Le , le Sakawa et son escadron de destroyers furent sélectionnés pour participer à l'opération Ten-Gō, en compagnie du Yamato et de son sister-shipYahagi. Mais en raison d'une pénurie de carburant, le Sakawa ne participera pas à la mission-suicide. Le croiseur fait route vers le district naval de Maizuru qu'il atteint le . Il est attaqué le à l'ancrage par des avions du porte-avionsUSSYorktown, mais il n'est pas endommagé.
Au moment de la capitulation du Japon le , le Sakawa est amarré à Maizuru, n'ayant participé à aucune action de guerre. Il est désarmé puis rayé des listes de la marine le .
Opérations d'après-guerre
Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Sakawa sert de navire de rapatriement, évacuant en 1 339 soldats de l'Armée impériale japonaise bloqués sur les petites îles de Sonsorol, Fanna, Merir et Hatohobei, dans le sud de Palau. Il effectue de nombreuses missions de rapatriement jusqu'à la fin de , évacuant notamment des troupes japonaises en Nouvelle-Guinée, en Corée et dans d'autres endroits.
Le le Sakawa est envoyé à Yokosuka, où il est officiellement remis à la Marine des États-Unis comme un butin de guerre. Il est l'un des anciens navires de la Marine japonaise à être sélectionné pour les prochaines expériences atomiques de Bikini. Lorsqu'il est visité par un équipage américain, sa coque est infestée de rats et que la plupart des systèmes du navire sont hors-service. Il quitte néanmoins Yokosuka pour Eniwetok le , avec un équipage américain de 165 hommes, accompagné par le cuirasséNagato, également sous équipage américain. Onze anciens officiers japonais sont présents lors du trajet pour assister l'équipage américain. Dix jours plus tard, à 300milles marins(560km) d'Eniwetok, le Nagato, bénéficiant plus d'une étanchéité satisfaisante, commence à prendre l'eau. Le croiseur tenta le de le prendre en remorque; mais en plus d'une de ses chaudières fonctionnant mal, il manqua par ailleurs de combustible dans le mauvais temps. Le cuirassé présentait une bande de sept degrés sur bâbord au moment où les remorqueurs d'Eniwetok le rallièrent, le . Remorqué à une vitesse de 1 nœud, le bâtiment atteignit Eniwetok le pour y recevoir des réparations sommaires. Le Sakawa arriva lui à Eniwetok le .
Pendant son ancrage à Eniwetok, cinq des marins américains présents à bord protestaient contre les conditions de travail lugubres à bord du Sakawa. Dans un navire habituellement équipé de plus de 730 hommes, la marine américaine utilisait un équipage de 165 personnes effectuant le travail de 325. Les cinq marins sabotèrent alors le navire en retirant la ligne de pression aux vannes de déclenchement à vitesse excessive dans le système de carburant et en versant du sable dans les pompes à huile et à eau. Ils détruisirent les jauges, les tachymètres et les conduites de vapeur à haute pression, espérant être relevés du navire de guerre. Après plusieurs accusations, les cinq marins furent emprisonnés. En mai, après des réparations d'urgence, le Sakawa atteint finalement l'atoll de Bikini.
L'opération Crossroads débuta le . La première explosion, «Able», fut aérienne. La bombe fut lancée à 9 heures, par un Boeing B-29 Superfortress «Dave's Dream». Le but fixé était le cuirassé américain Nevada, dont la coque avait été peinte en vermillon et les tourelles en blanc pour qu'il fût bien visible. Par suite d'une erreur de visée, la bombe explosa à 600 mètres de là, entre le porte-avions Independence et le croiseur Sakawa, à l'altitude prévue de 300 m. Elle donna lieu aux mêmes phénomènes que les trois explosions précédentes: éclair insoutenable, boule de feu, nuage en champignon grimpant rapidement à plus de 10 000 mètres et entraînant la plupart des produits radioactifs de fission[1]. Le Sakawa coula 24 heures après, pendant une tentative de remorquage par l'USS Achomawi(en).
Le deuxième test («Baker»), sous-marin cette fois, se déroula à 150 mètres de l'épave du Sakawa. Aujourd'hui, elle gît par 60 mètres de fond.