech 2020-2026 |
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| Code postal | 89700 | ||||
| Code commune | 89418 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Tonnerrois | ||||
| Population municipale |
4 261 hab. (2023 |
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| Densité | 73 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 47° 51′ 20″ nord, 3° 58′ 27″ est | ||||
| Altitude | Min. 129 m Max. 323 m |
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| Superficie | 58,27 km2 | ||||
| Type | Bourg rural | ||||
| Unité urbaine | Tonnerre (ville-centre) |
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| Aire d'attraction | Tonnerre (commune-centre) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton du Tonnerrois (bureau centralisateur) |
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| Législatives | Deuxième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Yonne
Géolocalisation sur la carte : Bourgogne-Franche-Comté
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| Liens | |||||
| Site web | tonnerre.fr | ||||
| modifier |
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Géographie
Traversée par l'Armançon et par le Canal de Bourgogne, la commune se situe au carrefour :
- de la RD 965 (ancienne RN 65), axe reliant Auxerre à 35 km à l'ouest et Troyes à 65 km au nord
- de la RD 905 (ancienne RN 5), axe reliant Sens à 70 km au nord-ouest et Dijon à 125 km au sud-est et route historique de Paris à Genève.
Communes limitrophes
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[1]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[2].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,5 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,7 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 802 mm, avec 12,1 jours de précipitations en janvier et 8 jours en juillet[1]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de 11,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 742,9 mm. La température maximale relevée sur cette station est de 41,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −16,6 °C, atteinte le [Note 1],[3],[4].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de chaleur date du record |
16,4 25.01.16 |
21 27.02.19 |
26,4 31.03.21 |
28,7 25.04.07 |
33,1 28.05.17 |
38,1 18.06.22 |
41,2 25.07.19 |
39,7 19.08.12 |
35,5 14.09.20 |
31,1 02.10.23 |
23,8 08.11.15 |
18,4 17.12.15 |
41,2 2019 |
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| Maximale moyenne | 6,5 | 8,1 | 12,3 | 17 | 19,8 | 23,9 | 26,4 | 25,6 | 22 | 17 | 10,9 | 7,2 | 16,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 3,7 | 4,4 | 7,4 | 11,2 | 14,3 | 18,1 | 20,3 | 19,5 | 16,2 | 12,6 | 7,7 | 4,4 | 11,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 1 | 0,8 | 2,5 | 5,4 | 8,8 | 12,2 | 14,1 | 13,4 | 10,4 | 8,1 | 4,4 | 1,6 | 6,9 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Record de froid date du record |
−13 26.01.07 |
−14 09.02.12 |
−14 01.03.05 |
−4,4 06.04.21 |
−0,6 03.05.21 |
4,1 08.06.05 |
6,3 03.07.11 |
4,3 26.08.18 |
1,7 20.09.12 |
−3,9 29.10.12 |
−5,3 30.11.16 |
−16,6 20.12.09 |
−16,6 2009 |
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| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 58,8 | 53,5 | 58,5 | 49,8 | 80,6 | 67,6 | 47,1 | 65,1 | 53,1 | 73,7 | 61,7 | 73,4 | 742,9 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020[5]. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[6].
Urbanisme

Typologie
Au , Tonnerre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[7]. Elle appartient à l'unité urbaine de Tonnerre[Note 2], une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est ville-centre[Note 3],[8],[9]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tonnerre, dont elle est la commune-centre[Note 4],[9]. Cette aire, qui regroupe 38 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[10],[11].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (56,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (46,8 %), forêts (39,3 %), zones agricoles hétérogènes (4,7 %), prairies (4,5 %), zones urbanisées (3,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,2 %)[12]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie
Les attestations anciennes sont Ternodorense castrum (VIe siècle) ; Tornotrinse castrum en 814 ; Tornodorum vers 888 ; Tornedrisus en 853 ; Tornetrinse castrum en 997 ; Tornedurum en 1184 ; Tornuerre en 1270 ; Tournoirre en 1285 ; Tonneure en 1295 ; Tourneure en 1293 ; Torneure en 1305 ; Tornerre en 1294 ; Tournerre en 1295[13].
