Secteur fortifié du Dauphiné
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Le secteur fortifié du Dauphiné (SFD) regroupait de 1924 jusqu'à 1940 les fortifications françaises se trouvant essentiellement dans le département des Hautes-Alpes et des Basses-Alpes, ainsi que les unités qui leur étaient affectées, notamment une puissante artillerie de position. Ce secteur constituait une partie de la ligne Maginot, située entre le secteur fortifié de la Savoie au nord et le secteur fortifié des Alpes-Maritimes au sud.
Il formait une ligne discontinue de 95 kilomètres le long de la frontière franco-italienne, de Névache (dans le département des Hautes-Alpes) jusqu'au hameau du Pra (commune de Saint-Dalmas-le-Selvage, à l'extrémité nord des Alpes-Maritimes)[n 1]. Les fortifications du secteur barraient les principales vallées et cols permettant de franchir les Alpes, notamment les débouchés du col de Montgenèvre (dans le Briançonnais) et du col de Larche (dans l'Ubaye) ; entre les deux, le massif du Queyras, plus difficile à traverser, était plus légèrement protégé.
Les ouvrages bétonnés du secteur (notamment ceux du Janus, de Roche-la-Croix et de Restefond) furent construits dans les années 1930, servirent pendant les combats de juin 1940 contre l'Armée italienne, puis de nouveau pendant ceux de l'hiver 1944-1945 (plusieurs furent occupés par les troupes allemandes). Les fortifications sont remises en état pendant les années 1950 dans le contexte de la guerre froide, pour être finalement abandonnées à partir de la fin des années 1960. Quelques ouvrages sont désormais ouverts aux touristes.
Temps de paix
Le secteur fortifié était organisé dès l'entre-deux-guerres (avec une montée en puissance durant les années 1930), pour contrer une possible attaque brusquée de la part de l'Italie : une partie des unités nécessaires est pré-positionnée à proximité des ouvrages bétonnés, leur occupation et la mise opérationnelle de l'armement ne se faisant qu'en cas d'alerte. L'organisation du secteur a varié : établie en temps de paix, elle change une première fois lors de la mobilisation d'août 1939, puis avec la mise en place du dispositif hivernal (l'enneigement en haute-altitude forçant à évacuer plusieurs ouvrages et points d'appui), le redéploiement au printemps 1940 et enfin l'évacuation de (après l'armistice).
Le secteur fortifié, qui a le rang d'une brigade, est en temps de paix sous le commandement de la 14e région militaire (QG à Lyon)[n 2]. Le secteur fortifié était divisé en trois « secteurs » (sans le titre fortifié) découpés selon les vallées (Briançonnais, Queyras et Ubaye), eux-mêmes étant encore subdivisés en « sous-secteurs » et enfin en « quartiers »[n 3]. En cas de mise en alerte, le SFD dispose depuis 1935 de la 157e demi-brigade alpine de forteresse (157e DBAF : une demi-brigade est l'équivalent d'un régiment), du 154e régiment d'artillerie de position (154e RAP, partagé avec le secteur fortifié de la Savoie) et de détachements du génie issus des 4e (pour les électromécaniciens et les téléféristes) et 28e (pour les télégraphistes) régiments du génie[2]. Ces éléments sont renforcés par la 27e division d'infanterie alpine (27e DIA, regroupant deux brigades d'infanterie et un régiment d'artillerie). Le commandant de la 27e DIA est en même temps chef du SFD : il s'agit depuis 1937 du général Georges Cartier, puis à partir de du général Paul-André Doyen.
La 157e DBAF (surnommée officiellement la « demi-brigade du Dauphiné »), composée en 1935 à partir des IVe et Ve bataillons du 159e RIA, était subdivisée en deux bataillons alpins de forteresse (BAF) affectés chacun à une partie du secteur :
- le 72e bataillon alpin de forteresse (72e BAF) tient garnison à Briançon, avec sa 1re compagnie à la caserne de Vault, la 3e dans le fort du Randouillet, sa 2e détachée à Fort Queyras, sa SES à Aiguilles (dans le Queyras) et sa CEO dispersée dans les casernements des ouvrages du Briançonnais[3] ;
- le 73e BAF est affecté en garnison à Jausiers (caserne Breissand) et au fort de Tournoux, avec d'une part ses 1re et 3e compagnies dans le quartier de l'Ubayette (la 3e dans les casernements à proximité des ouvrages), d'autre part ses 2e et 4e compagnies dans le quartier de Restefond (la 4e en tant que CEO), tandis que sa SES stationne à Grande Serenne et au camp des Fourches[4].
