Serlon de Savigny
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Serlon de Savigny est un moine du XIIe siècle, devenu abbé de l’abbaye de Savigny en Normandie. Il est reconnu comme bienheureux et sa fête liturgique est le 10 septembre[1].
Serlon de Savigny est né vers la fin du XIe siècle à Vaubadon près de Bayeux[2]. Il étudia sous la conduite de saint Geoffroy, né vers 1070 au château de Bayeux, qui, après des études à Paris, entra au monastère de Cerisy[3].
Suivant son maître Geoffroy, Serlon entre à l’abbaye bénédictine de Cerisy[2], avant de rejoindre l’abbaye de Savigny, où il passe plusieurs années comme moine.
Abbatiat (1139-1153)
Après la mort du précédent abbé, Serlon est élu abbé de son monastère en 1139[4]. C’est lui qui opère le rattachement de Savigny et de ses abbayes filles à l’ordre cistercien. Serlon rencontre le pape Eugène III au Concile de Reims et le soutien du pontife permet l’affiliation de Savigny à l’ordre cistercien en 1147[5].
Les difficultés que rencontrait l’abbaye de Savigny avec ses abbayes filles peuvent expliquer cette entreprise de Serlon. Ce rattachement à l’ordre cistercien doit aussi se comprendre dans le contexte des querelles de succession entre Mathilde l'Emperesse et Étienne de Blois, dans lesquelles certaines abbayes de l’ordre étaient impliquées, comme l’a montré l’historien Christopher Holdsworth[5].
Ce rattachement amène de profondes évolutions dans le fonctionnement de Savigny. Affiliée à Clairvaux, elle adopte les coutumes et les règles de l'ordre de Cîteaux[6]. L’abbé Serlon participe à partir de ce moment-là aux chapitres généraux de l’ordre cistercien annuels.
Au début des années 1150, Philippe d’Harcourt, évêque de Bayeux conteste une donation de terres faite à l’abbaye. Serlon de Savigny fait appel au pape qui accorde une bulle confirmant par autorité apostolique la donation[3].
Retrait et fin de vie (1153-1158)
Serlon démissionne de sa charge en 1153 et se retire à Clairvaux[4].
Une fois retiré à Clairvaux, il lui arrive de prêcher à l’extérieur de l’abbaye, à Fontenay et à Reims par exemple[7]. Il meurt en 1158.
Il est décrit dans la chronique de Robert de Torigni comme « amator sanctitatis et quietis », aspirant à la sainteté et au calme[8].