C'est une formation toponymique composée du gaulois *turno « hauteur, colline » et *duro « place forte »[14], soit une « colline fortifiée »[15],[16]. Delamare considère que l'élément duron signifie « porte → marché, enclos, place, forum → ville close, bourg » cf. breton / gallois dor « porte »[17].
Nouvelle (2007) rappelle toutefois que le « premier terme reste discuté et pourrait, selon les hypothèses les plus vraisemblables, rappeler soit la position à un coude de la rivière, soit le nom d’un personnage inconnu. »[16]
Histoire
Protohistoire
Les découvertes ont permis d'établir une occupation humaine dans la vallée de l'Armançon vers le Xe siècle av. J.-C.[18]. En 2005, des recherches au lieu-dit Les Petits Ovis ont permis de découvrir que le site était occupé par une nécropole datant de la fin de l’âge du Bronze. Le Petit Béru[N 1] est un site archéologique du bronze final III[19],[20],[N 2]. Au lieu-dit Terre de Vauplaine[N 3] des inhumations et des incinérations datant de la période située entre l'âge du bronze et l’âge du fer ont été mises au jour[21],[16],[22].
Un habitat s'est développé, au cours de la période de La Tène, sur la colline de Montbellant, en forme d'« éperon barré », remontant au moins au IIe siècle av. J.-C.[18]. Cette occupation est attestée depuis les découvertes récentes[23],[22],[18].
Antiquité
Les auteurs anciens avançaient que Tonnerre s'était développée en raison de la position stratégique de la colline de Montbellant[24]. Plusieurs campagnes de fouilles ont permis de soutenir cette hypothèse (diagnostics 2011-2025, INRAP)[23],[22],[25],[26].
L'agglomération antique porte le nom de Tornodorum/Tornodorum[24],[22]. Elle est un carrefour de voies, installé à l'extrémité ouest du territoire des Lingons[23]. Les fouilles de 2025, ne concernant qu'une parcelle de la colline, ne permettent pas « archéologiquement parlant » d'attester que la colline corresponde à cette agglomération[27]. Ces fouilles de 2025 ont permis également d'observer un remaniement de l'habitat, pour ce site, entre la fin du IIIe et le début du IVe siècle[28].
Moyen Âge
Au VIe siècle, Grégoire de Tours mentionnait dans son Histoire des Francs (V, 5]) Ternodorense castrum[24],[22].
La cité est le chef-lieu du Pagus tornodorensis, à partir du VIIe siècle[24]. Son vaste territoire, base du futur comté du Tonnerrois, dépend de la cité de Langres qui constituera, plus tard, le fameux comté du Tonnerrois[24].
Les fouilles de la parcelle (2025) font observer le peu d'artefacts pour la période « entre l'époque mérovingienne et le second Moyen Age »[29]. La parcelle étudiée « semble abandonnée » au cours des siècles avant une nouvelle occupation aux Xe – XIe siècles[29]. Cette observation ne permet pas de généraliser un abandon de la colline[29]. Ce site semble à nouveau occupé aux XIe – XIIe siècles[30].
Le château comtal est édifié et il se développe sur le sommet de la colline de Montbelland à partir du XIe siècle[24].
Au cours de la période médiévale, de nombreux ateliers de tanneurs sont apparus le long de l'Armançon ou près de la Fosse Dionne pour travailler les peaux[31].
Dynastie comtale des Milonides
Tonnerre est le siège d'un comté depuis le milieu du Xe siècle. Il administre le rebord occidental du vaste évêché de Langres. Plusieurs membres de la première dynastie comtale, les Milonides, se hisseront à la tête de cet évêché. Ils pourraient avoir eu dans son giron la région de Bar-sur-Seine. Les comtes, connus par les chartes de l'abbaye Saint-Michel, portent le prénom de Miles/Milon. Au XIe siècle, les successions se font plus chaotiques[32],[33].
