Sanaï

soufi et poète persan From Wikipedia, the free encyclopedia

Sanaï de son nom complet Hakim Abul-Majd Majdūd ibn Ādam Sanā'ī Ghaznavi (en persan حکیم ابوالمجد مجدود ‌بن آدم سنایی غزنوی), était un poète soufi persan[1] du XIIe siècle. Protecteur des sciences et philosophe, il a laissé une œuvre qui a eu une influence certaine sur les poètes mystiques du Moyen-Orient, notamment Jalâl ud Dîn Rûmî auteur du Masnavi-I Ma'navi. Son œuvre la plus connue est Hadiqat al Haqiqa « Le jardin de la vérité », un poème de plus de 11 000 vers.

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Abu'l-Majd Majdud
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Œuvres principales
Le jardin clos de la vérité (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

La chronologie de sa vie ne peut être établie avec certitude[2],[3]. On peut raisonnablement supposer qu'il est né vers 1080 dans une famille de lettrés de Ghazni[3],[2] (au sud de l’Afghanistan actuel). Sanā'i est son nom de plume[2].

Il éveille, par ses talents, la curiosité des hommes de sciences et des religieux de l'école hanafite. Cela lui permet de devenir panégyriste officiel à la cour. Lorsqu'il devient mystique vers 1114, il quitte brusquement la cour pour Balkh, puis le Khorasan[2] et finalement rejoindre le Turkménistan actuel (à Merv[3] ou bien à Sarakhs[2]) où il trouve un protecteur hanafite. Il compose ensuite des textes de style masnavi destinés à l'enseignement de la morale et de la religion qui vont avoir un grand succès. Il revient à Ghazni en 1126 et devient rapidement poète attitré du sultan Ghaznévide Bahram Shah (en) et, malgré ses réticences, compose pour lui plusieurs poèmes ce qui témoigne de l'influence du sultan sur lui. Il ne peut plus alors quitter la cour et meurt vers 1131[2].

Œuvre

Généralités

Sa poésie est d’inspiration soufie. Sana'i a été le premier poète à utiliser le style mathnawi (en), le style Qasida et le style ghazal pour transmettre des concepts philosophiques. Sans être véritablement le premier poète soufi – on sait, par exemple, qu’avant lui, Rābi‘a écrivit des poèmes ou encore que le cheikh Abū Sa‘īd Abū l-Khayr composa plusieurs quatrains – il est sans doute celui qui, le premier, a laissé une œuvre essentiellement poétique d’inspiration spirituelle, et il déclarait d’ailleurs lui-même que « nul n’avait jamais écrit des vers tels que lui » et que si, dans le monde on trouvait des vers semblables aux siens, fussent-ils un millier, c’est qu’ils étaient de lui.

Plus de 30 000 vers connus lui sont attribués. Son œuvre a eu une très grande influence non seulement sur les œuvres soufis suivantes, mais aussi bien au-delà, sur toute la littérature et la philosophie du monde arabo-musulman. Il fut reconnu par tous les grands maîtres spirituels, dont Rūmī, et bien qu'il ait invité à abandonner la gloire éphémère et le monde d’ici-bas, son audience se répandit dans les cours royales de son temps aussi bien que parmi le peuple. Son œuvre demeure de nos jours encore un objet d’études dans de nombreux centres soufis indo-musulmans[4].

Ouvrages

Le divan de Sanā'ī (son œuvre lyrique) nous est connu par deux manuscrits, l'un conservé à Istanbul, l'autre en Afghanistan[2]. Mais il a surtout laissé sept mathnawi (en), au premier rang desquels Hadīqat al Haqīqa Les Jardins de la vérité »), mais aussi Eshq-Nāmeh (« le Livre de l'amour mystique ») et ‘Aql-Nāmeh le Livre de l'esprit »)[3]. Mais la paternité de ces deux derniers est contestée. Seyr al-ʿebād elā’l-maʿād Le voyage des fidèles vers le lieu du retour ») est un court poème allégorique et une des compositions les plus remarquables de Sana'i[2].

Les jardins de la vérité Hadīqat al Haqīqa ») sont dédiés au sultan Bahram Shah de Ghazni. Ce poème didactique porte sur des sujets éthiques et religieux. Son impact se mesure au nombre de références dont il fait l'objet dans la littérature postérieure : la version en persan de Kalila et Dimna en donne des citations. Aḥmad Ghazāli et Sohrawardi y font également référence. Il constitue le modèle suivi par Rūmī pour composer son Masnavi[2].

Il a aussi composé Kārnāma-ye Balkh Compte-rendu sur Balkh ») dans lequel Sanâ'i présente un panorama des cercles sociaux qu'il fréquentait Sanāʾi, ainsi que le compte-rendu de son voyage à Balkh, à travers l'Hindou-Kouch[2]. Il s'agit d'un bref essai, au ton satirique et d'un style très cru[5].

Notes et références

Voir aussi

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