Sayyid Akbar
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Babrak Khan (en) |
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Sayyid Akbar[note 1], né en 1921 ou 1922 à Khost et mort le à Rawalpindi, est un individu afghan ayant perpétré l’assassinat de Liaquat Ali Khan, alors Premier ministre du Pakistan. L’événement se déroule le 16 octobre 1951, à Rawalpindi, dans l’enclos de Company Bagh, au cours d’une réunion publique rassemblant environ cent mille participants. S’approchant à distance extrêmement réduite du dirigeant, le meurtrier décharge deux projectiles d’arme à feu en direction du thorax de ce dernier, lui infligeant des blessures mortelles.
Originaire de Khost, en Afghnaistan, Akbar est le fils du potentat pachtoune Babrak Khan. Son parcours s'inscrit initialement dans la sédition tribale qui agite les confins afghans entre 1944 et 1947. Engagé dans une lutte armée contre les autorités de Kaboul et l’administration de l’Empire des Indes, il est contraint à l'exil. Il trouve alors refuge au sein de la province de la Frontière-du-Nord-Ouest, circonscription de l'Inde britannique dont l'intégrité territoriale échoit ultérieurement au Pakistan lors de la scission de 1947.
Consécutivement au régicide de Liaquat Ali Khan par Said Akbar, les forces de l’ordre procèdent à l’exécution immédiate du régicide. Cette élimination instantanée occulte les mobiles de l'acte, laissant le champ libre à des conjectures antinomiques. Une fraction de l'opinion publique pakistanaise impute ce forfait à une officine de l’Union soviétique ; cette thèse s'étaye sur le réalignement diplomatique de Rawalpindi vers le bloc occidental, au détriment de l'influence moscovite. À l'opposé, une autre tradition historiographique privilégie l’hypothèse d’un irrédentisme pachtoune, assimilant l’assassin à un zélateur de la cause du Pashtounistan.
Assassinat de Liaquat Ali Khan
Sayyid Akbar naît vraisemblablement en 1921 ou 1922 à Khost, localité située dans la province méridionale de l’Afghanistan[1]. Il est le fils de Babrak Khan, chef de la confédération tribale des Zadrânes[2]. À la mort de ce dernier, l’aîné de la fratrie, Mazrak, recueille la succession[3]. Durant le soulèvement des tribus de 1944 à 1947, Mazrak mène une opposition armée contre le pouvoir afghan[3], en faveur du rétablissement sur le trône du souverain Amanullah Khan. Sayyid Akbar prend part à cette insurrection et combat aux côtés de son frère[4].
Le 16 octobre 1951[1], Sayyid Akbar Khan fait feu à deux reprises sur le Premier ministre pakistanais, Liaquat Ali Khan, alors que celui-ci se trouve dans un parc public de Rawalpindi, localité de la province du Pendjab. Abattu séance tenante par les forces de l’ordre, l’agresseur succombe dans l’instant. Transporté par urgence au service de nosocomies, le chef du gouvernement expire peu après une opération transfusionnelle[5].
Motifs
Les ressorts de cet acte criminel perpétré par Akbar demeurent, à ce jour, non élucidés. L’auteur présumé des faits, appréhendé par les forces de l’ordre peu après son agression contre Khan, a été neutralisé par arme à feu avant que sa motivation n’ait pu être établie.
L'indigence des éléments probants favorise l'éclosion de multiples thèses conspirationnistes relatives à l'assassinat de Liaquat Ali Khan[2]. L'historiographie officieuse prête fréquemment ce régicide à l'instigation de puissances exogènes. Une fraction de l'opinion publique pakistanaise subodore une instrumentalisation de Said Akbar par les services de l'Union soviétique ; cet acte viserait à évincer un dirigeant dont la politique étrangère, en pleine guerre froide, consacre l'ancrage du Pakistan dans la sphère d'influence américaine. À l'inverse, d'autres conjectures imputent l'organisation du crime aux États-Unis[5]. Cet événement survient sept mois après l'échec de la sédition de Rawalpindi, tentative de putsch militaire dirigée contre Khan et l'ordre constitutionnel.
Les autorités afghanes dénient catégoriquement toute part prise dans l’exécution de Khan, alléguant qu’Akbar a œuvré en stricte initiative personnelle[2].
Au cours d’un entretien accordé en 1972, Mazrak Zadran, frère cadet d’Akbar Zadran, conteste formellement l’imputation de l’assassinat du chef du gouvernement à son aîné[6].
Famille
Sayyid, personnage dont le patronyme n’est pas précisé[2], engendre deux fils[4] : Dilawar Khan et Farooq Babrakzai. Ce dernier fait paraître, en 2025, un ouvrage intitulé L'assassinat de Liaquat Ali Khan, dans lequel il conteste la thèse officielle diffusée par les autorités pakistanaises[2]. L’épouse de Sayyid, dénommée Musammat Malmal Bibi, complète cette cellule familiale[2].