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Sechséchet Ire

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Sechséchet Ire est la mère du pharaon Téti et à ce titre devient une reine de la VIe dynastie égyptienne lors de l'accession au trône de son fils.

TranscriptionSš-sš.t
PériodeAncien Empire
DynastieVIe dynastie
PèreIynéfert (?)
Faits en bref Nom en hiéroglyphe, Transcription ...
Sechséchet Ire
Nom en hiéroglyphe
z
S
z
S
t
Transcription Sš-sš.t
Période Ancien Empire
Dynastie VIe dynastie
Famille
Père Iynéfert (?)
Mère Mérytitès (?)
Conjoint Shepespouptah (?)
Enfant(s) ♂ Téti
♀ Sechséchet (?)
Fratrie ♂ Tjenti (?)
♂ Qai-Iouf (?)
♂ Iynéfert (?)
♀ Nebet (?)
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Attestations

La reine est attestée par plusieurs documents :

  • le papyrus Ebers, rédigé sous le règne d'Amenhotep Ier, est un papyrus médical, qui mentionne que parmi ses remèdes, l'un avait été fait « pour faire pousser les cheveux, préparé jadis pour la reine Sheché, mère de la majesté du roi Téti, juste de voix »[1],
  • le mastaba du vizir Mehou, qui mentionne, parmi quarante domaines dont les revenus lui avaient été attribués, deux au nom de la reine Sechséchet Ire : « La libation de la mère royale Sechséchet » et « Le vin de la mère royale Sechséchet » ; deux autres étaient au nom de l'iry-pat Shepespouptah[2],
  • des blocs d'un complexe funéraire de la reine, construit par son fils Téti et démantelé sous celui de son petit-fils Pépi Ier ; les blocs ont été retrouvés en remploi dans le temple funéraire de ce dernier ; elle porte sur ces blocs le titre de mout nésout-bity, forme inhabituelle du titre mout nésout, c'est-à-dire « mère du roi »[3] ; elle porte également sur l'un des blocs le titre de mout netjer, c'est-à-dire « mère du dieu », dont il s'agit de la première attestation connue dans l'histoire égyptienne[4],
  • un bloc découvert dans le temple funéraire de Téti ; elle porte le titre de « fille du dieu »[5],
  • les annales royales de la VIe dynastie, inscrites sur la pierre de Saqqarah Sud ; il est précisé sur cette pierre qu'elle est la mère de Téti[6],[7].

Généalogie

Les données indiquent clairement qu'elle était la mère du roi Téti, premier de la VIe dynastie. Elle n'était cependant pas l'épouse d'Ounas, dernier roi de la Ve dynastie, même si cette hypothèse a déjà été émise par certains chercheurs, notamment Wilfried Seipel et Peter Jánosi (ils basaient leur hypothèse sur la présence de noms de domaine au nom du roi Ounas dans la tombe de Mehou)[8]. Les autres éléments entourant cette reine restent conjecturaux[9].

Origines

Une hypothèse, proposée par Hartwig Altenmüller, faisait de cette dame l'épouse de Shepespouptah, également mentionné dans les noms de domaines de la tombe de Mehou ; les deux noms de domaines de Shepespouptah se basent sur deux de ceux d'Ounas, montrant un lien entre les deux personnages, sans pour autant que Shepespouptah ne soit un fils de ce dernier. Altenmüller faisait de Shepespouptah l'époux de Sechséchet[10],[11].

Selon Michel Baud, Shepespouptah serait identique au fils royal Ptah-Shepses, dont le sarcophage a été retrouvé dans le temple de la vallée d'Ounas dans le cadre d'une réinhumation. La localisation de ce sarcophage pourrait faire de ce prince un fils d'Ounas, voire même un prince héritier, car la ceinture en or retrouvée dans le sarcophage était décorée d'un personnage assis portant l'uræus royal et protégé d'un faucon. Baud en déduit que Shepespouptah serait un fils d'Ounas. Baud ne va cependant pas plus loin dans un potentiel lien généalogique entre Sechséchet et Téti d'une part, et Ounas et Shepespouptah d'autre part[10],[12].

Selon Juan Carlos Moreno-Garcia, le prince Ptah-Shepses et l'iry-pat Shepespouptah seraient deux personnages différents[13]. De plus, il ajoute que Mehou, dont le nom signifie « Celui du Nord », serait originaire du delta, plus précisément, de la région de Mendès, car un certain nombre de serviteurs représentés dans son mastaba ont des noms théophores basés sur le dieu tutélaire de la ville, Ba[14], et les domaines énumérés dans sa tombe sont principalement situés dans le nome de Mendès et les nomes voisins[15]. Il ajoute enfin que l'autre Shepespouptah — qui a laissé une dédicace à l'entrée du mastaba pour indiquer qu'il avait fait ce monument pour Méhou et qu'il identifie à l'époux de Sechséchet surnommée Shechti, fille de Téti —, le Shepespouptah des domaines, Sechséchet et Mehou lui-même seraient tous liés familialement. Il suppose que Sechséchet était une simple épouse secondaire d'Ounas, tandis que Mehou est quant à lui marié à Néfertkaous Ikou, fille d'Ounas. Cette hypothèse fait donc de la famille de Mehou une famille très liée au pouvoir royal par des liens familiaux[14]. Thierry Stasser réfute cependant totalement l'hypothèse de faire de Sechséchet une épouse secondaire d'Ounas, car elle aurait porté le titre d'« épouse » royale associés à ce rang[14]. Il admet cependant que Sechséchet était peut-être originaire de la région de Mendès[16].

