Sarcophage de Sidamara

From Wikipedia, the free encyclopedia

État de conservation
préservéVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Sarcophage de Sidamara
Présentation
Type
État de conservation
préservéVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Localisation
Coordonnées
Sarcophage de Sidamara

Le sarcophage de Sidamara est un sarcophage colossal de l'époque romaine, célèbre pour ses dimensions monumentales et sa décoration. Il a été découvert dans l'actuelle Turquie. Datant du IIIe siècle apr. J.-C., il est considéré comme l'un des plus grands sarcophages du monde antique et est réputé pour être le plus lourd au monde, avec un poids de 32 tonnes. Il est aujourd'hui exposé au musée archéologique d'Istanbul.

Le sarcophage tire son nom de son emplacement dans le village de Sidamara, dans la province de Karaman, en Turquie centrale[1]. L'artefact fut découvert une première fois par le consul général militaire britannique Charles William Wilson en 1882, mais en raison de son poids énorme, il ne put être déplacé et fut alors de nouveau enterré[1]. Il fut redécouvert en 1898 par un villageois de Sidamara.

Suite aux recherches menées par Osman Hamdi Bey, le sarcophage géant fut transféré dans ce qui est aujourd'hui le musée archéologique d'Istanbul. Son transport en 1901 nécessita l'utilisation de buffles et d'autres aménagements spéciaux pour les wagons de chemin de fer.

Dimensions et architecture

Le sarcophage de Sidamara se caractérise par ses dimensions et ses détails architecturaux. Sa longueur (3,81 m) et sa largeur (1,93 m) sont impressionnantes[2]. Ces proportions témoignent de la persistance de la tradition athénienne et le rattachent aux grands sarcophages athéniens, tels que le sarcophage d'Alexandre et le sarcophage des Pleureuses[3]. Ces prototypes athéniens reprenaient les proportions du temple de l'Érechthéion à Athènes (22,507 x 11,634 m)[4].

Le sarcophage de Sidamara, comme le sarcophage de Silifke, seraient dérivés d'un original athénien commun sculpté peut-être à la fin du IVe siècle av. J.-C.[2]. Leur provenance commune en Lycaonie méridionale et en Cilicie suggère qu'ils pourraient avoir été sculptés en Cilicie, peut-être à Tarse, tout en conservant la tradition athénienne[2].

Iconographie

Relief principal : La Triade spartiate et le poète

Le relief principal est centré sur le culte des Dioscures (Castor et Pollux) et leur sœur Hélène, considérés comme les « saints patrons des morts ». Au centre, un poète/philosophe est assis, écoutant la lecture d'un rouleau de manuscrit. Ce poète assis pourrait avoir été inspiré par la statue de Ménandre à Athènes[5].

La femme voilée, identifiée à Hélène, se tient face à l'homme assis. Sa présence auprès d'un poète est appropriée dans la tradition selon laquelle Hélène serait apparue devant Homère pour lui ordonner d'écrire l'histoire de Troie[6].

De part et d’autre de la face avant se tiennent les Dioscures, Castor et Pollux. Ces héros tiennent les brides des chevaux. Les Dioscures étaient les protecteurs des poètes. Derrière eux se tient une autre figure féminine, vêtue en Artémis, la déesse de la chasse étroitement associée à la triade spartiate[6].

Scènes de chasse et d'offrande

L'équilibre des sujets de la frise principale est divisé : un côté long et un côté court représentent des personnages au repos (le groupe des poètes), tandis que l'autre côté long et le côté court sont ornés d'une scène de chasse. Cette scène de chasse est liée aux Dioscures, célèbres chasseurs qui participèrent à la chasse au sanglier de Calydon[7]. La juxtaposition du lion et du cerf apparaît dans cette scène[7].

Le portail du tombeau

Deux personnages encadrent un portail où est disposée une table d'offrandes. La femme voilée, identifiée à Hélène, tient une patère et offre des fruits funéraires, notamment des raisins et des grenades, qui revêtaient une importance particulière dans le culte des morts à Sparte. L'homme barbu est à nouveau le poète, muni d'un rotulus, une longue et étroite bande de papier à écrire[7].

Le portail symbolise l'entrée d'un temple-tombeau, et la scène présente la tradition selon laquelle Hélène a élevé ses frères de la mort à la divinité[8].

Frises et couverture

Le couvercle du sarcophage-lit présente les figures allongées du défunt (le propriétaire et son épouse). La figure masculine allongée tient un rotulus, suggérant que le défunt était poète[9]. Les petites frises de la base et du couvercle illustrent d'autres chapitres du thème des Dioscures, notamment des scènes de combat et de chasse. Ces scènes mettent en scène des putti et des Érotes luttant contre des prédateurs. On y trouve également des scènes de boxe, faisant allusion à la renommée de Pollux comme boxeur. Une course de chars apparaît aussi, évoquant l'excellence de Castor avec les chevaux[10].

Tête d'Éros

Lors de la découverte du sarcophage, celui-ci portait encore la tête d'Éros, qui fut retirée et emportée à Londres. Charles Wilson la prêta au Victoria and Albert Museum, et en 1933, sa fille, Marion Olivia Wilson, en fit don en mémoire de son père[1]. En 1934, le gouvernement britannique autorisa le Victoria and Albert Museum à restituer la tête originale à la Turquie. Le musée envisagea de l'échanger contre une pièce de marbre byzantin, mais son directeur, Eric Maclagan, souligna que cette proposition risquait de susciter des débats plus larges, notamment concernant les marbres d'Elgin. Finalement, le musée n'envoya qu'une réplique en plâtre, installée sur le sarcophage du Musée archéologique d'Istanbul[1]. Récemment, une collaboration entre le ministère turc de la Culture et du Tourisme et le V&A a permis que la tête originale soit restituée à la Turquie sous forme de prêt, ce qui lui a permis d'être réunie au sarcophage en juin 2020[1].

Voir aussi

Références

Bibliographie

Related Articles

Wikiwand AI