Shatta

genre musical From Wikipedia, the free encyclopedia

Le shatta est un genre musical qui a vu le jour en Martinique[1] dans la seconde moitié des années 2010[2]. Ce style de musique, considéré comme un sous-genre du dancehall, gagne en popularité dans le monde entier, touchant des publics diversifiés et influençant de nombreux artistes[3].

Origines stylistiques Dancehall, Ragga, dub, toasting
Origines culturelles Année 2012 ; Drapeau de la Martinique Martinique
Faits en bref Origines stylistiques, Origines culturelles ...
Shatta
Origines stylistiques Dancehall, Ragga, dub, toasting
Origines culturelles Année 2012 ; Drapeau de la Martinique Martinique
Instruments typiques Boîte à rythmes, échantillonneur, synthétiseur

Genres associés

dancehall, reggaeton

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Origines

Il tire ses origines plus précisément en Martinique, au Lycée de La Jetée du François. C'est l'artiste Magic-ft-Magic qui fut le premier à chanter ce style musical à l'époque appelé son « 2 notes ». D'autres artistes tels que Toupi, Elji, Elvys, Politik Nai et Lieutenant ont contribué à ce style musical[4]. Le rythme "shatta" est une version électronique de la biguine martiniquaise traditionnelle de 1900, qui a été mise au goût du jour en 1992 par Sly & Robbie pour leur rythme appelé alors "bam bam" (du nom d'une chanson de Toots et qui a donné l'énorme succès "Murder She Wrote" de Chaka Demus & Pliers.

Le terme shatta est également utilisé dans la vie de tous les jours aux Antilles, où il signifie c'est bien, mais d'une manière beaucoup plus explicite.

Le terme shatta est à l'origine un mot d'argot jamaïcain synonyme de gangsta, le mot shotta. Le terme semble être apparu pour la première fois en 2012 sur le réseau social Twitter avec l'expression « Trop shatta »[5].

Il a ensuite été repris dans les Antilles françaises et plus précisément en Martinique, où il est utilisé pour désigner une soirée, une ambiance, une personne ou un son.

En 2011, les DJ Gil et Dan commencent à faire leurs propres versions des tubes de la Jamaïque où Vybz Kartel et Mr. Vegas (en) régnaient en maîtres. Les Martiniquais récupèrent les a cappella des Jamaïcains et retirent de leurs musiques les kicks de batterie, rajoutent des basses puissantes, utilisent en fond des instruments locaux venus des rythmes traditionnels, comme le bèlè. Vers 2013-2014, les MC martiniquais enregistrent leurs propres textes, les premières soirées ont lieu au quartier de Volga plage, à Fort-de-France[6].

En 2021, avec le morceau Tic qui connait une audience importante sur le réseau TikTok, Maureen est considérée comme l’initiatrice de la vague shatta[3].

Caractéristiques

Il se caractérise par sa basse importante, des instruments traditionnels souvent réglés très bas pour donner un son dur. Les voix sont graves et robotiques, et les vibrations sont très numériques. Le genre est souvent associé à des rythmes plus lents, des lignes de basses profondes et des percussions sèches et minimalistes.

Il est également courant que ses paroles expriment des émotions intenses et une rage transformée en joie. La danse joue également un rôle important dans ce style de musique, renforçant son dynamisme et son énergie.

Influence et popularité

Il a influencé de nombreux artistes dans le monde de la musique, qui ont intégré le style shatta dans leur musique[7]. En 2023, le titre « Beleck » issu de l'album DNK d'Aya Nakamura est considéré comme de style shatta[3].

La musique shatta est devenue populaire non seulement dans les Antilles, mais aussi en Guyane, à la Réunion à l'île Maurice ou en Afrique de l'Ouest[2]

Il faut noter que bien qu'il soit souvent associé à des musiques caribéennes comme le bouyon dominiquais et ses dérivés ou au dancehall, il a réussi à se distinguer par ses caractéristiques uniques et ses productions résolument électroniques.

L'artiste la plus représentative est la chanteuse martiniquaise Maureen, souvent appelée la Queen du shatta[8] ou la Reine du shatta[9] et co-autrice avec Kalash de Laptop, premier tube shatta à être certifié single de platine par le Syndicat national de l'édition phonographique[10].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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