Sidonie Vaillant
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Sidonie Vaillant, née le à Clichy et morte le à Nantes, est une militante anarchiste française. Elle est surtout connue pour être la fille d'Auguste Vaillant (1861-1894), un militant anarchiste responsable de l'attentat de l'Assemblée nationale. Celui-ci n'ayant tué personne, la famille étant très pauvre et Sidonie très jeune au moment des faits, son sort mobilise une partie de la société française, qui demande que Sadi Carnot gracie Vaillant. Elle s'engage dans la rédaction de textes pour demander la grâce de son père, dont une lettre à Cécile Carnot, sans succès.
Malgré les propositions d'Anne de Rochechouart de Mortemart, Paule Mink ou Marie-Rose Astié de Valsayre de prendre soin et de s'occuper de la jeune Vaillant, Auguste choisit plutôt de la confier à Sébastien Faure. Il est exécuté peu après. Le compagnon italien Sante Caserio assassine Sadi Carnot à Lyon par vengeance à son refus de répondre à Sidonie Vaillant.
Elle poursuit ensuite son militantisme et meurt en 1966 à Nantes.

Sidonie Vaillant naît le à Clichy[3]. Sa mère se nomme Virginie Viol et son père Auguste Vaillant, militant socialiste puis anarchiste. La famille est très pauvre, et son père doit subvenir aux besoins de celle-ci avec son salaire[4]. Pendant l'Ère des attentats (1892-1894), il obtient un emploi comme ouvrier maroquinier qui le paie vingt francs par semaine[4]. En réponse à cette situation, possiblement aidé par d'autres anarchistes, il commet l'attentat de l'Assemblée nationale le [5],[6].
Après l'arrestation de son père, l'État français s'engage dans le vote des lois scélérates et la répression de janvier et février 1894[4],[7]. Son père est mis en procès et condamné à mort. Elle apprend sa nouvelle à son réveil, car elle dort lorsqu'il est condamné[8]. Le fait que son père n'ait tué personne, qu'il ait visé des députés somme toute impopulaires, et qu'il ait blessé légèrement ses victimes provoque un sentiment de soutien au sein de la population des faubourgs de Paris[4].
Le 17 janvier, la police perquisitionne et arrête le restaurateur anarchiste et communard Constant Martin, qui l'héberge depuis quelques jours - profitant du fait qu'elle soit partie faire les courses avec sa mère adoptive[9].
Le sort de Sidonie Vaillant, qui est jeune et pauvre, touche un certain nombre de personnes, qui s'émeuvent de son sort[4],[5]. Dans une lettre à l'épouse du président de la République, Cécile Carnot[4],[10], elle écrit, entre autres[3] :
« On m’a dit Madame que vous avez une grande puissance, je viens donc vous demandé en grâce de faire votre possible pour obtenir de mon malheureux père et signé ou faire signé son pourvoi en grâce. […] Madame, je suis bien innocente des choses qui se sont passé, mais mon pauvre père est un martyr, qui m’a fait beaucoup de peine de le voir à travers ses grilles et que je n’ai pu l’embrasser. Agréé Madame mes sincères remerciements à l’avance de ma simpathie. »

La demande ne porte pas ses fruits, ce qui pousse des députés socialistes, rejoints par Georges Clemenceau, à répéter la même demande, sans succès[4]. Un certain nombre de personnes, comme l'ancienne communarde Paule Mink et la militante féministe Astié de Valsayre proposent de s'occuper d'elle[9], c'est aussi le cas de la royaliste duchesse d'Uzès, Anne de Rochechouart de Mortemart, qui suggère qu'elle peut s'occuper de Sidonie Vaillant, ce qu'il refuse, la confiant plutôt à Sébastien Faure, impliqué dès quelques années plus tard dans des agressions et comportements pédophiles à l'égard de jeunes filles[4],[5],[12],[13]. La duchesse d'Uzès le juge responsable de ce choix et lui voue une profonde inimitié par la suite[12]. Mink l'accompagne avec sa mère adoptive, Madame Marchal, pour qu'elle puisse visiter son père. Cette demande est accordée à la mère adoptive et Vaillant[14].
En 1896, elle est surveillée par la police, qui constate qu'elle distribue gratuitement des journaux anarchistes comme Les Temps nouveaux avec d'autres enfants d'anarchistes[3]. Le , elle participe au banquet annuel de la Ligue de propagande et d’athéisme, où elle partage un cochon avec une trentaine de convives[3].
Sébastien Faure la confie aux pensionnats qui veulent bien accepter la fille d'un anarchiste aussi célèbre, notamment l'école professionnelle libre des Ternes de Pauline Dupont (Notice de Marianne Enckell in Maitron en ligne https://maitron.fr/dupont-pauline/), et le Pensionnat d'éducation intégrale et laïque pour jeunes filles TESSIER à Montreuil (Le Journal du peuple, , p. 1 à 4 et https://ressources.seinesaintdenis.fr/IMG/leducation_integrale_a_montreuil.pdf).
Faure la confie au couple Blay lorsqu'il quitte Paris pour Marseille, en 1898[3]. Elle travaillait déjà comme "jupière" lorsque Sébastien Faure créa La Ruche[15] qu'elle a sans doute visité. Vaillant assiste aux funérailles de Louise Michel, le [16].
Elle se marie avec Joseph Saint-Ange Timoléon de Fornier le à Paris[3]. Elle meurt le à Nantes[3].