Le 154e régiment d'artillerie de position avait son état-major et son IIe groupe en garnison à Grenoble (au quartier Bayard), avec une batterie à Tournoux (prête à occuper les ouvrages de Roche-la-Croix, de Saint-Ours Haut et de Restefond), le IIIe groupe à Briançon (à la caserne Colaud et au fort des Têtes, avec une batterie prête à monter au Janus) et le Ier groupe à Modane (dans le secteur fortifié de la Savoie)[5],[6].
Après la mobilisation
En , les unités de forteresse passent sur le pied de guerre par triplement des effectifs par l'arrivée des réservistes. La 157e DBAF est dissoute le , chacun de ses bataillons servant à constituer une nouvelle demi-brigade et chacune des compagnies sert de noyau à la formation d'un nouveau bataillon : l'ancien 72e BAF sert à former les quatre bataillons de la 75e DBAF (les 82e, 92e, 72e et 102e BAF), tandis que l'ex-73e BAF donne naissance aux deux bataillons de la nouvelle 157e DBAF (83e et 73e BAF).
Le secteur passe sous commandement de l'armée des Alpes, au sein de son 15e corps d'armée. La grande unité de renforcement à la mobilisation est la 27e division d'infanterie alpine (27e DIA, d'active), remplacée en par la 64e division d'infanterie (de réserve série B), les meilleures divisions de l'Armée des Alpes étant envoyées sur le front du Nord-Est[7].
En , l'infanterie affectée dans les avant-postes et les ouvrages, ainsi que les troupes d'intervalle, sont fournis essentiellement par :
- la 75e DBAF pour les vallées du Briançonnais et du Queyras :
- le 82e BAF dans le sous-secteur Haut-Clarée – Guisane (le nord du Briançonnais : Buffère–Granon) ;
- le 72e BAF dans le sous-secteur Haute-Durance – Cerveyrette (l'est du Briançonnais : Gondran–Aittes) ;
- le 92e BAF dans le quartier Guil (puis Sommet-Bucher) ;
- le 102e BAF dans le quartier Ceillac (ou Cristillan–Tronchet) ;
- la 157e DBAF dans le secteur Ubaye :
L'artillerie dépendait désormais du 154e régiment d'artillerie de position (154e RAP) pour le Briançonnais et du 162e RAP pour l'Ubaye, tandis que les sapeurs sont regroupés depuis la fin août 1939 dans le 216e bataillon du génie de forteresse (commun à tout le secteur, dissous le ) : sa 1re compagnie (216/1) est affectée au Briançonnais, tandis que sa 2e (216/2) l'est au Queyras et à l'Ubaye, complétées par la 81e compagnie télégraphique (216/81), la 82e compagnie radio (216/82), ainsi que le 325e groupement de compagnies téléféristes (325/1, 325/2 et 325/3)[8].
Les troupes de la 64e division d'infanterie renforçaient les intervalles entre les fortifications et assuraient la garnison d'une partie des avant-postes[9] : son infanterie était composée des 299e RI, 87e, 107e, 86e, 91e et 95e BCA, avec pour artillerie les 93e RAM (équipé de canons de 75 mm M modèle 1928) et 293e RALD (armé avec des canons de 155 mm C 1917) ; le 14e corps d'armée rajoutant un groupe du 114e RALH (qui aligne des canons de 105 mm L modèle 1913).
À partir de la fin d', la 64e DI prend le commandement des vallées du Queyras et de l'Ubaye ; le SFD ne concerne désormais que les vallées du Briançonnais[10]. Le PC du SFD était situé à La Roche-de-Rame (Hautes-Alpes) et celui de la 64e division d'infanterie à Embrun (Hautes-Alpes). En 1940, ils étaient dirigés respectivement par le général Henri Cyvoct (sl) (le gouverneur militaire de Briançon avant le ) et le général Pierre Robert de Saint-Vincent.
