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Sally Hemings

esclave américaine, amante de Thomas Jefferson (1773–1835) From Wikipedia, the free encyclopedia

Sally Hemings, née vers 1773 dans le comté de Charles City (colonie de Virginie) et morte en 1835 à Charlottesville (États-Unis), est une esclave afro-américaine. Sa mère, Betty Hemings, travaille pour John Wayles (en), le père de Martha Wayles. Ce dernier meurt en 1773. Avec le remariage de Martha Wayles avec Thomas Jefferson, Sally passe au service du planteur de Virginie. Martha Jefferson (épouse de Thomas Jefferson, née Wayles) et Sally sont sans doute demi-sœurs.

Faits en bref Naissance, Décès ...
Sally Hemings
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Domicile
Père
John Wayles (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Betty Hemings (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Martha Wayles Skelton Jefferson (sœur consanguine)
Mary Hemings (en)
James Hemings (en)
Critta Hemings Bowles (d)
Peter Hemings (d)
John Hemings (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
William Beverly Hemings (en)
Harriet Hemings (en)
Madison Hemings
Eston HemingsVoir et modifier les données sur Wikidata
Statut
Propriétaire
Fermer

Biographie

Après la mort de Martha Jefferson en 1782, son époux Thomas Jefferson s'installe à Paris pour y être ambassadeur des États-Unis. Il fait venir sa fille Mary ainsi que son esclave Sally Hemings en 1788. Elle a la peau claire[1]. Alors qu'elle a 15 ans et lui 44, Jefferson débute une relation sexuelle qui durera trente-huit ans[1]. Une fois sa charge terminée, Jefferson rentre aux États-Unis avec Sally, mais elle exige d'être émancipée ainsi que ses enfants et négocie ses conditions d'existence à la plantation de Monticello[1]. Lorsque Jefferson meurt en 1826, elle s'installe à Charlottesville. La fille aînée de Jefferson, Martha, ne l'affranchit pas formellement, mais elle se voit accorder de rester près de ses enfants[1],[2]. Deux de ses enfants avaient rejoint en 1822 et un autre fils violoniste, Eston, devient chef d'orchestre dans l'Ohio[1]

Controverse à propos des enfants de Sally Hemings

Portrait de Thomas Jefferson.

Thomas Jefferson, le maître de Sally Hemings, s'oppose au métissage[3] :

« La fusion des Blancs et des Noirs produit une dégradation à laquelle aucun amoureux de son pays, aucun amoureux de l'excellence du caractère humain, ne peut innocemment consentir. »[4]

Cependant, il circule à l'époque de nombreuses rumeurs, souvent alimentées par les adversaires politiques de Jefferson, sur une éventuelle liaison avec Sally Hemings. Lorsque Jefferson est président, le journaliste James Callender (en) alimente les suspicions. On disait même que l'esclave avait donné naissance à plusieurs enfants, dont le père est Jefferson. Les fondements de ces rumeurs ont longtemps fait l'objet de débat parmi les historiens. Plusieurs études ont été entreprises pour démontrer que Jefferson avait bien eu des enfants avec son esclave.

En 1873, Madison Hemings, l'un des fils de Sally, déclare que tous les enfants de Sally sont de Jefferson. La ressemblance physique de ces enfants avec le troisième président américain est frappante. En outre, ils ont été affranchis par lui. Certains expliquent la ressemblance en attribuant leur paternité aux neveux de Jefferson. D'autres pensent que le père des enfants de Sally Hemings est plutôt Randolph Jefferson (en), le plus jeune frère de Thomas Jefferson.

Tests ADN et fin du secret entourant la relation entre Jefferson et Hemings

Les analyses ADN, menées à la fin des années 1990, par le docteur Eugene Foster sur les descendants connus de Jefferson et de Sally Hemings, semblent prouver qu'Eston Hemings est bien le fils de l'ancien président et de son esclave noire[5]. Il est possible de postuler que Jefferson, en tant que propriétaire de Hemings - de trente ans sa cadette - abusait sexuellement de cette dernière.

En 2017, des archéologues découvrent, lors de travaux dans la maison de Thomas Jefferson à Monticello, une pièce cachée qui aurait sans doute été habitée par Sally Hemmings et ses enfants[6].

En 2018, une exposition consacrée à Sally Hemings est installée à Monticello, le musée installé dans la plantation de Jefferson, qui officialise ainsi la relation entre Jefferson et Hemings[7].

Débats historiographiques

Les spécialistes de Jefferson ont longtemps discuté de l'affaire Sally Hemings. Ils n'ont pas retenu les accusations de Callender, parce qu'elles étaient de toute évidence trop politiques. Dans son ouvrage sur les relations interraciales aux États-Unis (White Over Black (1968)), Winthrop Jordan conclut que la relation Jefferson-Hemings est plausible. La biographie de Jefferson écrite par Fawn McKay Brodie en 1974 relance le débat et prétend prouver que les enfants de Sally Hemings sont aussi ceux de Jefferson, mais elle est critiquée pour son approche trop psychanalytique de la question ; les historiens Dumas Malone, Douglass Adair et Virginius Dabney (en) soulignent la fragilité des indices. Le roman de Barbara Chase-Riboud (Sally Hemings) ainsi que le film de James Ivory Jefferson à Paris présentent au contraire la liaison du maître et de son esclave comme véridique. En 1997, le professeur de droit Annette Gordon-Reed publie son Thomas Jefferson and Sally Hemings: An American Controversy.

Représentation

Titus Kaphar peint une œuvre liant Sally Hemings et Thomas Jefferson[8].

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

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