Secteur fortifié du Jura
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Le secteur fortifié du Jura, puis secteur fortifié du Jura central, est une partie de la ligne Maginot, situé entre le secteur défensif de Montbéliard au nord-est et le secteur défensif du Rhône au sud-ouest. Il s'étend sur 180 km à proximité de la frontière avec la Suisse.
Il assure la liaison entre les fortifications du Nord-Est (essentiellement en Alsace-Lorraine) et celles du Sud-Est (dans les Alpes, le long de la frontière franco-suisse, entre Goumois et Mouthe (dans le Doubs). Les fortifications du secteur sont légères.
En comparaison de la probable invasion allemande par la Belgique, celle par la Suisse est considéré par la Commission d’Organisation des régions fortifiées comme de probabilité faible. C'est pourquoi le rideau défensif s'appuie sur six fortifications remaniées ou construites au XIX (le fort de Joux, le fort Catinat, le fort Malher, le fort de Saint-Antoine, le fort du Risoux et le fort des Rousses) et seulement 70 ouvrages d'infanterie et d'artillerie (blockhaus, casemates, cuves...) bâtis de 1938 à 1940[1].
D'abord sous commandement de la 7e région militaire (QG à Besançon[2]) jusqu'à la déclaration de guerre, le secteur se retrouve alors autonome, entre la 8e armée (en Haute-Alsace) et la 6e armée (dans les Alpes). Le est créé le « corps d'armée du Jura », qui devient le le 45e corps d'armée de forteresse, autonome jusqu'au (puis rattaché à la 8e armée), qui coiffe le secteur fortifié du Jura devenu le « secteur fortifié du Jura central »[3]. Les grandes unités de renforcement sont la 57e division d'infanterie (qui passe au 44e CAF le ) et la 63e division d'infanterie (toutes deux de réserve, série B).
Le secteur a comme unités organiques utilisées comme équipages des blockhaus et casemates ainsi que comme troupes d'intervalle après la mobilisation, les 1er BCP (bataillon de chasseurs des Pyrénées), 2e BCP et 6e BCP. Ces trois bataillons forment la 1re demi-brigade de chasseurs pyrénéens, soutenus par l'artillerie d'une partie du 170e régiment d'artillerie de position (deuxième groupe : dix canons de 75 mm modèle 1897, quatre 90 mm 1877 de Bange, huit 155 mm C 1915 Saint-Chamond, huit 155 mm C 1917 Schneider et six 155 mm L 1877 de Bange[4]).
Composants

Dans le but de prévenir une attaque allemande par la Suisse, quelques moyens ont été débloqués pour défendre les axes traversant le Doubs et le massif du Jura : les forts Séré de Rivières sont entretenus pour servir de plate-forme d'artillerie (forts contrôlant les accès à Pontarlier : de Joux, du Larmont et de Saint-Antoine), auxquels se rajoutent dès le temps de paix quelques blockhaus MOM, servant de postes de garde barrant un passage avec un dispositif de mine :
- barrage de La Goule (à Charmauvillers) ;
- ponts de Biaufond et de la Rasse (à Fournet-Blancheroche).
S'y rajoutent des blockhaus pour canon antichar de 47 mm :
- au Bief-Parou (commune de Goumois) ;
- à Villers-le-Lac, Les Fins et Pont-de-la-Roche (accès à Morteau) ;
- à La Cluse (accès à Pontarlier) ;
- à Labergement-Sainte-Marie et Remoray (sud du lac de Saint-Point).
Après la mobilisation de 1939, l'effort s'intensifie nettement avec l'édification de plusieurs casemates STG[5] formant des lignes de défense :
- ligne de Morteau, quatorze casemates prévus, quatre terminées en ;
- ligne au sud de Pontarlier, six casemates prévus, trois terminées (à Verrières-de-Joux, La Cluse-et-Mijoux et à Oye-et-Pallet).
La construction des ouvrages a été partagée entre les entreprises privées et la main-d'œuvre militaire (MOM) de l'armée.
Recensement
Les 158 réalisations modernes recensés pour ce secteur[6], se répartissent entre[7] :
- le poste de commandement du secteur à Avoudrey[8] ;
- un dépôt de munitions à Pontarlier[9] ;
- trois casernements à Pontarlier, la Goule et Pont de la Rasse ;
- un corps de garde défensif ;
- un abri ;
- 53 blockhaus simple ou double pour arme infanterie, canon ou de type indéterminé[10] ;
- trois positions d'artillerie préparée ;
- une cuve pour canon ;
- 11 casemates d'infanterie simples ou doubles ;
- cinq cuves pour arme d'infanterie originellement équipées de tourelles démontables STG[11] ;
- sept barrages de route ;
- 71 dispositifs de mine permanents.