Composants
Par rapport à la ligne Maginot du Nord-Est, celle du Sud-Est (alpine) avait été conçue différemment. En effet le relief montagneux des Alpes facilite la défense : il est plus difficile de faire avancer une armée en haute-montagne que dans les plaines et plateaux du Nord-Est de la France. Les ouvrages de la ligne alpine sont donc implantés pour verrouiller les points de passage importants (les cols et les vallées) et non en une ligne continue. On n'a pas, comme dans le Nord-Est, une ligne de feu ininterrompue, mais plutôt un barrage ponctuel solide soit en action frontale, soit en flanquement[n 4]. On peut noter cependant que ces gros ouvrages sont moins fortement bétonnés et cuirassés (l'artillerie lourde est quasiment impossible à mettre en place en montagne) et certains sont même dépourvus de système de filtration d'air contre les gaz de combat (une attaque aux gaz sur un relief escarpé n'aurait quasiment aucun effet).
Le secteur fortifié du Dauphiné est centré sur le Briançonnais et la vallée de l'Ubaye : ses ouvrages verrouillent les points de passage importants vers Briançon (cols de Montgenèvre à (1 854 mètres, de l'Échelle, etc.) et d'entrée dans l'Ubaye (col de Larche à 1 948 mètres, débouchés de la vallée de la Stura, etc.). L'approche de Briançon est défendue par le gros ouvrage du Janus, tandis que la vallée de l'Ubayette est barrée par les gros ouvrages de Roche-la-Croix et de Saint-Ours Haut. L'ouvrage du Col-de-Restefond est resté inachevé à cause de son altitude : plus de 2 000 m, le plus haut de la ligne.
L'organisation ci-dessous, détaillant les différents sous-secteurs et quartiers, les unités chargées de les défendre ainsi que la liste des ouvrages, correspond à la situation au (l'organisation du temps de paix n'est pas la même, ni celle mise en place lors de la mobilisation d', ni encore celle du dispositif de l'hiver 1939-1940)[7].
Briançonnais

Le Briançonnais est centré sur la haute vallée de la Durance, c'est-à-dire le débouché du col de Montgenèvre pour rejoindre Grenoble (par la N 91) ou Gap (par la N 94) en venant d'Italie, ainsi qu'un tronçon de la route de rocade passant par le col d'Izoard et le col du Lautaret. C'est pourquoi la place forte de Briançon avait été développée du temps de Vauban (enceinte urbaine ainsi que les forts détachés des Salettes, des Trois Têtes, d'Anjou, Dauphin et du Randouillet) puis de Séré de Rivières (ceinture des forts de l'Olive, de Lenlon, de Malfosse, de la Croix-de-Toulouse, de l'Infernet, du Janus, du Gondran, de la Lausette, de la Grande-Maye et de la Croix-de-Bretagne)[12].
Mais au début du XXe siècle, l'augmentation de la portée de l'artillerie et la construction par les Italiens du fort du Chaberton (à 3 131 m) remettent en cause le dispositif. Dans le cadre de la modernisation des fortifications françaises, un projet est présenté à la Commission d'organisation des régions fortifiées (CORF) le , prévoyant la construction de huit ouvrages bétonnés (au col de Buffère, au col de Granon, sous le fort de l’Olive, à l'ouest des Alberts, sous le Janus, sous le Gondran C, sur la cote 2237 et aux Aittes). Faute de moyens financiers (la loi Maginot étant insuffisante), ce programme est dans un premier temps réduit par la CORF dès le à quatre ouvrages (Alberts, Janus, Gondran C et les Aittes)[13] ; puis le , le maréchal Philippe Pétain tranche en ordonnant de consacrer les moyens sur la défense des Alpes-Maritimes et de la Maurienne[14].
