Simaba guianensis
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| Règne | Plantae |
|---|---|
| Sous-règne | Tracheobionta |
| Division | Magnoliophyta |
| Classe | Magnoliopsida |
| Sous-classe | Rosidae |
| Ordre | Sapindales |
| Famille | Simaroubaceae |
| Genre | Simaba |
| Clade | Angiospermes |
|---|---|
| Clade | Dicotylédones vraies |
| Clade | Rosidées |
| Clade | Malvidées |
| Ordre | Sapindales |
| Famille | Simaroubaceae |
| Genre | Simaba |
- Aruba guianensis Aubl.
- Quassia cuspidata (Spruce ex Engl.) Noot.
- Quassia guianensis (Aubl.) D. Dietr.
- Simaba cuspidata Spruce ex Engl.[1]
- Aruba guianensis (Aubl.) Kuntze
- Simaba cuspidata var. cuspidata
- Simaba guianensis var. schomburgkiana Engl.
- Simaba guianensis var. typica Cronquist
- Simaba multiflora var. schomburgkiana Sandwith [2]
Simaba guianensis est une espèce d'arbre néotropical, appartenant à la famille des Simaroubaceae. C'est l'espèce type du genre Simaba Aubl..
En Guyane, on l'appelle Wasaku sili (Wayãpi)[3]. On l'appelle Cajurana au Brésil[4].
Bien qu'ayant fait l'objet de plusieurs études[5],[6],[7], la taxonomie de Simaba guianensis n'est pas encore résolue. On aurait probablement affaire à 4 sous-espèces[8] dont :
- Simaba guianensis subsp. ecaudata (Cronquíst) Cavalcante
- Simaba guianensis subsp. guianensis
- Simaba guianensis subsp. huberi Francesch. & W.W. Thomas[9]
S. guianensis subsp. ecaudata montre une grande diversité morphologique, et pourraient être séparé en trois groupes distincts, qui pourraient être considérés à terme comme de nouvelles espèces à part entière, de la même façon que Simaba guianensis subsp. polyphylla Cavalcante dont le nom correct est désormais Simaba polyphylla (Cavalcante) W. Thomas[10],[11].
Description
Simaba guianensis est une espèce ligneuse à feuilles alternes, généralement composées imparipennées (rarement unifoliolée), à rachis comprenant un pétiole long de 2 à 25 cm. Les folioles ne sont jamais glanduleuses. L'inflorescence est généralement petite et peu ramifiée (contrairement à Simaba polyphylla qui a une inflorescence plus grande et généralement 5–11 paires de folioles). Les fleurs ne sont généralement pas disposées en cymes. Les pédicelles sont longs de 2–5 mm. Le filet des étamines porte 2 dents apicales, est séparé de l'appendice staminal sur 0,6–1,5 mm de long (ou au plus adné sur 0–0,2 mm), et est de taille au moins égale à celle de l'ovaire[8].
Simaba guianensis subsp. huberi Francesch. & W.W. Thomas est un arbuste ou sous-arbrisseau haut de 0,2–1(–3) m, à folioles généralement coriaces et souvent fortement révolutées. La partie libre de l'appendice staminal est long de 0,5–1,2 mm. Les fruits sont de couleur bordeaux[8].
Simaba guianensis subsp. guianensis est un arbuste ou un petit arbre, haut de 0,3–2(7) m.
Ses feuilles alternes, longues de 8,5-30 cm (en comptant le pétiole et le foliole terminal), sont composées à 3-7 folioles. Le pétiole mesure (0,9)l0,8-9 cm de long. Les folioles mesurent 4,3-19 x 1,6-6,4 cm, sont subcoriaces à coriaces, de forme folioles étroitement elliptiques à elliptiques ou parfois étroitement obovales, à base atténuée à étroitement cunéiforme (parfois oblique), caudé à acuminé à l'apex, et les marges rarement révolutées. Les plus grandes folioles sont ± sessiles, ou avec des pétiolules ne dépassant pas 2,5 cm de long.
L'inflorescence terminale (ou émergeant à l'aisselle des feuilles supérieures), est mince, avec un axe principal long de 0,8-6 cm lors de l'anthèse. Les pédicelles sont longs de 1 à 4 mm.
La fleur compte 5 sépales pubérulents, longs de 0,4-0,8 mm. Les 5 pétales sont étroitement elliptiques à elliptiques, de couleur crème à jaune, jaune orangé ou blanc, pubérulents sur la face abaxiale, et mesurent 4-5 x 1,2-2 mm. Les étamines ont des filets longs de 2,2 à 3,2 mm, avec un appendice staminal de 1,5 à 2,2 x 0,5 à 0,7 mm, distalement cilié. La partie du filet séparée de l'appendice staminal est longue de 0,6 à 2,1 mm. Le gynécée mesure 0,3-1 x 0,6-1,3 mm, est de forme aplatie à transversalement ellipsoïde, courtement tomenteux, avec un style long de 0,2-0,5 ou 1,3-1,5 mm, selon qu'il s'agit d'une fleur brévistylée ou longistylée.
