Sd.Kfz. 251

transport de troupes blindé allemand From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Sonderkraftfahrzeug 251 ou Sd.Kfz 251 (en français : « véhicule spécial à moteur no 251 ») est un véhicule blindé semi-chenillé allemand de la Seconde Guerre mondiale. Il a été fabriqué de 1939 à 1945.

Unités produites15 252
Équipage12 (les données qui suivent sont celles de l'Ausf C)
Longueur5,80 m; 5,98 m pour l'Ausf D
Largeur2,10 m
Faits en bref Unités produites, Caractéristiques générales ...
SdKfz 251
Image illustrative de l’article Sd.Kfz. 251
SdKfz 251 avec son groupe embarqué.
Unités produites 15 252
Caractéristiques générales
Équipage 12 (les données qui suivent sont celles de l'Ausf C)
Longueur 5,80 m; 5,98 m pour l'Ausf D
Largeur 2,10 m
Hauteur 1,85 m; 1,75 m pour l'Ausf D
Masse au combat 7,80 tonnes ; 8 tonnes pour l'Ausf D
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage 14,5 mm en frontal, 8 mm en latéral et arrière ; 15 mm en frontal pour l'Ausf D
Armement
Armement principal varie (voir texte)
Armement secondaire varie (voir texte)
Mobilité
Moteur un Maybach HL 42 6 cylindres
Puissance 100 ch (74,6 kW)
Suspension Half-track
Vitesse sur route Maximal

Sd.Kfz. 251 Ausf. A, B, C : 50 km/h Sd.Kfz. 251 Ausf. D : 52,5 km/h

Sur route : 30 km/h

Vitesse tout terrain 10 km/h
Pente franchissable Sd.Kfz. 251 Ausf. A, B, C : 20°
Sd.Kfz. 251 Ausf. D : 24°
Puissance massique Sd.Kfz. 251 Ausf. A, B, C : 11,8 ch/tonne
Sd.Kfz. 251 Ausf. D : 11,7 ch/tonne
Autonomie 300 km sur route
Autonomie tout terrain 150 km
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Son appellation courante dans l'armée de terre allemande est SPW[A 1] (pour Schützenpanzerwagen, c'est-à-dire Véhicule blindé d'infanterie). Son autre appellation officielle, MTW (pour Mannschaftstransportwagen  véhicule de transport de troupes) est moins usitée[1].

Au sein des divisions blindées, de l'armée de terre (Heer), des Waffen SS et de la Luftwaffe, il équipe les fantassins (appelés initialement Schützen puis, à partir de 1942, Panzergrenadiere), ainsi que certaines unités spécialisées (génie d'assaut, artillerie, communications, etc.). Il est complété par le Sd.Kfz. 250 ou le.SPW (le pour leichter, « léger »), de forme comparable mais de taille et de capacité plus réduites. Ce dernier équipe surtout les unités de reconnaissance.

Produit en quatre versions successives, référencées de A à D, le Sd.Kfz. 251 est décliné en 22 variantes portant différents équipements et armements.

Alors que l'infanterie motorisée des autres pays se déplace en véhicule mais combat à pied, les panzergrenadiers qui sont dotés de SPW peuvent combattre sans débarquer, avec une meilleure mobilité et en bénéficiant d'une meilleure protection. En cela, ils sont les précurseurs de l'infanterie mécanisée moderne. Mais la production totale du SPW atteint à peine 15 000 exemplaires[2],[A 2] et la majorité des panzergrenadiers restent équipés de camions.

Historique

Le général Heinz Guderian dans son Sd.Kfz. 251/6 de communication et de commandement - France, 1940.
SdKfz 251/10 avec canon de calibre 37 mm (au centre).
Sd.Kfz. 251 (SPW) sur le Front de l'Est

L’idée initiale qui mène au 251 est de disposer d’un véhicule capable de suivre les Panzer sur tous les terrains en transportant un groupe de combat[A 3] d’infanterie protégé des tirs d'armes légères et des éclats d'obus.