Un vicomte de Tonnerre apparaît au début de ce siècle. En droit, cela signifie que le titulaire du comté dispose d'un droit comtal autre que celui de Tonnerre, ce qui impose l'établissement d'un vicomte (même problématique qu'à Joigny en 1080). Ce vicomte est à l'origine de la famille de Rougemont.
La dernière héritière de cette première dynastie, Ermengarde de Tonnerre, épouse (vers 1055) Guillaume Ier de Nevers, comte de Nevers, d'Auxerre[32],[33]. Par ce mariage, le comté de Tonnerre est réuni aux comtés de Nevers et d'Auxerre[34].
Dynastie comtale de Nevers-Auxerre (1045-1193)
Guillaume de Nevers administre longuement le comté. Un prévôt devient le représentant de son administration pour le Tonnerrois. La tendance à l'hérédité est un aveu de faiblesse comtale. Le fils cadet de Guillaume a failli faire émerger à nouveau un comté autonome. Le comté servira fréquemment de douaire aux comtesses douairières. Des féodaux étalent leur puissance dans le comté : Argenteuil, Rougemont. Certains se hissent au rang de vicomte quand les princes font émerger des vicomtés sur des axes commerciaux à la jointure de leurs principautés (Ligny-le-Châtel vers 1120). Ce phénomène touche d'autres contrées de la principauté. Les sires de Noyers-sur-Serein échappent très tôt à l'autorité comtale, et bâtissent une puissante seigneurie indépendante en franc-alleu, à la lisière du comté d'Auxerre et de l'ancien comté d'Avallon. La féodalisation atteint sa plénitude classique. Pour autant, la ville de Tonnerre se développe. Elle se dote de deux paroisses : Notre-Dame et Saint-Pierre. L'abbaye Saint-Michel fait face au château, de l'autre côté du vallon. Les comtes tenteront tardivement et avec un succès relatif de reprendre la main sur leurs grands féodaux. Ils ne parviendront qu'à leur imposer un partage successoral (Toucy vers 1170). Le Tonnerrois est durablement et profondément féodalisé.
En 1174, Tonnerre obtient une charte d'affranchissement[35].
Comtesses de transition (1181-1292)
De la fin du XIIe siècle au milieu du XIIIe siècle, Tonnerre vit dans le giron du comté de Nevers-Auxerre et Tonnerre. Ce vaste ensemble est de fait abandonné quand le chef du lignage se hasarde sans profit en Orient (empire de Constantinople). Copiant une institution mise en place en 1184 dans le domaine royal, ce comte institue un bailli. Mais comme en Champagne, ce nouvel agent est nettement moins efficace que son confrère de Sens. Il gère à la fois les bailliages d'Auxerre et de Tonnerre. Il ne contrarie pas les féodaux locaux. Les heurts avec l'évêque d'Auxerre et la révolte d' Hervé de Donzy humilient le comte Pierre de Courtenay.
Un cadet de la famille de Courtenay prend place à la tête de la seigneurie de Tanlay.
Dynastie comtale des Chalon-Auxerre-Tonnerre (1292-1463)
Au milieu du XIIIe siècle, la comtesse Marguerite de Bourgogne-Tonnerre fonde le Grand Hôtel-Dieu : le plus grand monument civil de Bourgogne.
Ses biens sont partagées en 1292, entre ses neveux, notamment Guillaume, fils d'Alix de Bourgogne-Auxerre († ) et Jean Ier de Chalon († ), qui reçoit plusieurs terres dont le comté de Tonnerre et ses dépendances[36]. Le comté entre désormais, pour un siècle et demi, dans le domaine de la maison de Chalon, qui venait d'obtenir le comté d'Auxerre[36].
En prélude de la seconde phase de la guerre de Cent Ans, le comte de Tonnerre enlève une fille d'honneur de la duchesse de Bourgogne. Jean Sans Peur saute sur ce prétexte pour mener une guerre à outrance contre le comte de Tonnerre. Malgré la disproportion des forces, le comte de Tonnerre parvient à retarder l'échéance de sa ruine. mais ce combat désespéré a un prix : le Tonnerrois est ravagé. Les féodaux qui ont suivi leur suzerain naturel sont spoliés par des nobles bourguignons accourus à la curée. La guerre entre Armagnacs et Bourguignons sera de peu postérieure (1411). Tonnerre reste au pouvoir du duc de Bourgogne.