Il ne reste que six millions de francs pour Briançon, obtenus par le général Charles Belhague pour financement l'aménagement du Janus ; tout le reste devait attendre. À partir de 1936, quelques petits ouvrages sont finalement réalisés, en rognant sur les dépenses, notamment en utilisant de la main-d'œuvre militaire (la MOM) et du matériel voire de l'armement de récupération. Les avant-postes (Plampinet et Chenaillet) ne sont réalisés qu'après la mobilisation, le tout complété par quelque 149 petits blockhaus MOM, surnommés « pilules briançonnaises », regroupés en points d'appui. Pour traiter le problème du fort italien du mont Chaberton, le secteur reçoit à partir de la mobilisation de 1939 le soutien d'un « groupement d'artillerie à missions spéciales » :

- 6e batterie du 154e RAP (intégrée au Ier groupe) à Poët-Moran et Ayrette (quatre mortiers de 280 mm C modèle 1914 Schneider et deux mortiers de 220 mm C modèle 1916 Schneider) ;
- 8e batterie du 154e RAP (intégrée au IIIe groupe) au col de Granon (quatre canons de 145⁄155 mm L 1916 Ruelle – Saint-Chamond) et au Cros à Briançon (deux canons de 194 mm GPF sur affût chenillé (en)) ;
- 2e batterie du 374e RALVF sur voie ferrée (deux canons de 194 mm modèle 1870/1893 sur affût-truck TAZ (it))[15].
Sous-secteur Haute-Clarée – Guisane
Le sous-secteur de la Haute-Clarée et de la Guisane est confié au 82e BAF, avec son PC au bois du Villar. Il a pour mission de défendre l'extrémité nord du Briançonnais, avec le soutien du IIIe groupe du 154e RAP :
- 9e batterie aux Barteaux (deux canons de 155 mm L modèle 1877 et deux mortiers de 150 mm T modèle 1917 Fabry) et à Poët-Ollagnier (deux canons de 155 mm L modèle 1877) ;
- 10e batterie[n 5] sur le Sapey (trois canons de 65 mm M modèle 1906), sur la montagne de Sachet (trois 65 mm et quatre canons de 75 mm modèle 1897) et au fort de l’Olive (sous casemate, deux canons de 75 mm)[16].
Quartier Chardonnet
Le quartier du Chardonnet doit couvrir les cols du Chardonnet (à 2 638 mètres d'altitude), du Raisin (à 2 691 m) et de Roche Noir (2 693 m), qui permettent de passer de la vallée de la Clarée à celle de la Guisane (où passe la route reliant Briançon à la Maurienne par le col du Galibier). Mais ces cols sont franchissables que par des sentiers difficiles d'accès : aucun ouvrage fortifié n'a donc été construit en temps de paix ; seuls des points d'appui ont été aménagés à partir de la mobilisation de 1939 sur les cols et plus bas au nord-est au refuge du Chardonnet[17].
Quartier Buffère–Granon
Le quartier est composé d'avant-postes couvrant le nord de la place de Briançon, contrôlant les cols de Buffère et de Granon.
- point d'appui des Thures (45° 02′ 25,76″ N, 6° 38′ 07,98″ E) ;
- point d'appui du Col-de-l'Échelle (45° 01′ 43,54″ N, 6° 39′ 22,29″ E) ;
- petit ouvrage du Col-de-Buffère (inachevé, 44° 59′ 27″ N, 6° 33′ 35″ E) ;
- petit ouvrage du Col-de-Granon (inachevé, 44° 58′ 00″ N, 6° 36′ 58″ E).
Quartier Peyrolles
- blockhaus des Acles (construit en 1904, 45° 01′ 12″ N, 6° 41′ 54″ E) ;
- blockhaus de l'Enlon (1891-1893, 44° 59′ 11″ N, 6° 38′ 18″ E) ;
- avant-poste de Plampinet (inachevé, 45° 00′ 07″ N, 6° 39′ 38″ E) ;
- fort de l’Olive (construit en 1881-1882, 44° 59′ 49″ N, 6° 38′ 46″ E).