Le premier prototype, qui reprend certains composants mécaniques du Sd.Kfz. 11[2], voit le jour en 1938. Il reçoit un blindage de 8 mm d'épaisseur, sauf pour l'avant (14,5 mm) et le capot (10 mm) ; le plancher de 5,5 mm reste cependant insuffisant pour résister à une mine. De plus, l’absence de toit rend l'engin vulnérable aux tirs de l'aviation, aux jets de grenades et aux projectiles de mortiers.

La construction en série commence début 1939 et les premiers engins sont attribués à la 1re Panzerdivision[3].

La première version, (Ausführung A - abrégé en Ausf. A), fabriquée en petit série début 1939, est dotée d'un moteur Maybach HL 38 TRKM. Elle est remplacée par la version B  quasi identique  la même année. La version C apparaît au printemps 1941, dotée d'un moteur Maybach HL 42 TRKM plus fiable. Elle est construite en plus grand nombre, mais reste toujours complexe à assembler, notamment en raison de ses nombreuses plaques de blindage inclinées, qui assurent une meilleure protection contre les tirs d’armes légères. La version D apparaît courant 1943 : les lignes de la caisse sont épurées au maximum, les soudures sont réduites de 50 %, le blindage du compartiment moteur s'épaissit légèrement. Ce modèle est facilement identifiable, grâce entre autres à son arrière droit incliné et à la présence de compartiments de stockage sur toute la longueur des flancs du compartiment de combat.

La production des premières versions (modèles A, B et C) est de 4 650 exemplaires seulement. Avec la version finale (Ausf. D), produite à 10 500 exemplaires, la production totale atteint environ 15 000 exemplaires[2] assemblés par Hanomag, Adlerwerke, Horch (Auto-Union), Škoda et Borgward[2] mais reste insuffisante par rapport aux besoins et l'Allemagne ne pourra généralement équiper qu'un seul bataillon de Panzergrenadiers sur quatre [A 4] dans chaque Panzerdivision[4]. Les autres bataillons sont portés sur camions.

Après guerre, la Tchécoslovaquie fabrique sa propre version du SPW, sous le nom de OT-810. Elle est pourvue d'un nouveau moteur, et comporte plusieurs modifications, dont la possibilité d'adapter un toit amovible au-dessus du compartiment de combat[5].

Principales caractéristiques

Malgré ses défauts, le 251 s’avère efficace et bien adapté aux exigences des combats.

Le modèle de base est équipé d'une ou deux mitrailleuses MG 34 avec les caisses type A, B et C, ou MG 42 pour l'Ausf D. La première mitrailleuse est généralement montée à l’avant du compartiment ouvert, au-dessus et derrière le conducteur. La seconde, quand elle est présente, est montée sur l’arrière de la caisse.

Le train de roulement, complexe, nécessite un entretien régulier et, avec ses galets entrelacés, il est sensible aux accumulations de pierres, de débris ou de glace. Chaque maillon des chenilles est recouvert d'un patin caoutchouté et les maillons dont reliés entre eux par des axes dotés de points de lubrification individuels[6].

La direction est également sophistiquée : pour effectuer un virage modéré, le conducteur utilise seulement le volant mais, pour les virages plus serrés (au-delà de 15°), un système de freinage sur l'une des chenilles vient compléter l'action du volant[7].

Bien que conçu pour manœuvrer en tout-terrain, le véhicule est handicapé par ses roues avant non motrices, qui constituent de plus un point faible. Il est donc envisagé de remplacer le SPW, par un engin entièrement chenillé, identifié sous le nom de code de Kätzchen. Toutefois, ce développement ne dépassera pas le stade des prototypes[8].

Variantes

On recense au moins 22 variantes officielles de ce véhicule, sans compter les transformations et aménagements effectués sur le terrain par les troupes.

  • Sd.Kfz. 251/1 – Transport d'infanterie blindé standard.

À la fin du conflit, quelques modèles sont dotés d'un équipement de vision nocturne FG 1250. Ils sont surnommés « Falke » (Faucon).