En , la ville haute fortifiée et le château comtal situés sur la colline de Montbellant sont détruits par les troupes bourguignonnes[23]. Les fouilles de 2025 (voir supra) font observer un abandon du site, peut être antérieur à cette date, à la fin du XIVe début du XVe siècle[37].
Pendant ce XVe siècle, la ville gagne néanmoins des institutions fiscales : la recette des Aides et l'Élection.
Dynasties comtales Husson (1463-1540), Clermont (1540-1684), Le Tellier (1684-1785)
Par la mariage de Marguerite II de Chalon-Tonnerre avec Olivier de Husson, le titre de Tonnerre passe à la famille normande de Husson qui le garde jusqu'au début du XVIe siècle[38].
Tonnerre échoie à la maison de Clermont à la suite du mariage d'Anne de Husson († ), dame de Husson, etc., avec Bernardin de Clermont, vicomte de Tallard, seigneur, etc.[39]. Leur fille, Louise † , après que son frère Antoine III († ) ait été écarté, hérite de Tonnerre[40]. Son neveu et héritier, Henri Antoine de Clermont, est autorisé par le roi Charles IX à associer à son patronyme celui de « Tonnerre », toutefois il meurt lors du siège de La Rochelle (1573), c'est donc le petit-neveu de Louise, Charles-Henri qui « [hérite] des titres et prérogatives du comte de Tonnerre »[41].
François-Joseph de Clermont-Tonnerre († ), ruiné, vend le comté de Tonnerre à François Michel Le Tellier de Louvois, en 1684[42].
Révolution
Elle constitue le chef-lieu du district de Tonnerre de 1790 à 1795 et de l'arrondissement de Tonnerre de 1800 à 1926.
La ville est occupée par un corps autrichien le 28 janvier 1814, libérée le 11 février 1814, à nouveau occupée le 4 avril 1814[43].
Seconde Guerre mondiale
À la Mobilisation, une Compagnie de Phares de l'Armée de l'air, la 9/127, est mise sur pied à Tonnerre.
La ville est victime des bombardements allemands en juin 1940, puis des anglo-américains le qui font quatorze morts en touchant l’église[44].
Politique et administration
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[50]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[51].
En 2023, la commune comptait 4 261 habitants[Note 5], en évolution de −6,86 % par rapport à 2017 (Yonne : −1,78 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Manifestations culturelles et festivités
- Les médiévales de Tonnerre se déroulent durant le mois de septembre chaque année paire.
- Les vinées tonnerroises : exposition, dégustation et vente des vins du pays et des environs, et de produits gastronomiques, le week-end de Pâques, dans la grande salle de l'ancien hôpital Marguerite-de-Bourgogne, avec intronisation de nouveaux Chevaliers du Tastevin par la confrérie des Foudres du Tonnerrois et par la confrérie du Cassis.
- Le festival littéraire écrits et dits : en mai, manifestations liées à la littérature (conférences, théâtre, contes, lectures…) autour d'un thème choisi.
- L'académie et le festival de musique de Tonnerre : la première semaine de juillet.
- La foire exposition a lieu dans le centre-ville sur le Pâtis devant la gare le dernier samedi d'août et s'étale du vendredi au lundi. Elle attire une centaine d'exposants avec une fête foraine.
- La course de côte régionale automobile : sur le mont Sara, dans la côte de la Chappe sur la route départementale 117. Elle se déroule le 3e dimanche du mois d'août. Organisée par l’écurie Vauban, sous l’égide de l’ASA de l’Yonne pour la coupe de France de la fédération française du sport automobile et les challenges Bourgogne Franche-Comté.
- Le salon des antiquaires et des métiers d'art de Tonnerre : exposition de meubles et objets anciens et présentation de métiers d'art, dans les hospices de Tonnerre, l'avant-dernier ou le dernier week-end de septembre.
