Sandra Semchuk
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Meadow Lake, Saskatchewan (Canada)
| Naissance | Meadow Lake, Saskatchewan (Canada) |
|---|---|
| Nationalité | |
| Activités |
Photographe, vidéographe |
| Autres activités |
Enseigne la photographie |
| Formation |
Baccalauréat en Beaux-Arts, University of Saskatchewan (1970), Maitrise en photographie, University of New Mexico (1983). |
| Distinction |
Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques (2018) |
Sandra Semchuk née en de parents ukrainiens immigrés à Meadow Lake en Saskatchewan est une artiste canadienne se spécialisant en photographie et vidéographie. Membre-fondatrice de la Photographers’ Gallery de Saskatoon (Saskatchewan), elle enseigne à la Emily Carr Institute of Art and Design de Vancouver (Colombie britannique). Utilisant la photographie, la vidéographie, les performances et l’écriture, elle cherche par la représentation de souvenirs le plus souvent personnels à explorer la complexité des liens entre les personnes que ce soit au niveau des générations (relations mère-fille/père-fille) ou des cultures (peuples indigènes/non indigènes, camps d’internement durant la Première Guerre mondiale), ainsi que leurs relations avec la nature, s’interrogeant sur la façon d’établir une meilleure compréhension entre générations, cultures et espèces. Son travail a été récompensé par le prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en 2018.
Sandra Semchuk est née en 1948 à Meadow Lake (Saskatchewan) dans une famille d’immigrés ukrainiens étroitement unie [1]. Son père, Martin Semchuk, y tenait une épicerie et travaillait à l’instauration d’un système d’assurance-santé collective dans la province[2]. Dès l’âge de sept ans elle manifesta ses dons pour l’art, peignant des dessins humoristiques sur les devantures d’établissements dans la rue principale de son village. Elle fit ses études universitaires à l’Université de Saskatchewan où elle obtint un baccalauréat en Beaux-arts en 1970. La même année elle s’impliqua dans la communauté artistique de la capitale provinciale, étudiant l’art structuriste[3] avec Eli Bornstein et participant à la fondation de la Photographers’ Gallery au début des années 1970. Elle devait ensuite voyager en Angleterre et en Espagne en 1971[2].
Sa première exposition eut lieu en 1975 alors qu’elle présenta une série de portraits sur la rue principale de sa ville natale, Meadow Lake. En 1980, elle prit part avec d’autres femmes-photographes à une exposition de groupe intitulée In/Sight. Dès lors, elle continuera à documenter en noir-et-blanc sa vie et celle de sa famille avec Exerpts from a Diary (1982) et Series # 10 (1982-1983) [4].
De 1981 à 1983, puis de 1984 à 1987, elle s’installa à London (Ontario) où elle fit partie des artistes qui fréquentaient la Embassy Cultural House[5]. Ce fut un moment décisif dans sa carrière: « La liberté flottait dans l’air reliant les genres artistiques : performances, installations, et travail interdisciplinaire. La profondeur, l’activisme et la critique des œuvres qui s’y produisaient et des projets qui s’y échafaudaient devaient mettre très haut la barre pour le travail et les collaborations que j’entreprendrais par la suite[6]".
En 1981, Sandra Semchuk commença à enseigner la photographie à la University of Western Ontario, puis décida de poursuivre ses études à la University of New Mexico dont elle obtint une maitrise en art en 1983[2]. Par la suite, elle devait s’installer à Vancouver (Colombie britannique) et enseigner la photographie à la Emily Carr College of Art & Design à partir de 1987[2].
Œuvre
Le travail de Sandra Semchuk est principalement consacré à explorer, par la photo et la vidéo, les thèmes de l’identité, de la famille, des relations interculturelles et intergénérationnelles, ainsi que l’attachement au sol. Son œuvre peut se diviser en trois grandes périodes.
Les premières armes
De la première partie de sa carrière où elle utilise la photographie en noir et blanc, Sandra Semchuk dira : « Nous (les fondateurs de la Photographers’ Gallery) étions principalement des photographes documentalistes observant les changements qui se produisaient dans notre société, la disparition de la génération qui nous avait précédés ainsi que leur façon de vivre, de même que les changements survenant dans le tissu social qui se produisaient souvent de façon inconsciente, sans souci des générations à venir[4] ».
De cette période datent un grand nombre de portraits dont, en 1982, une série de quatre-vingt-sept photographies intitulée Excerpts from a Diary qui traite de la mort et de la famille[7] à travers lesquelles on peut voir se dessiner un processus d’introspection et de transformation par l’utilisation d’autoportraits et d’images ayant pour toile de fond le milieu où évoluait sa famille et les Prairies canadiennes[8].