Les fruits sont des monocarpes drupacés, ellipsoïdes, lenticulaires, mesurant 1-1,6 x 0,6-1,1 cm, rugueux, de couleur jaune à orange à maturité, à l'épicarpe fin, charnu et parfois légèrement ailé[8],[11]
Simaba guianensis subsp. ecaudata (Cronq.) Cavalcante (syn. : Simaba nigrescens Engl.) est un arbre haut de 6–18(30) m.
Ses feuilles alternes pennées mesurent 9-22 cm de long (en comptant pétiole et foliole terminale). Le pétiole est long de 1,4-5,1 cm. On compte 3-7(13) folioles, de forme elliptique à légèrement obovale ou ovale, à base cunéiforme à étroitement cunéiforme, à apex arrondi à aigu ou acuminé (parfois caudé), et mesurant 3,l-12 x l0,3-5,6 cm. La plus grande ± sessile ou avec des pétiolules atteignant jusqu'à 1 cm de long.
L'inflorescence terminale (ou émergeant à l'aisselle des feuilles supérieures), porte un axe principal long de 2-9(13) cm à l'anthèse. Les pédicelles sont longs de 1-3,5 mm.
La fleur comporte 5 sépales pubérulents, longs de 0,5-0,7(1) mm. Les pétales, généralement blancs, parfois jaune pâle, crème ou vert-rougeâtre, sont de forme étroitement elliptiques, mesurent (4,2)4,5-5,9 x 1,2-2,1 mm, et sont pubérulent sur la face abaxiale. Le filet des étamines est long de 3,6 à 5,6 mm, avec un appendice staminal long de 2,2 à 2,6 mm, et cilié distalement. Le gynécée, mesurant 0,3-0,8 x 0,8-1,3 mm, est pileux, avec un style long de 0,8-2,9 mm, lobé à l'apex.
Le fruit est un monocarpe drupacé, de forme ellipsoïde, lenticulaire, mesurant 1,2-1,4 x 0,7-0,8 mm, de couleur orange à vert à maturité, à l'épicarpe fin et rugueux ou ± charnu et lisse, glabre ou parfois pubérulent[11].
Répartition
Simaba guianensis est présent du Venezuela au Brésil en passant par le Guyana, le Suriname, et la Guyane[8].
Simaba guianensis subsp. guianensis est présent du Guyana au Brésil (Amapá) en passant par le Suriname, et la Guyane[8].
Simaba guianensis subsp. huberi est endémique de l'État d'Amazonas au Venezuela[8],[9]
Écologie
En Guyane, Simaba guianensis subsp. ecaudata est présent dans les forêts de terre ferme, rare, et fleurit en août[11].
Simaba guianensis subsp. guianensis est un arbuste ou petit arbre de sous-bois des forêts anciennes (dispersé mais assez commun en Guyane[3]), présent dans les forêts de plaine à 50-500 m d'altitude[8]. En Guyane, il est commun dans les forêts de terre ferme, fleurit en août, et fructifie en septembre-novembre[11].
Simaba guianensis subsp. huberi est inféodé aux savanes sur sable blanc du Venezuela, autour de 100–200 m d'altitude[8],[9].
Dans l'Amapá, Simaba guianensis est la plante hôte de diptères frugivores des familles des Tephritidae (Anastrepha fraterculus et A. parishi) et des Lonchaeidae (Neosilba bella, N. pseudozadolicha et N. zadolicha)[12].
Le coq de roche dissémine des graines de Simaba guianensis en Guyane[13]
Utilisation
Les Wayãpi tiennent Simaba guianensis subsp. guianensis pour un poison très dangereux pour l'homme (ils le regroupent avec Bonafousia moretii)[3].
Chimie
On a isolé des alcaloïdes du type cathinone, ainsi que deux quassinoïdes dans Simaba guianensis subsp. guianensis : le 6-a-tigloyloxychaparrine, et le 6-a-tigloyloxychaparrinone, qui inhibent tous deux significativement la leucémie murine p 388 in vitro (NB : seul le premier est actif in vivo)[14]. D'autres toxines doivent être présentes pour expliquer la grande toxicité que les Wayãpi confèrent à cette espèce[3].
D'autres quassinoïdes ont été isolés dans des extraits de Simaba guianensis : la simalikalactone D, et la gutolactone qui est originale et présente une forte activité antipaludéenne[15], ainsi que des β-carbolines[16]
On a aussi trouvé de la 9-methoxycanthin-6-one (cytotoxique) dans Simaba guianensis subesp. ecaudata[17].

