Samir Tarhouni

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Naissance
Mornag (Tunisie)
Originetunisienne
AllégeanceDrapeau de la Tunisie Tunisie
GradeColonel-major
Samir Tarhouni
سمير الطرهوني
Naissance
Mornag (Tunisie)
Origine tunisienne
Allégeance Drapeau de la Tunisie Tunisie
Grade Colonel-major
Années de service 1997
Commandement GIPP (1999-2003)[1]
BNIR (2003-2007)[1]
BAT (2007-2011)[1]
DUAT (2011-2013)[1]
Conflits Fusillade de Soliman[2] (2006)
Attaque de l'ambassade américaine (2012)[2]
Opération El Ouardia (2013)[3]
Opération de Raoued (2013)[4]
Autres fonctions Directeur général de la formation de la sûreté nationale[5]

Samir Tarhouni (arabe : سمير الطرهوني), né en à Mornag, est un colonel-major de la police tunisienne, expert en psychologie terroriste et stratégie d'intervention.

Il est notamment réputé pour avoir dirigé la Brigade nationale d'intervention rapide, unité à l'origine de l'assaut final lors de la fusillade de Soliman en 2006. Il a également été à la tête de la Brigade antiterrorisme et, en tant que tel, instigateur de la capture de membres de la famille Trabelsi lors de la révolution de 2011, provoquant un enchaînement d'événements qui aboutissent à la fuite du président Zine el-Abidine Ben Ali. Patron de la direction des unités anti-terrorisme, il mène l'opération de sauvetage de l'ambassade des États-Unis à Tunis, lors de son siège par des manifestants le .

Directeur général de la formation de la police tunisienne depuis , il initie la création du pôle de recherche, développement et formation de la police nationale, qui vise à adapter le système national de sûreté aux normes internationales[6].

Carrière avant la révolution de 2011

Après avoir terminé quatre années de formation en tant que jeune lieutenant à l'Académie militaire de Fondouk Jedid, en 1997, il est sélectionné pour rejoindre la direction générale de la sûreté du président de la République et des hautes personnalités. Il y passe deux ans, avant d'être placé à la tête de la force spéciale de sa direction, le Groupe d'intervention et de protection des personnalités (GIPP), pendant quatre ans, dont les deux dernières sous la direction d'Ali Seriati.

Leïla Trabelsi, épouse du président Zine el-Abidine Ben Ali, indique qu'« il était connu que les deux hommes se détestaient cordialement. Samir Tarhouni, inculte et mégalomane, grande gueule aux allures de bandit, porté sur l'insolence et la provocation, déplaisait tant à Ali Seriati, sous les ordres duquel il travaillait à la sécurité présidentielle, qu'il l'avait limogé. Tarhouni s'en est allé rejoindre la Brigade antiterroriste et son ex-patron s'était bien gardé de l'en empêcher »[7].

En 2003, quittant la direction générale de la sûreté présidentielle, il est nommé à la tête d'une petite brigade à l'époque, la Brigade nationale d'intervention rapide (BNIR) de la police tunisienne. En 2006, lors de la fusillade de Soliman, à la suite de l'échec des interventions de l'unité d'élite de la police, la Brigade antiterrorisme (BAT), Tarhouni et sa BNIR sont chargés de mener un assaut contre une villa où se retranchent des terroristes djihadistes. Cependant, à la suite d'une erreur de renseignements, la villa désignée est vide : le groupe qu'il dirige essuie des tirs et perd l'un de ses hommes. L'ordre lui est alors donné d'abandonner mais il refuse les ordres de sa hiérarchie et décide seul de mener un second assaut vers la villa voisine d'où proviennent des tirs ; il met alors fin à l'opération avec la neutralisation des terroristes[2]. Après cet assaut final, tous les officiers sont promus sauf lui. Par la suite, Tarhouni est nommé à la tête de la Brigade antiterrorisme en remplacement d'Imed Ghodhbani qui a été blessé. Peu après cette nomination, il figure parmi les instigateurs de la création de la direction des unités anti-terrorisme (DUAT) de la police, qui regroupera la BNIR, la BAT et la Brigade nationale de détection et de neutralisation d'explosifs, avec à sa tête Moncef Krifa.

Rôle pendant la révolution

Lors de la révolution de 2011, alors que les manifestations se rapprochent de plus en plus du quartier général de la Brigade antiterrorisme et atteignent une violence sans précédent, il apprend le 14 janvier que la famille de Leïla Trabelsi, qui avait cherché à nuire à sa carrière[7], est en train d'échanger de l'argent à l'aéroport de Tunis avant de fuir le pays. Il prend la décision de les en empêcher afin qu'ils rendent des comptes au peuple en révolte, mais se trouve loin d'imaginer que cet acte va provoquer la fuite du président Ben Ali en Arabie saoudite[8].

Carrière après la révolution

En , il est directement nommé chef de la direction des unités anti-terrorisme sous le gouvernement de Béji Caïd Essebsi. Il est chargé à de multiples reprises d'intervenir lors de conflits entre l'armée et les forces de sûreté durant une période de fragilité politique qui dure jusqu'à l'élection du 23 octobre 2011.

Le , alors qu'un groupe de la BNIR est chargé de la protection de l'ambassade des États-Unis, une manifestation en réaction au film L'Innocence des musulmans, avec à sa tête Abou Iyadh, dégénère rapidement et se transforme en attaque violente de la chancellerie. Le ministre de l'Intérieur Ali Larayedh déclare : « nous les attendions par devant, ils sont venus par derrière »[9]. C'est alors que Tarhouni donne l'ordre à ses hommes, positionnés en cas d'attaque armée, de s'équiper de leurs fusils destinés à l'effraction, mais qui sont également non-létaux à longue distance, et d'empêcher l'envahissement de l'ambassade, le temps pour lui d'arriver avec des renforts de la BAT et de la BNIR. Ne dérogeant pas à ses habitudes, il n'en informe pas sa hiérarchie.

À l'été 2013, une unité de la police criminelle identifie des terroristes à Sousse[10] mais, plutôt que d'envoyer Tarhouni à la tête de la direction des unités anti-terrorisme, sa hiérarchie préfère ne pas l'en informer et procède à un assaut avec de simples enquêteurs, qui ne sont pas formés pour des assauts armés[11], ce qui aboutit à la fuite de deux terroristes. Le lendemain, à la suite du fiasco sécuritaire de la veille, le ministère de l'Intérieur charge Tarhouni d'intervenir dans une villa proche de Tunis, à El Ouardia, où se cachent des terroristes armés ; l'assaut se solde par un succès avec un terroriste tué et la capture de quatre autres vivants[3]. L'interrogatoire des terroristes capturés ayant porté ses fruits, la BAT est appelé le à intervenir à Raoued, opération qui se solde par la mort d'un autre terroriste et la découverte d'une cache d'armes[4]. En pleine guerre contre le terrorisme et juste après les succès de ces opérations, Tarhouni est aussitôt éloigné de son poste de commandement opérationnel et nommé directeur général de la formation de la police[5].

À partir de 2013, il se donne pour mission la création d'un pôle de recherche, développement et formation de la police nationale à Enfida, visant à moderniser le système de sûreté tunisien. Le projet doit être officiellement fonctionnel en 2016 d'après un entretien de entre l'ONG International Crisis Group avec Tarhouni[12]. Le but est de centraliser les formations des huit écoles nationales de police en un seul pôle, en standardisant le système et les enseignements en modules compatibles avec les universités tunisiennes, les écoles de polices internationales et selon un cursus bachelor/master.

Controverses

Notes et références

Articles connexes

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