Sous-secteur Haute-Durance – Cerveyrette
Le sous-secteur de la Haute-Durance et de la Cerveyrette est confié au 72e BAF, avec pour mission principale d'interdire le débouchée du col de Montgenèvre (à 1 850 mètres d'altitude) et plus accessoirement du col de Bousson (à 2 154 m, donnant sur la vallée de la Cerveyrette). Le sous-secteur dispose du soutien de deux groupes du 154e RAP :
- Ier groupe affecté au quartier Gondran–Aittes :
- 1re batterie à l'Ombilic (quatre canons de 75 mm modèle 1897), au Gondran D (trois canons de 65 mm modèle 1906), à Poët-Morand (quatre canons de 155 mm C Saint-Chamond, l'Eyrette (quatre canons de 75 mm), Gondran et Clot de l'Infernet (deux mortiers de 150 mm T) ;
- 3e batterie autour du blockhaus de la Lausette (quatre canons de 75 mm, six canons de 120 mm L modèle 1878 et deux mortiers de 150 mm T) et au Laus (trois canons de 65 mm modèle 1906) ;
- 11e batterie dans l'ouvrage du Janus ;
- IIe groupe affecté au quartier Vachette–Janus :
- 2e batterie au Champ-de-Mars de Briançon (quatre canons de 155 mm L modèle 1877), à Fontchristiane (quatre canons de 155 mm L modèle 1877/14 et à Serre-Paix (quatre canons de 105 mm L modèle 1913) ;
- 4e batterie au fort Dauphin (quatre canons de 75 mm) et à Malafosse (quatre canons de 65 mm) ;
- 5e batterie au moulin Faure (quatre canons de 75 mm) et avenue du Lautaret (quatre canons de 155 mm C Saint-Chamond) ;
- 7e batterie au fort de la Croix-de-Bretagne (quatre canons de 155 mm L modèle 1877 et quatre canons de 105 mm modèle 1913)[18].
Quartier Vachette–Janus
- barrage rapide de Montgenèvre (44° 55′ 37″ N, 6° 42′ 28″ E) ;
- point d'appui du Rocher-Diseur (ou Rocher de Dix-Heures, 44° 55′ 55,89″ N, 6° 42′ 03,88″ E) ;
- point d'appui du Bois-de-Sestrières (44° 55′ 29,35″ N, 6° 42′ 29,14″ E) ;
- ouvrage de la Vachette (à peine commencé, 44° 55′ 17″ N, 6° 40′ 23″ E) ;
- barrage de route du Pont-de-la-Vachette (44° 55′ 01″ N, 6° 40′ 28″ E) ;
- abri de La Lame (44° 54′ 29,8″ N, 6° 40′ 22,18″ E) ;
- gros ouvrage du Janus (44° 54′ 41″ N, 6° 42′ 38″ E) ;
- avant-poste du Chenaillet (inachevé, 44° 54′ 09″ N, 6° 44′ 25″ E).
Quartier Gondran–Aittes
- ouvrages d'infanterie du Gondran A (1886-1893, 44° 54′ 11″ N, 6° 42′ 38″ E), Gondran B (44° 54′ 01″ N, 6° 42′ 41″ E), Gondran C (44° 53′ 38″ N, 6° 42′ 49″ E) et Gondran D (44° 53′ 25″ N, 6° 42′ 41″ E) ;
- petit ouvrage du Gondran E (44° 53′ 35″ N, 6° 43′ 13″ E) ;
- point d'appui du Bois-des-Bans (44° 52′ 29,71″ N, 6° 43′ 38,56″ E) ;
- petit ouvrage des Aittes (44° 52′ 38″ N, 6° 44′ 38″ E) ;
- observatoire du fort de l'Infernet (1876-1880, 44° 53′ 41″ N, 6° 40′ 54″ E).
