Le père de Simone Cuccia, Luca Cuccia (1800-1868), est officier dans l'armée des Bourbons[1]. Son fils naît alors qu'il dirige la place militaire d'Augusta[2].
Grâce à son oncle prêtre, Simone Cuccia suit ses études secondaires au séminaire grec de Palerme et parvient à s'inscrire à la faculté de droit de l'université de Palerme, malgré des difficultés financières familiales[1].
Il obtient sa licence en droit en 1862, puis enseigne l'éthique et le droit positif dans les collèges, tout en travaillant dans un cabinet d'avocat à Palerme[1].
Avocat et professeur
Il acquiert une bonne réputation au sein du barreau de Palerme et occupe la chaire de droit public à l'université[1].
Son catalogage des formes de délinquance, l'étude des troubles mentaux liés et de la délinquance féminine en font l'un des fondateurs de la sociologie criminelle[2].
Il défend, avec Antonio Marinuzzi et Giovanni Lucifora, les cinq frères Amoroso lors de leur procès médiatique (28 août-18 octobre 1883) durant lequel ces anciens participants à la révolte de Sette e mezzo qui contrôlent un large territoire depuis le jardin botanique au cimetière San Spirito, sont accusés de neuf meurtres[3]. Malgré le soutien des députés Raffaele Palizzolo et Caminneci venus à la barre, neuf des inculpés sont condamnés à mort[4]. Simone Cuccia adopte lors du procès un discours sicilianiste, niant l'existence de la mafia et reprochant à l'accusation de faire peur aux touristes par l'image qu'elle donne de la Sicile[3].
Député
Il est conseiller provincial à partir de 1867, et conseiller municipal de Palerme à partir de 1868[2].
Lors des élections de 1882, Simone Cuccia est élu à la Chambre des députés. Il est réélu lors des trois législatures suivantes et siège douze ans, jusqu'à sa mort[1], remplacé par Pietro Bonanno.
Il siège toujours à gauche, d'abord partisan du transformisme d'Agostino Depretis, puis proche de son adversaire, Francesco Crispi[5]. Son nom circule pour un portefeuille ministériel lors d'une crise gouvernementale de 1892[1].
Il prend la parole à l'occasion de débats juridiques, comme sur la Cour suprême de cassation unique et le nouveau Code pénal pour lequel il participe à la commission de travail[5] aux côtés de Villa, Marcara et Nocito. En 1888, il est rapporteur du budget du ministère de la Justice[2].
Monument funéraire de Simone Cuccia au cimetière dei Rotoli.
Famille
Il épouse, en 1864, Silvia Anzon (1844-1928). Le couple donne naissance à huit enfants, dont trois meurent en 1876 lors d'une épidémie de diphtérie. Parmi les autres, l'aîné, Luca, devient avocat, comme son père, et Pietro Beniamino (1879-1947) diplômé en droit, est fonctionnaire au ministère des Finances et épouse la fille d’Enrico Ragusa (1848-1925), propriétaire de l’Hotel delle Palme à Palerme, avec qui il a comme enfant l'influent banquier Enrico Cuccia[1].
12(it) Telesforo Sarti, Il Parlamento subalpino e nazionale, profili e cenni biografici di tutti di deputati e senatori eletti e creati dal 1848 al 1890 (legislature XVI)., Editrice dell' Industria, (lire en ligne)