Sidi Mohammed Ben Daïf
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Aïn Bessem (Douar Ouled Amar)
Oued El Berdi (Douar Oued El Berdi)
محمد بن ضيف
محمد بن ضيف
| Naissance |
Vers 1842 Aïn Bessem (Douar Ouled Amar) |
|---|---|
| Décès |
Vers 1900 Oued El Berdi (Douar Oued El Berdi) |
| Sépulture |
Belkat, Mezdour |
| Nom de naissance |
Mohammed ben Daïf محمد بن ضيف |
| Nom de temple |
Sidi Mohammed ben Ed Dif |
| Nationalité |
Algérienne |
| Activité |
Rebelle, chef de tente, guide spirituel, saint |
| Famille | Mohamed Daïfi (1907 - 1956), petit-fils Benyahia Daïfi (1930 - 2015), arrière-petit-fils |
| Religion | |
|---|---|
| Membre de |
Fondateur de la tribu des Ouled Daïf |
| Sidi |
|---|
Sidi Mohammed Ben Daïf (arabe : يدي محمد بن ضيف) était un marabout algérien et un rebelle à l'empire colonial français. Élevé au titre de saint (walîy) dont la tombe fait l'objet de visites pieuses, il est l'ascendant direct de la famille Daïfi dont les membres sont propriétaires du mazar[1] où il repose : son ancienne mosquée.
Son sanctuaire est situé au pied du mont Ras El Nador (autrefois Koudiat Nador), dans un Djebana (cimetière) du village de Belkat, localité de Mezdour[2],[3] et est référencé dans la toponymie occidentale sous le nom "Sidi Mohammed Ben ed Dif"[4].
Sur sa carte d'identité n°2924, créée en 1890 à la suite du recensement préalable de la commune effectué par le commissaire de l'état civil, il est indiqué qu'il serait né dans le courant de l'année 1842 aux environs de Aïn Bessem[5] et qu'il a choisi pour nom de famille "Daïfi"[6].
En 1876, il est exproprié de près de 28 hectares au douar Ouled Sidi Khalifa par les autorités françaises qui projettent d'agrandir Aïn Bessem[7]. Il est refoulé sur les anciennes terres des Beni Yala à Oued El Berdi. Un acte, enregistré aux hypothèques d'Alger et approuvé en 1882, précise que le gouverneur général de l'Algérie lui avait attribué en 1876 pas moins de 51 hectares de terres à l'Oued El Berdi (lot n°6)[8], en compensation de l'expropriation dont il avait été victime pour la colonisation du centre d'Aïn Bessem, alors en cours de peuplement[9].
En 1878, il est expulsé définitivement de son douar pour avoir déclenché une action politico-religieuse qui causa un trouble à l'ordre public pendant 21 jours à la suite de l'affaire entre l'adjoint Petitain et le caïd Sidi Amar Ben Makhlouf ben Souici. Réprouvé par sa propre famille, il s'expatrie sur les terres familiale de sa seconde épouse et y fonde les Ouled Daïf au pied du Ras El Nador, tout près de Belkat.
Doté d'un certain sens artistique et inspiré par les motifs traditionnels Kabyles, il peint son parcours sur les murs intérieurs de sa modeste mosquée. N'étant pas d'origine Berbère mais Arabe, il n'en maîtrise pas parfaitement les codes et en incorpore des symboles de l'art islamique et soufis.

D'après la mémoire locale ancienne, il aimait passer du temps au sommet du Nador et serait décédé vers 1900 des suites d'un coup de fourche reçu en pleine poitrine de la part d'un fermier qui avait accaparé une partie de ses parcelles sur la commune de l'Oued El Berdi et qui refusait de quitter les lieux.
L'acte de décès demeure introuvable et il est probable que l'affaire ai été traitée "en privé", sans passer par l'administration coloniale française.
Membre des Arib
La tribu des Banu Arib est formée d'Arabes qui sont arrivés en Afrique Septentrionale au XIe siècle et qui sont restés dans les régions désertiques du sud de Constantine jusqu'au XIVe siècle au moment où ils se regroupèrent sous le commandement du marabout Sidi Hadjerès. Ils s'installèrent par la suite, définitivement dans la plaine du Hamza[10] et se placèrent à la solde de la Régence d'Alger[11]. Ils sont reconnus depuis des siècles pour être des guerriers et des cavaliers redoutables et belliqueux s'étant attirés les faveurs des Turcs et les foudres des Berbères[12] ainsi que de plusieurs autres tribus arabes rebelles à l'Empire Ottoman[13]. L’émir Abd El-Kader en personne ne parviendra pas à les soumettre afin de les rallier à sa cause contre la France et les considérera comme trop turbulents[14],[15].
Les chefs de tentes de cette tribu ont eu la chance de rencontrer le célèbre explorateur militaire français Ernest Carette lors de son exploration scientifique de l'Algérie en 1840 et 1841. Cette entrevue unique a permis de préserver une intéressante partie des coutumes tribales de ces nomades, traditionnellement orales, à l'écrit[16].