Queyras

Dans le massif du Queyras, seuls des sentiers muletiers traversent la frontière pour rejoindre les petites vallées[n 6]. Le meilleur point de passage est le col Agnel, à 2 744 mètres d'altitude, mais il est bloqué par la neige une bonne partie de l'année et seul un sentier y passe (la route actuelle D 205T n'a pas encore été construite pour des raisons militaires). En conséquence, les fortifications y sont assez légères, s'appuyant sur plusieurs points d'appui composés chacun de petits blockhaus MOM (les « pilules de Briançon », avec seulement une dalle de béton armé de 60 cm et un FM pour armement), complétés par les vieux murs remontant à Vauban de Fort Queyras (au milieu de la vallée du Guil) et de Mont-Dauphin (en arrière de la position, à la confluence du Guil et de la Durance). La défense est confiée aux 92e et 102e BAF, épaulés à partir du par la 45e demi-brigade de chasseurs alpins (les 87e et 107e BCA)[n 7], soutenus par le IIIe groupe du 162e RAP et à partir d'avril par le IIIe groupe du 93e RAM[n 8] :
- 7e batterie du 162e RAP à Saint-Martin (deux canons de 65 mm modèle 1906), au Malrif (deux canons de 65 mm), Meyries (six canons de 65 mm) et Aiguilles (quatre canons de 105 mm modèle 1913) ;
- 8e batterie du 162e RAP à Villargaudin (deux 95 mm SP modèle 1888), Montbardon (quatre canons de 105 mm L modèle 1913) et Plan de Phazy (deux canons de 155 mm L modèle 1877)[21] ;
- trois batteries du 93e RAM (chacune à quatre canons de 75 mm M modèle 1928)[22].
Sous-secteur du Guil
Le sous-secteur du Guil, regroupe toutes les défenses du Queyras. La 75e DBAF et la 45e DBCA ont établi leur PC à Guillestre, puis à Villargaudin (en aval de Fort Queyras).
Quartier du Péas
Le quartier du Péas est confié au 107e BCA, avec PC à La Motte Tremblante (sur la rive orientale du lac de Roue). Le quartier a la charge du Nord du massif, avec notamment le vallon menant au col de Péas (à 2 629 mètres d'altitude) qui communique avec la haute vallée de la Cerveyrette (dans le Briançonnais). Un blockhaus pour FM a été construit au col de la Crèche.
Quartier du Queyras
Le quartier du Queyras est défendu par la 2e compagnie du 92e BAF, renforcée par deux compagnies du 87e BCA, avec PC à Fort Queyras. Ces unités doivent défendre la vallée du Guil et sa route (alors N 547, renommée ensuite en D 947) en s'appuyant sur les points d'appui de Fort Queyras, des Meyriès (au nord-ouest de Château-Ville-Vieille), à Aiguilles et à Abriès (ce dernier construit tardivement).
Quartier du Sommet-Bûcher
Le quartier du Sommet-Bûcher est confié aux 1re et 3e compagnies du 92e BAF, complétées par une compagnie du 87e BCA, avec PC sur le Sommet-Bûcher. Ses points d'appui sont sur le Sommet-Bûcher (qui culmine à 2 254 mètres au sud-est de Fort Queyras et au nord-ouest de Molines) et à Saint-Simon (la chapelle de Saint-Simon est un col à 2 196 m d'altitude, à l'ouest de Molines).
Quartier Ceillac
Le quartier de Ceillac est confié au 102e BAF, avec PC au col de Bramousse. Il doit défendre le Sud du massif, notamment la combe de Ceillac, avec comme subdivisions les sous-quartiers du Cristillan-Le Villard et du Tronchet-La Clapière. Un abri alpin a été construit au col Fromage (à 2 386 mètres d'altitude).
Ubaye

Le secteur Ubaye a la charge de défendre la vallée de l'Ubayette et celle de l'Ubaye, où passait la N 100 (l'actuelle D 900) descendant du col de Larche. La facilité d'accès par ce col et cette route a entrainé la fortification de la vallée dès le début du XIXe siècle, avec le fort de Tournoux, renforcé sous Séré de Rivières par une série de batteries (Roche-la-Croix, Mallemort, Viraysse et Cuguret). La CORF décide en 1929 non seulement de renforcer le barrage en aval du col (gros ouvrages de Roche-la-Croix et de Saint-Ours Haut, ainsi que le petit ouvrage de Saint-Ours Bas), mais aussi les environs du col de la Bonette, plus au sud (gros ouvrage de Restefond, couvrant les petits ouvrages du Col-de-Restefond, des Granges-Communes et du Col-de-la-Moutière).
Sous-secteur Ubaye – Ubayette
Le sous-secteur de l'Ubaye et de l'Ubayette, confié au 83e BAF, a la charge de défendre les vallées de ces deux cours d'eau.