Économie
- Centre de développement du Tonnerrois (CDT) partagé entre la chambre de commerce et d'industrie de l'Yonne et la chambre des métiers.
- Hôtel d'entreprises du Tonnerrois[54], géré par la CCI Yonne : location d'ateliers et de bureaux pour les entreprises et les créateurs à Tonnerre.
Industrie
Alfred Camus[55], issu d’une famille de la petite noblesse d’ancien régime et de la noblesse d’empire du Bourbonnais[56], quitte Romorantin et la région parisienne pour la ville de Tonnerre le 6 décembre 1893. Alfred Camus recherche une ville où installer professionnellement ses enfants André et Daniel Camus.
Dans un premier temps, la famille Poulain (chocolatier) propose à la famille Camus de s’associer en créant une filiale au Canada. Après un temps de réflexion, la famille Camus préfère refuser l’offre. Finalement, Alfred Camus fait la connaissance, par l’intermédiaire d’un cousin, du propriétaire d’une entreprise de Tonnerre. Alfred voit en cette usine et en la ville de Tonnerre les conditions idéales pour s’installer et développer une activité industrielle.
En 1894, l’usine est acquise, puis s’agrandit avec l’usine de Saint-Florentin. L’usine continuera de s’agrandir jusqu’à atteindre plus de 700 salariés. Les usines « Camus » deviennent un des fleurons de l’industrie française. Les turbines sortant des usines sont installées dans toute la France et dans le monde entier. Face aux besoins d’énergie pour faire fonctionner les usines, les Camus font l’achat en 1912 de la chute d’eau de Commissey et y installent un barrage hydro-électrique.
À la suite de cet achat, le syndicat d’électrification rurale est créé, permettant l’électrification de trente communes. Le 28 avril 1945, André Camus décède ; il a été conseiller municipal de Tonnerre pendant 25 ans et était chevalier de la Légion d’honneur.
En 1947, la production d’électricité est nationalisée ; les Camus vendent maintenant l’électricité à EDF.
Le 3 août 1951, Daniel Camus décède et les enfants reprennent la direction de l’usine jusqu’à sa vente.
De nos jours, il ne reste que peu d’éléments des usines Camus. Subsistent les bâtiments administratifs devenus les bureaux de « l’unité territoriale de solidarité ». Le barrage de Commissey est également toujours en activité. Les membres fondateurs sont inhumés dans la chapelle Camus du cimetière Saint-Pierre, à Tonnerre.
La ville de Tonnerre a nommé le rond-point à l’entrée de la zone économique et industrielle « rond-point des frères Camus ».
Vignoble
Équipements et services publics
Enseignement
Cadre de vie
- Ville fleurie : deux fleurs.
- Petite cité de caractère.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments

- L'église Saint-Pierre, avec sa façade de style baroque, domine la ville et offre un beau panorama. Bâtie à partir du IXe siècle, elle a subi de nombreuses modifications. Elle a été quasiment détruite en 1556 par un incendie qui ravagea Tonnerre. À l'intérieur, on peut remarquer un orgue dont le buffet date de 1616, une chaire à prêcher, réalisée dans les années 1712-1713 et des vitraux datant du XVIe siècle et restaurés en 2003. Aujourd'hui, Il ne reste plus rien de l’ancienne chapelle du XIe siècle.
- L'église gothique Notre-Dame, du XIIe siècle. L'église fut sévèrement endommagée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.
- L'ancien hôpital ou hôtel-Dieu, fondé par Marguerite de Bourgogne en 1293 et construit en trois années seulement, est un des plus anciens et des plus vastes ensembles hospitaliers de la France médiévale. Ses dimensions sont importantes avec notamment une toiture d'une surface de 4 500 m2 (initialement recouverte de tuiles vernissées) et une salle principale longue de 90 mètres pour une largeur de 18,2 mètres et une hauteur de 27 mètres. Le plafond est lambrissé et la gigantesque charpente est en forme de carène de vaisseau renversé. Jusqu'à 40 malades pouvaient y être soignés. Ce site abrite aussi une chapelle contenant le tombeau de Marguerite de Bourgogne, le mausolée de Louvois, un Saint-Sépulcre du XVe siècle, une méridienne du XVIIIe siècle, et un musée de l'Hôpital.