À partir des années 1980, Semchuk adopta la photographie en couleurs et changea son approche, passant de l’introspection à la recréation d’expériences antérieures utilisant photographies embrouillées et collages complexes comme dans Moving Parallel : Reconstructed Experiences from the Daily Life (1989). Elle continua sur cette voie en 1990 avec la série Death’s Door : A Father and Daughter Collaboration dans laquelle elle réfléchit sur sa relation avec son père à la suite d'un accident vasculaire cérébral qui devait inévitablement conduire celui-ci à la mort[4].
Collaboration avec James Nicholas
L’artiste rencontra son futur mari James Nicholas à Vancouver en 1994. Sitôt mariés, les deux artistes commencèrent à créer diverses œuvres conjointes utilisant la poésie, la photographie, la vidéographie et les performances pour explorer leurs relations mutuelles, leur relation avec la nature et les relations entre peuples indigènes et non indigènes[9]. James Nicholas appartenait à la nation Cree Nisichawayasihk. En dépit du fait qu’il ait fréquenté les pensionnats pour autochtones, il conserva toujours un grand attachement aux traditions de son peuple et de sa famille qui pratiquait la chasse et la médecine traditionnelle. Il devait mourir lors d’un accident de chasse sur le fleuve Fraser en 2007[9].
De 1994 date une collaboration avec son père et avec son mari intitulée Old People, Animals and Indians (Personnes âgées, animaux et Indiens). Cette installation en quatre volets met en scène deux hommes et un ours. À partir de vidéos, de textes, de photographies et d’images sur écran, les protagonistes se transforment et s’entremêlent pour redécouvrir les bases de la sagesse traditionnelle[4].
Par la suite
Une rétrospective de ses œuvres se tint à Vancouver en 1998. Intitulée How Far Back is Home (Si éloigné est mon chez-moi), cette rétrospective couvrait vingt-cinq-ans de carrière à partir d’autoportraits et de portraits divers.
Depuis, ses travaux continuent à décrire les relations entre humains dans un contexte qui les dépasse. De 2008 à 2015 grâce à une bourse du Fonds canadien pour les prisonniers de la Première Guerre mondiale elle put compléter son livre-photo sur les Ukrainiens au Canada. Il en résulta The Stories Were Not Told: Canada’s First World War Internment Camps (Histoire non dites : les camps d’internement canadiens de la Première Guerre mondiale) qui fut publié en 2018 et dans lequel les victimes de l’internement aussi bien que leurs descendants nous livrent leur histoire.
En 2013, elle travailla avec Skeena Reece à une performance intitulée Touch Me (Touche-moi) destinée à l’exposition Witnesses : Art and Canada’s Indian Residential Schools (Témoins : l’art et les pensionnats autochtones au Canada) dans laquelle les deux femmes se heurtent aux thèmes du pardon et aux relations mère/ fille[10].
Honneurs et récompenses
Sandra Semchuk reçut le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques dans la catégorie photographie en 2018[11].
Expositions
Expositions solo
- 2016 The Stories Were Not Told, Comox Valley Art Gallery, Courtenay (Colombie britannique).
- 1998 How Far Back is Home . . . ., Presentation House, Vancouver (Colombie britannique).
- 1991 Coming to Death's Door, a daughter/ father collaboration, Presentation House, Vancouver (Colombie britannique).
- 1991 Moving Parallel: Reconstructed Performances from Daily Life, Photographers Gallery, Saskatoon (Saskatchewan); Prince George Art Gallery, Prince George (Colombie britannique); University of Waterloo Art Gallery, Waterloo (Ontario); Robert McLaughlin Gallery, Oshawa (Ontario); Art Gallery of Windsor, Windsor (Ontario); MacKenzie Art Gallery, Regina (Saskatchewan); Nickle Arts Museum, Calgary (Alberta); Floating Gallery, Winnipeg (Manitoba); Gallery 44, Toronto (Ontario).
- 1990 ‘‘Paralleling the Bird, Forest City Gallery, London (Ontario); Contemporary Art Gallery, Vancouver (Colombie britannique), Contemporary Art Gallery, Vancouver (Colombie britannique).
- 1986 Ritual, the Photographic Sequence, Forest City Gallery, London (Ontario).
- 1986 The Coburg Gallery, Vancouver (Colombie britannique).
- 1982 Excerpts from a Diary, Mendel Art Gallery, Saskatoon (Saskatchewan).
- 1979 The Photographers' Gallery, London (Royaume-Uni).
- 1975 The Photographers Gallery, Saskatoon (Saskatchewan).
- 1973 The Photographers Gallery, Saskatoon (Saskatchewan) [4].
Dans les collections
- Vancouver Art Gallery, Vancouver
- Banque d'art du Conseil des Arts du Canada, Ottawa
- Dunlop Art Gallery, Regina
- Edmonton Art Gallery, Edmonton
- McKenzie Art Gallery, Edmonton
- Mendel Art Gallery, Saskatoon
- Mount St. Vincent University of Art Gallery, Halifax
- Museum of Modern Art, New York
- Photographers Gallery, Saskatoon
- San Francisco Museum of Modern Art, San Francisco
- University of New Mexico, Albuquerque[2]