- IIe groupe du 114e RALH à Saint-Paul, Gleizolles et Chatelard :
- groupement A 1 d'appui direct à Grande-Serenne (14 canons de 105 mm L modèle 1913) ;
- groupement A 2 d'appui direct (19 canons de 105 mm L modèle 1913) ;
- groupement A 3 d'action d'ensemble (36 canons de 105 mm L modèle 1913)[23] ;
- Ve groupe du 293e RALD à Saint-Ours, à l'ancien camp de Roche-la-Croix et au village de Tournoux (canons de 155 mm C modèle 1917) ;
- IIe groupe du 162e RAP :
- 4e batterie à Fontvive (quatre canons de 75 mm modèle 1897) et à Meyronnes (quatre canons de 105 mm L modèle 1913) ;
- 5e batterie au Castelet (deux canons de 65 mm M modèle 1906 et deux canons de 105 mm modèle 1913), au Vallon-Claus (deux canons de 75 mm modèle 1897) et à La Barge (deux canons de 65 mm M modèle 1906) ;
- 5e batterie au Caures (deux canons de 75 mm sous casemate et quatre canons de 155 mm L modèle 1877) et à La Charbonnière (deux canons de 155 mm L modèle 1877) ;
- groupe d'ouvrage du 162e RAP :
- 11e batterie aux Gleizolles (quatre canons de 155 mm C Saint-Chamond) à Viraysse (quatre mortiers de 150 mm T) et dans la batterie XII de Tournoux (deux canons de 95 mm de marine) ;
- 12e batterie dans l'ouvrage de Saint-Ours Haut ;
- 13e batterie dans l'ouvrage de Roche-la-Croix[24].
Quartier Saint-Paul
Le quartier de Saint-Paul couvre la haute-vallée de l'Ubaye. Il est confié à la 1re compagnie du 83e BAF, renforcée par le Ier bataillon du 299e RIA.
- petit ouvrage de la Plate-Lombarde (44° 30′ 55,27″ N, 6° 49′ 29,94″ E) ;
- point d'appui de Fouillouse Haut (44° 31′ 45,09″ N, 6° 47′ 52,41″ E) ;
- point d'appui du Châtelet (ou du Castelet, 44° 32′ 14,31″ N, 6° 47′ 00,68″ E).
Quartier Meyronnes
Le quartier de Meyronnes, confié au 83e BAF, couvre la vallée de l'Ubayette, où passait la route descendant du col de Larche (à 1 991 mètres d'altitude), d'où le nom de « barrage de Larche ».
- barrage de route du Cimetière-de-Larche (44° 27′ 02″ N, 6° 50′ 50″ E) ;
- avant-poste de Larche (44° 27′ 17,51″ N, 6° 50′ 24,36″ E) ;
- batterie de Viraysse (Séré de Rivières 1886, 44° 28′ 21,21″ N, 6° 51′ 29,79″ E) ;
- gros ouvrage de Roche-la-Croix (44° 28′ 04,69″ N, 6° 47′ 58,56″ E) ;
- batterie supérieure de Roche-la-Croix (Séré de Rivières 1889, 44° 27′ 53,16″ N, 6° 47′ 57,98″ E) ;
- petit ouvrage de Saint-Ours Bas (44° 28′ 16,88″ N, 6° 48′ 31,8″ E) ;
- gros ouvrage de Saint-Ours Haut (44° 28′ 37,43″ N, 6° 48′ 59,82″ E) ;
- abri nord-ouest de Fontvive (44° 28′ 39,95″ N, 6° 48′ 23,65″ E) ;
- abri nord-est de Saint-Ours (44° 28′ 51,43″ N, 6° 48′ 42,13″ E) ;
- abri de l'Ancien-Camp (44° 28′ 07,25″ N, 6° 47′ 29,25″ E) ;
- observatoire de Serre-la-Plate (44° 28′ 59,14″ N, 6° 47′ 23,31″ E) ;
- fort de Tournoux (construit en 1839-1869, 44° 28′ 11″ N, 6° 45′ 14″ E) ;
- batterie des Caurres (batterie haute de Tournoux construite en 1879, 44° 28′ 15″ N, 6° 44′ 55″ E) ;
- observatoires de La Duyère 1 (anciens postes optiques Séré de Rivières 1894, 44° 27′ 27″ N, 6° 48′ 02″ E), La Duyère 2 (44° 27′ 11″ N, 6° 48′ 03″ E), La Duyère 3 (44° 27′ 00″ N, 6° 47′ 36″ E) et La Duyère 4 (44° 26′ 45″ N, 6° 47′ 31″ E) sur la crête de La Duyère (Tête de Siguret).