- L’ancien couvent des Ursulines, rue Pasteur et place Edmond-Jacob, bâtiments annexes de l'actuel Lycée.
- La crypte Sainte-Catherine, rue Saint-Pierre, voûtes romanes du XIIe siècle.
- La fosse Dionne, source vauclusienne, au débit important, et aménagée en lavoir avec bassin circulaire au XVIIIe siècle. Cette curiosité touristique est un bassin aux eaux vert émeraude, serti dans une galerie couverte de tuiles de Bourgogne. Le site était voué à une divinité antique d’où le nom « Divona », qui signifie « Divine », évolué en « Dionne ».
- L’hôtel d'Uzès, maison natale du chevalier d'Éon, devenue propriété de la Caisse d'épargne depuis 1879. Le bâtiment, restauré profondément en 1888, est décoré de fresques murales du peintre Georges Henri Carré. Tonnerre compte de nombreux autres hôtels particuliers.
- L'ancienne abbaye Saint-Michel, reconvertie en hôtellerie. Ce fut durant des décennies un hôtel-restaurant doublement étoilé au Guide Michelin et Relais & Châteaux tenu par la famille de Christophe Cussac.
- Le marché couvert, inauguré en 1904, au style d'architecture de la fin XIXe, début XXe siècle, en fer et en verre à la mode Baltard, restauré en 2015.
- L’hôtel de ville construit en surplomb du marché couvert.
- Le château de Vaulichères, ancienne propriété de la Maison de Clermont-Tonnerre.
- Le musée municipal et sa bibliothèque.
- La promenade du Pâtis.
- Le vignoble de Bourgogne tonnerre.
- Écoulement de la fosse Dionne.
- Église Notre-Dame.
- Hôtel-Dieu.
- Église Saint Pierre
(vue 1). - Église Saint-Pierre
(vue 2). - Portail de l'église Saint-Pierre.
- Ancien Hôtel-Dieu Notre-Dame des Fontenilles. Actuellement musée et office de tourisme.
- Vue sur l'Armançon.
Personnalités liées à la commune

- Jupiter (Antiquité), roi des dieux dans la mythologie antique latine ; on lui attribue la création de la ville de Tornodurum lorsque celui-ci abattit ses foudres sur la vallée égarée du « Pagus tornodorensis ». Devenue Tonnerre à l'époque médiévale, on raconte encore que l'emplacement exact de l'impact est symbolisé par la fosse Dionne et son eau dite « divona » (divine en latin).
- Michomer († 441), disciple de Germain d'Auxerre, mort à Tonnerre.
- Ebbon de Sens († 743), abbé de Saint-Pierre-le-Vif et évêque de Sens, est né à Tonnerre.
- Les différentes familles comtales de Tonnerre.
- Thierry II d'Orléans (?-1022), ancien évêque d'Orléans, est mort à Tonnerre[57].
- Marguerite de Bourgogne-Tonnerre (1248-1308), retirée à Tonnerre, fondatrice de l'hôtel-Dieu.
- François Michel Le Tellier de Louvois (1641-1691), ministre de Louis XIV, comte de Tonnerre à partir de 1684.
- Jean-Baptiste Berthier (1721-1804) ingénieur-géographe et architecte, anobli en 1763, né à Tonnerre.
- Charles de Beaumont, dit le chevalier d'Éon (1728-1810), né à Tonnerre.
- Chevalier O'Gorman (1732-1809), médecin, officier du régiment de Walsh, beau-frère du chevalier d'Eon, négociant
- Jean-Baptiste Chaussard (1729-1818), architecte du roi, né à Tonnerre.
- Pierre Edmé Gautier de Sibert (1735-1797), historien, né et mort à Tonnerre.
- Agnès Fayolle de la Marcelle (1746-1832), homme politique mort à Tonnerre.