  • Sd.Kfz. 251/1 Wurfrahmen 40 - Cette deuxième version du Sd.Kfz. 251/1 est un véhicule lance-roquettes, équipé de six casiers latéraux en bois (appelés « Wurfrahmen 40 »), portant des roquettes explosives « Sprengranate » de 280 mm, ou des « Flammgranate » incendiaires de 320 mm. Le compartiment de combat du véhicule est dévolu au transport de projectiles supplémentaires. L'équipage normal de cette version est de trois hommes.
  • Sd.Kfz. 251/2 – Transporteur de mortier de 81 mm
  • Sd.Kfz. 251/3 – Véhicule de communication avec équipement radio supplémentaire pour les besoins du commandement
    • Sd.Kfz. 251/3 I avec radios FUG8 et FUG5
    • Sd.Kfz. 251/3 II avec radios FUG8 et FUG5
    • Sd.Kfz. 251/3 III avec radios FUG7 et FUG1
    • Sd.Kfz. 251/3 IV avec radios FUG11 et FUG12 (pourvu d’une antenne télescopique de m)
    • Sd.Kfz. 251/3 V avec radio FUG11
  • Sd.Kfz. 251/4 – Tracteur d'artillerie. Utilisé pour tracter des canons légers ou moyens tels les PaK 38 de 50 mm ; PaK 40 de 75 mm ; leFH 18 de 105 mm ...
  • Sd.Kfz. 251/5 – Véhicule d’assaut du génie avec bateaux gonflables et pontons
  • Sd.Kfz. 251/6 – Véhicule de commandement (connu sous le nom de Kommandopanzerwagen) équipé de tables à cartes et de matériel de chiffrement
  • Sd.Kfz. 251/7Pionierpanzerwagen. Autre véhicule d’assaut du génie équipé pour transporter des pontons sur ses flancs
  • Sd.Kfz. 251/8 – Ambulance blindée
  • Sd.Kfz. 251/9 – Véhicule armé d’un canon KwK 37 L/24 (surnommé "Stummel" (mégot) à cause de son tube court)
  • Sd.Kfz. 251/10 – Véhicule armé d’un canon anti-char PaK 36 de 37 mm
  • Sd.Kfz. 251/11 – Véhicule destiné à la pose de lignes téléphoniques
  • Sd.Kfz. 251/12, 13, 14 – Véhicules spécialisés destinés à l’artillerie
  • Sd.Kfz. 251/15 - Repérage visuel et localisation des coups de départ de l'artillerie ennemie
  • Sd.Kfz. 251/16« Flammenpanzerwagen ». Équipé de deux lance-flammes et initialement d’un autre lance-flammes placé à l’arrière, détachable mais néanmoins connecté au véhicule, destiné à être utilisé par l’infanterie débarquée. Cet équipement s’ajoute à la mitrailleuse MG34 standard.
  • Sd.Kfz. 251/17 – Véhicule de lutte antiaérienne pourvu d’un canon de Flak 30 ou Flak 38 de 20 mm
  • Sd.Kfz. 251/18 – Véhicule d’observation d’artillerie
  • Sd.Kfz. 251/19 – Central téléphonique
  • Sd.Kfz. 251/20 – Véhicule porteur d'un projecteur infrarouge pour l'observation de nuit.
  • Sd.Kfz. 251/21« Flakdrilling ». Véhicule équipé de canons MG151 triples ; les premières versions sont dotées de canons MG 151/15 de 15 mm, plus tard remplacés par des MG 151/20 de 20 mm de la Luftwaffe. Le « Flakdrilling » peut être utilisé contre des cibles aériennes aussi bien que terrestres.
  • Sd.Kfz. 251/22 – Véhicule équipé d’un canon anti-char PaK 40 de 75 mm
  • OT-810 – Version produite en Tchécoslovaquie par les entreprises Praga et Tatra. Cette version dispose d’un moteur diesel refroidi par air ; un toit blindé amovible recouvre le véhicule. Il peut être remplacé par un treillis métallique recouvert par une bâche ; la superstructure du véhicule diffère dans ses formes du Sd.Kfz. 251 original[5].