Sous-secteur Jausiers

Le sous-secteur de Jausiers, confié au 73e BAF, est principalement composé du « barrage de Restefond ».
- groupe d'ouvrage du 162e RAP :
- 9e batterie au faux col de Restefond (quatre canons de 65 mm M modèle 1906), à La Moutière (deux canons de 75 mm modèle 1897) et dans la batterie de Cuguret (deux canons de 95 mm SP modèle 1888) ;
- 14e batterie dans l'ouvrage de Restefond et au camp de Restefond (quatre canons de 155 mm L modèle 1877 et quatre canons de 155 mm C Saint-Chamond)[24].
- groupe du 93e RAM[25].
Quartier des Sagnes
Le quartier des Sagnes a pour mission de défendre le vallon des Sagnes (du torrent d'Abriès), qui n'est relié à l'Italie que par deux sentiers passant par le col du Quartier d'Août (à 2 645 mètres d'altitude) et le pas de la Cavale (à 2 671 m). La CORF avait prévu la construction d'un gros ouvrage au niveau du lac des Sagnes, avec des obusiers de 75 mm et des mortiers de 81 mm, mais faute de financement, seul un point d'appui fut tardivement construit par la MOM.
- point d'appui de Pelousette (sur la cime de Pelousette, datant de 1892-1902, 44° 20′ 34,91″ N, 6° 51′ 20,09″ E) ;
- point d'appui des Sagnes (44° 23′ 20,86″ N, 6° 49′ 52,17″ E) ;
- batterie de Cuguret (1884-1886, 44° 25′ 25,82″ N, 6° 45′ 30,04″ E).
Quartier Restefond
Le quartier de Restefond doit interdire le passage par le col de Restefond (à 2 680 m d'altitude), par le faux col de Restefond (2 656 m), le col de la Bonette (2 715 m) et le col de Raspaillon (2 513 m).
- blockhaus de Ventabren (44° 20′ 22,52″ N, 6° 52′ 07,8″ E) ;
- petit ouvrage des Granges-Communes (inachevé, 44° 20′ 20,05″ N, 6° 49′ 50,34″ E)) ;
- petit ouvrage du Col-de-Restefond (abri actif, 44° 20′ 05,92″ N, 6° 48′ 36,19″ E)) ;
- gros ouvrage de Restefond (inachevé, 44° 19′ 48,12″ N, 6° 48′ 31,04″ E) ;
- fortin du Restefond (1900-1906, 44° 20′ 39,71″ N, 6° 47′ 49,01″ E) ;
- avant-poste du Col-des-Fourches (44° 19′ 59,85″ N, 6° 52′ 15,8″ E) ;
- position du Mont des Fourches (blockhaus des Fourches, 44° 19′ 39,78″ N, 6° 52′ 13,58″ E) ;
- camp des Fourches (44° 20′ 01,07″ N, 6° 51′ 55,14″ E).
Quartier Rougna

Le quartier Rougna a son commandement au PC du Col-de-Colombart.
- avant-poste du Pra (44° 19′ 20,46″ N, 6° 52′ 54,83″ E) ;
- point d'appui du Lauzarouotte sur le Rocher-du-Prêtre (44° 18′ 47,25″ N, 6° 52′ 07,24″ E) ;
- point d'appui de Las Planas sur la Tête-de-Vinaigre (1885-1890, 44° 18′ 25,6″ N, 6° 52′ 49,96″ E) ;
- petit ouvrage du Col-de-la-Moutière (44° 18′ 53,85″ N, 6° 47′ 44,89″ E) ;
- abris alpins de la Moutière (44° 18′ 39,92″ N, 6° 47′ 23,06″ E).