- Jean Gaspard de Vence (1747-1808), corsaire et amiral, mort dans sa propriété de Vaulichères.
- Guillaume Guichard, né le à Tonnerre dans l'Yonne et mort le à Auxerre, homme politique.
- François Barbuat de Maison-Rouge (1767-1799), né à Tonnerre.
- Louis Anne Marie Gouré de Villemontée (1768-1813), général de brigade.
- Adrienne Marie Louise Grandpierre-Deverzy (1798-1869), peintre, née à Tonnerre.
- Frédéric Gaillardet (1808-1882), homme de lettres, avocat et homme politique.
- Charles Rathier (1812-1888), homme politique, mort à Tonnerre.
- Jean-Baptiste-Marie Campenon (1819-1891), général, ministre de la Guerre, né à Tonnerre.
- Charles Joseph Dumas-Vence (1823-1904), amiral, né à Tonnerre.
- Ernest Cœurderoy (1825-1862), anarchiste, né à Avallon et ayant fait ses études à Tonnerre. Sa femme fit don de son hôtel particulier à la ville dont la médiathèque, inaugurée en décembre 2012, porte son nom.
- Émile Jacques-Palotte (1830-1885), industriel, homme politique et patron de presse né à Tonnerre, député puis sénateur de la Creuse.
- Clément Georges Lemoine (1841-1922), membre puis président de l'Académie des sciences, est né à Tonnerre le au sein d'une famille qui, depuis trois générations, était implantée dans la région de Tonnerre et d'Auxerre[58].
- Armand Colin (1842-1900), éditeur, né à Tonnerre.
- Marie Huot (1846-1930), femme de lettres et féministe, née à Tonnerre.
- Frédéric Damé (1849-1907), journaliste, historien et philologue, connu pour être l'un des douze dédicataires du premier fascicule des Poésies d'Isidore Ducasse, comte de Lautréamont, né à Tonnerre et mort en Roumanie où il s'était expatrié dès 1872[59],[60].
- Henri Chaput (1857-1919), chirurgien, né à Tonnerre.
- Émile Bernard (1868-1941), peintre, fondateur de l'école de Pont-Aven, s'y est installé de 1904 à 1919[61].
- Jeanne Louise Jacoutot-Mahudez (1876-1956), peintre française, morte à Tonnerre.
- Marguerite Charrier-Roy (1870-1964), peintre française, morte à Tonnerre.
- Edme Campenon (1872-1962), entrepreneur du bâtiment et travaux publics, né à Tonnerre.
- Georges Henri Carré (1878-1945), peintre.
- Edmond Archdeacon (1864-1906), conseiller général.
- Ernest Archdeacon (1863-1950), précurseur et promoteur de tous les moyens de locomotion (terrestres, aériens, nautiques), locataire de l'abbaye Saint-Michel.
- André Maire (1898-1984), peintre.
- Élie Wermelinger (1906-1993), journaliste au journal L'Équipe, traceur de l'itinéraire du Tour de France.
- Mario Ropp, nom de plume de Marie-Anne Devillers (1917-2007), écrivaine, morte à Tonnerre.
Héraldique
L'écu se blasonne ainsi : De gueules à la bande d'or[62]. |
Tonnerre dans les arts
Peinture
Tonnerre a servi de décor dans plusieurs toiles du peintre Émile Bernard, dont La Famille à Tonnerre vers 1908-1910 et Tonnerre les deux églises, en 1904[64], Paysage près de Tonnerre (1905) et Chemin de l'église Saint-Pierre à Tonnerre (1905, huile sur toile).
- Émile Bernard : Paysage près de Tonnerre (1905).
- Émile Bernard : Chemin de l'église Saint-Pierre à Tonnerre (1905, huile sur toile).
Cinéma
Le cinéaste Guillaume Brac y tourne son film au titre homonyme Tonnerre en 2013, avec Vincent Macaigne, Solène Rigot et Bernard Menez. Parmi les divers lieux filmés sur la commune, plusieurs scènes se déroulent à la fosse Dionne.
