Simon Guillain
sculpteur français
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Simon (Nicolas) Guillain, né en 1589 (baptisé le [1]) à Paris où il est mort le [2],, est un sculpteur français important (seul rival de Jacques Sarrazin, pendant le règne de Louis XIII).
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| Décès | |
| Période d'activité |
- |
| Nom de naissance |
Simon Nicolas Guillain |
| Activité | |
| Maîtres | |
| Lieu de travail | |
| Enfant |
Simon Guillain II (d) |
Il est influencé par l'art baroque venu d'Italie, mais reste précurseur du classicisme français[3].
Biographie
Né en juin 1589, Simon Guillain est l'élève de son père sculpteur Nicolas Guillain (1560-1639), dit de Cambrai, comme il sera dit aussi. Il étudie également la sculpture en Italie, à Rome, peut-être auprès d'Alessandro Algardi.
De retour en France en 1612, il sera nommé sculpteur du roi en 1627. A l'exemple de son père avec qui il lui arrive de collaborer[4], il sculpte plusieurs monuments funéraires, par exemple :
- en 1624-1626, celui de Henri de Bourbon duc de Montpensier, dans la Sainte-Chapelle du château familial de Champigny-sur-Veude[5]. C'est la fille de celui-ci qui passe la commande, quatorze ans après la mort de son père[6].
- en 1627, celui d'Antoine Ruzé, marquis de Longjumeau, de Cinq-Mars, d'Effiat et de Chilly, seigneur de Beaulieu, surintendant des finances[7].
- en 1628, celui du tombeau des époux Charles Bailly et Chrestienne Leclerc du Vivier dans l'église du couvent des Carmes de Charenton (aujourd'hui à Versailles et au Louvre[8],[9]).
- en 1629-1630, celui de Charlotte-Catherine de La Trémoille, princesse de Condé, dans l'église du couvent de l'Ave Maria (aujourd'hui au Louvre)[10].
Il orne des églises parisiennes dont celle de la Sorbonne en 1635-1640, mais il n'en reste quasiment rien[11]. En 1638, il reçoit la commande du plafond en stuc, toujours en place, du grand escalier monté par François Mansart au château de Blois.
Vers 1643, il réalise le haut-relief de la porte Richelieu représentant le roi Louis XIV enfant[12]
Devenue régente après la mort de Louis XIII, Anne d'Autriche décide de faire édifier un monument à la gloire de la monarchie à l’entrée du Pont au change qui relie la rive droite à l’île de la Cité. Elle confie à Simon Guillain la création des sculptures du monument du Pont au Change qu'il réalise en 1645-1647. Le groupe royal, des bronzes réalisés à une échelle légèrement supérieure à la réalité, met en scène la famille royale unie[13]. Le jeune Louis XIV est placé sur un piédestal, sous une Renommée, entre ses deux parents, Louis XIII et Anne d’Autriche. Tous trois sont vêtus de manteaux d’hermine fleurdelisés et portent le sceptre. Les sculptures prennent place en 1647 dans une imposante niche, un monument spécialement construit à cet effet et orné dans sa partie basse par un bas-relief de pierre, une probable allusion à la victoire de Rocroi en 1643. Le monument est démembré en 1787[13].
Quatre éléments sont sauvés de la destruction et conservés au musée du Louvre, les trois statues royales de bronze, Louis XIV enfant[14], Louis XIII[15] et Anne d'Autriche[16], ainsi qu'un groupe de quatre captifs provenant du bas-relief[17]. Dans la présentation actuelle au Louvre, les trois bronzes de Simon Guillain du groupe royal sont disposés dans la configuration initiale de ce monument à la gloire du jeune Louis XIV, tel qu’il devait se présenter aux passants de l'époque sur le pont au Change à Paris[13].
En 1648, Simon Guillain participe à la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture dont il est donc l'un des douze premiers professeurs (il en deviendra trésorier puis recteur).
Il est marguillier de l'église Saint-Nicolas-des-Champs en 1650-1652[18]. Tout en possédant plusieurs maisons à la fin de sa vie, il habitait dans cette paroisse depuis des dizaines d'années, dans une maison à l'angle de la rue Saint-Martin et de la rue Maubuée[19].
Simon Guillain et sa première épouse Hélène Delatte ont un fils, Simon Guillain (1618-1658), aussi connu sous les noms de Simon Guillain II, Simon Guillain Fils[20], ou Simone Guilino. Envoyé par son père à Rome dans l'atelier d'Algardi pour devenir sculpteur, il préfère devenir graveur. Il est connu pour ses gravures reproduisant des dessins d'Annibale Carracci pour la série Les Cris de Bologne (Le Arti di Bologna (it)) ainsi qu'une vie de San Diego (Vita di San Diego dipinta nella cappella di San Giacomo degli Spagnuoli)[21], des livres publiés tous les deux en 1646 à Rome[22].
Simon Guillain meurt à Paris le 26 décembre 1658, à l'âge de soixante-neuf ans[23].
Quelques années après sa mort, l'historiographe de l'Académie dresse un portrait assez étonnant de l'homme : « Quand il marchoit dans les rues, il cachoit sous son habit un fléau [d'armes]. Il s'en servoit avec une dextérité et une vigueur sans pareilles »[18].
- Charlotte- Catherine de la Trémoille de Condé (au Louvre)
- Charlotte-Catherine de La Tremoille de Condé (au Louvre)
- Monument royal du Pont au Change, vers 1700
- Monument royal du Pont au Change, vers 1740
Élèves
- Michel Anguier (1612-1686)[24].
- Gilles Guérin (1611-1678).
- Pierre Hutinot (1616-1679).
Bibliographie
- "Simon Guillain" dans Documents du Minutier central concernant les peintres, sculpteurs et graveurs au XVIIe siècle (1600-1650), tome II, par Marie-Antoinette Fleury et Martine Constans, 2010, 844 p., notices 973-978 et passim.
- Geneviève Bresc-Bautier, "Guillain Family", dans Grove Art Online, 2003.
- Geneviève Bresc, « Simon Guillain », dans Allgemeines Künstler Lexikon der bildenden Künstler aller Zeiten und Völker, München-Leipzig, 1992.
- Edouard-Jean Ciprut, « Additions à l’œuvre de Simon Guillain », BSHAF, 1967, p. 173-183.
- Georges Guillet de Saint-George, Simon Guillain, dans Mém. inéd., entre 1682 et 1699 ?, t. I, p. 184-194.