Le Sd.Kfz. 251 au combat

Au combat, la division blindée constitue généralement un Kampfgruppe blindé, appelé parfois Panzergruppe[A 5] regroupant chars (ou canons d'assaut), semi-chenillés SPW et canons automoteurs. C'est une structure semi-permanente qui forme le fer de lance de la division lors d'une offensive ou d'une contre-offensive[9].

Les Panzergrenadiere restent le plus possible dans leurs véhicules pour profiter de leur mobilité et de leur protection[10]. Mais ils débarquent dès que le contexte  ou l'environnement  le nécessite (combat de nuit, en ville, etc.)[11].

Le tableau ci-dessous illustre la dotation d'une compagnie de Panzergrenadiere dans un bataillon mécanisé (sur SPW) d'une Panzerdivision en 1943. Pour mémoire, en 1943 et 1944, un bataillon de Panzergrenadiere est composé de trois compagnies d'infanterie identiques à celle représentée dans le tableau et d'une compagnie "lourde" équipée d'armes d'appui supplémentaires (mitrailleuses lourdes, canons, mortiers, etc.).

Panzer III et SPW d'un Panzergruppe en Russie
SdKfz 151/16 équipé de lance-flamme
SdKfz 251/9 avec canon de 75 mm
SdKfz 251 équipé de lance-roquettes
Davantage d’informations Type, Qté ...
Dotation d'une compagnie mécanisée de Panzergrenadiers
de l'armée de terre (Heer) en 1943 [12]
Type Qté Commentaires
Kubelwagen 1 équivalent de la jeep
moto 350 cm3 avec side car 2
Kettenkrad 4 moto-chenille
SdKfz 251/3 (radio) 1 commandement
SdKfz 251/17 canon Flak 20 mm 4 DCA
SdKfz 251/1 personnel 9 3 véhicules par section
SdKfz 251/10 canon 37 mm 1
SdKfz 251/2 Mortier 80 mm 2
SdKfz 251/9 canon 75 mm court 2
Total SdKfz 251 19
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Le Sd.Kfz. 251, dans ses différentes variantes, sert également de poste de commandement ou de transmissions, de relais de communications, de tracteur d'artillerie, de véhicule de combat du génie (Panzer-Pioneere) et de véhicule de défense anti-aérienne (Flak) ou antichar. En 1943, la dotation théorique totale d'une division blindée comptant un seul bataillon mécanisé est de 233 engins, toutes variantes confondues. Elle augmente légèrement en 1944 pour passer à 245[A 6] mais elle s'effondre en 1945 et devient inférieure à la centaine[13],[A 7].

Le SPW équipe également les Panzergrenadiere dans les brigades blindées qui sont créées en 1944 mais qui sont rapidement dissoutes ou absorbées dans les divisions blindées[14].

Comparaison avec le Half-track M3 américain

Les deux engins sont sensiblement comparables mais les deux forces armées n'en font pas strictement la même usage puisque le combat embarqué n'est pas préconisé  est reste donc très exceptionnel  chez les Américains[15].

Les évaluations et comparaisons de matériels capturés faites par les belligérants ne sont pas unanimes, notamment concernant les performances en terrain accidenté, mais, en général, le SPW, plus petit, plus léger mais moins puissant et moins spacieux que son concurrent américain, est considéré comme légèrement mieux protégé. Il est par contre beaucoup plus complexe à entretenir à cause de son train de roulement sophistiqué[7],[16].

Utilisateurs

  • Allemagne nazie
    • Heer (Armée de terre)
    • Waffen SS
    • Luftwaffe (division Hermann Göring)
  • Roumanie
  • Croatie
  • Tchécoslovaquie - Ausf. D puis version dérivée OT-810 développée et fabriquée localement[5].

Notes et références

Voir aussi

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