Naguib Kanawati proposa quant à lui l'hypothèse suivante : un prêtre du culte funéraire de Mykérinos, enterré à Gizeh et nommé Iynéfert, a représenté sa famille dans sa tombe, à savoir son épouse Mérytitès, ses fils Tjenti, Qai-Iouf et Iynéfert, et ses filles Nebet et Sechséchet. Il est à noter que ce nom de Sechséchet est très rare ; ainsi, Kanawati propose que cette Nebet était identique à la reine d'Ounas. Il ajoute que l'un des vizirs du roi se nommait Iynéfert, qu'il faudrait identifier au fils homonyme du prêtre funéraire ; enfin, un autre vizir nommé Tjenti, ayant eu cette charge à la toute fin du règne d'Ounas, ou au début de celui de Téti, serait à identifier au fils homonyme du prêtre funéraire. Il propose également que Sechséchet aurait épousé le prince Shepespouptah, identique au fils royal Ptah-Shepses, qu'il considère comme le frère, et non le fils, d'Ounas. Cette hypothèse fait ainsi de Sechséchet la belle-sœur du roi, et de Téti le neveu du roi. Si Thierry Stasser trouve séduisants plusieurs éléments de cette hypothèse, il souligne que le fils royal Ptah-Shepses semble avoir été un fils héritier ; il semblerait donc étrange que Sechséchet ait épousé un fils héritier, aîné d'Ounas, mais qui aurait été réenterré dans le cimetière de ce dernier[17].

Thierry Stasser retient quant à lui les éléments suivants[18] :

  • Sechséchet était sans doute originaire du delta, ce qui explique les domaines à son nom dans cette région,
  • elle était apparentée à Mehou, qui épousa une fille d'Ounas,
  • si les identifications de Kanawati avec la famille du prêtre funéraire Iynéfert sont exactes, elle était une sœur de la reine Nebet, de deux vizirs et la belle-sœur du roi Ounas,
  • elle n'était ni fille royale, ni épouse royale.

Pour Yannis Gourdon, Ptah-Shepses et Shepespouptah ne peuvent être identiques, car Shepespouptah ne porte aucun titre royal, et ces deux sont deux formations onomastiques bien distinctes qui n'alternent jamais pour un même individu[19]. Cependant, rien ne vient contredire une union entre Shepespouptah et Sechséchet, ce qui ferait de ce Shepespouptah le père de Téti[20]. De plus, il trouve séduisant l'hypothèse de Naguib Kanawati, qui ferait de Téti le neveu de la reine Nebet, et donc le neveu par alliance du roi Ounas[20].

Enfants

Sechséchet était sans aucun doute la mère du roi Téti. Sechséchet joua probablement un rôle très important pour son fils ; ce dernier donna en tout cas le nom de Sechséchet à l'ensemble de ses filles[21].

Un bloc retrouvé dans le temple funéraire de Téti mentionne ...Ḥr ḥm.t nṯr Ṯȝjssp=f Sš-sš.t ; le premier titre, ...Ḥr, est probablement la deuxième partie du titre tjs.t Ḥr ou du titre smr.t Ḥr, deux titres d'épouse royale ; quant au titre nṯr Ṯȝjssp=f, il s'agit d'un titre de prêtrise souvent porté par des reines également filles royales[22],[23]. Thierry Stasser suppose que cette reine nommée Sechséchet pourrait également être la propre sœur de Téti[24].

Sépulture

Une pyramide découverte sur le site de Saqqarah en par Zahi Hawass, directeur des Antiquités Égyptiennes, lui avait été attribuée. Les preuves archéologiques de cette hypothèse faisaient cependant encore défaut : en effet, faute de documents écrits, il était impossible de confirmer avec certitude qu'il s'agissait de la sépulture de la reine mère[25],[26]. Ainsi, Vivienne Gae Callender supposait quant à elle que la pyramide devait être celle d'une épouse de Téti, peut-être une obscure reine Sechséchet dont le nom avait par ailleurs été découvert dans le temple funéraire de Téti[27]. Cependant, après avoir complété les fouilles du temple funéraire de la petite pyramide, il s'est avéré qu'elle appartenait à une reine inconnue du nom de Neith[note 1],[28],[29].

Un monument funéraire inscrit au nom de la reine et construit sous le règne de Téti a été détruit sous le règne de son petit-fils Pépi Ier ; en effet, des blocs provenant de ce monument ont été retrouvés en remploi dans le temple funéraire de Pépi Ier[30]. Ainsi, Téti avait bien construit un monument pour sa mère, mais la destruction de celui-ci ne permet pas de savoir où est-ce qu'il se trouvait (probablement dans la nécropole de Téti) et à quoi il ressemblait[31]. Les raisons de cette destruction par Pépi Ier restent discutées, mais il est possible que la reine ait, d'une manière ou d'une autre, favorisé un prétendant à la succession de Téti différent de Pépi Ier, peut-être en la personne de l'obscur Ouserkarê[note 2], et que Pépi en aurait voulu à sa grand-mère[32].

Notes et références

Bibliographie

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