Secondo Lancellotti

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Décès
Nom de naissance
Vincenzo LancellottiVoir et modifier les données sur Wikidata
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Secondo Lancellotti
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Secondo Lancellotti (né à Pérouse le et mort à Paris le ) est un moine olivétain et érudit italien, l'une des figures du début de la querelle des Anciens et des Modernes.

Secondo Lancellotti nait le , à Pérouse. Il entre en 1594 dans la Congrégation du Mont-Olivet[1]. Il étudie les lettres et la théologie à l'abbaye de Monte Morcino. Parmi ses professeurs figure Marco Antonio Bonciari, un lettré qui correspondait, entre autres, avec Cesare Baronio. En 1611, il quitte l'ordre et commence une vie d'errance à travers l'Italie[2].

Lancellotti mena une vie tourmentée, et exprima des opinions iconoclastes qui suscitèrent un débat dans toute l'Italie[1]. En 1623, il publie son œuvre principale, L'hoggidì, overo il mondo non peggiore né più calamitoso del passato, dédiée au pape Urbain VIII. Le titre du livre fait référence à une pratique contemporaine que Lancellotti déplore, celle de critiquer le présent (« oggidì ») comme étant inférieur à l'Antiquité classique[1].

Lancellotti est un fervent défenseur de la modernité. À l'instar de Paolo Beni et Alessandro Tassoni, il ne rejette pas d'emblée les anciens, mais évalue les mérites relatifs des anciens et des modernes et parvient à la conclusion que les réalisations italiennes modernes dans les domaines des sciences humaines et des sciences exactes surpassent celles du passé, marquant ainsi la fin du projet humaniste qui avait débuté au XIVe siècle[2]. L'ouvrage a été salué par George Hakewill (en) et est considéré comme l'un des points de départ de la querelle des anciens et des modernes[3][4].

Lancellotti s'installe à Rome à la fin des années 1620, où il devient membre de l'Accademia degli Umoristi.[2] En 1636, il renouvelle sa thèse moderniste avec I farfalloni degli antichi historici notati. Son ouvrage sur la faillibilité de la sagesse humaine, Chi l'indovina è savio, est publié en 1640[1]. À Rome, il se lie avec Gabriel Naudé, qui le persuade de le suivre à Paris, où il aurait, dans le cardinal Mazarin, un protecteur. L'espoir que le cardinal se chargerait de l'impression d'un auquel il travaillait, lui fait accepter la proposition de Naudé ; mais, peu de temps après son arrivée à Paris, il tomba malade et mourut le , âgé de 59 ans[5].

Posterité

Naudé a dédie un poème en distiques à sa mémoire :

« Hetrusco solitus ; Gallis mirantibus, ore
Eloquii sacras pandere divitias
Et lepidos doctus libros componere, nostris
Deteriora quibus tempora prisca facis.
Denique Romanus quae doctior orbis habebat,
In loculos satagens verba referre novos.
Obscura, Lanslotte jaces quaerendus in urna ;
Te subito postquam mors fera sic rapuit.
Sed Latine mixtaeque simul pia carmina Musae
Gallorum recitant, munera ad inferias.
Et tua venturis transmittet nomina seclis
Cultior ingenio facta Minerva tuo. »

Publications

  • Historiae Olivetanae libri duo, Venise, 1623, in-4°. Il dit dans la préface qu'il hésita quelque temps s'il écrirait cette histoire en latin ou en italien, et qu'il fut aidé dans ce travail par Octave Lancelloti, son frère, religieux dans le même couvent et professeur d'éloquence. Le premier livre contient l'histoire générale de la congrégation depuis l'an 1319, époque de son établissement, jusqu'en 1618 ; et le second celle des différents monastères. On y trouve quelques faits curieux et des anecdotes littéraires.
  • Il vestir di bianco di alcuni religiosi, particolarmente Olivetani, Discorso accademico e devoto, Pérouse, 1628, in -4°.
  • Mercurius olivetanus sive dux itinerum per integram Italiam, ibid., 1028, 2 vol. in- 12. Ce Voyage d'Italie renferme plusieurs remarques intéressantes.
  • L'Hoggidì overo il mondo non peggiore ne più calamitoso del passato [L'Aujourd'hui, ou le Monde ni pire ni plus calamiteux que par le passé], Venise, 1613, in-4°. Cet ouvrage, dans lequel il soutient que les hommes n'ont jamais été ni meilleurs, ni plus méchants, aura un grand retentissement en Europe. Il le corrigea, et y ajouta une seconde partie, intitulée : L'Hoggidì overo gl'ingegni non inferiori a' passati, Venise, 1658, 2 vol. in-8° ; ibid., 1662. Il démontre que sous le rapport de l'esprit les modernes ne sont pas inférieurs aux anciens. Daniel de Rampalle traduisait pour Richelieu L'Hoggidì de Lancellotti (L'erreur combattue, Paris. Augustin Courbé, 1641)[6].
  • L'Orvietano per gli hoggidiani ; cioè per quelli che patiscono del male dell'hoggidianismo, ch'è il credere e però dolersi sempre, il mondo esser peggiore hoggidì, etc., Paris, 1641, in-8°. C'est une réponse ironique aux critiques qui avaient paru de l'ouvrage précédent.
  • Farfalloni de gli antichi historici, Venise, 1656 ; ibid., 1659, 1662 ; ib., 1677, in-8°, trad. en français par l'abbé Oliva, sous ce titre: Les Impostures de l'histoire ancienne et profane; nouvelle édition revue et corrigée pour le style, Paris, 1770, 2 vol. in-12. Cet ouvrage est rempli d'érudition.
  • Chi l'indovina è savio, overo La prudenza humana fallacissima, Venise, 1640; ibid., 1662 , 2 vol. in-8°. Il a laissé en manuscrit un grand nombre d'ouvrages, entre autres celui auquel il travaillait depuis plusieurs années avec une ardeur qui hâta sa mort ; il est intitulé : Acus nautica, et devait former vingt-deux volumes in-fol. Les auteurs du Dictionnaire historique assurent que cet opuscule fut imprimé avec quelques autres du même auteur. Lancelloti avait rédigé, sur sa vie et ses ouvrages, des Mémoires qui devaient être curieux. On trouvera la liste de ses autres manuscrits à la suite de son Éloge dans les Illustrium Virorum Elogia, par Giacomo Filippo Tomasini.

Bibliographie

Notes et références

Liens externes

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