Site archéologique de Sbeïtla
site archéologique en Tunisie
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Le site archéologique de Sbeïtla, vestige de l'antique Sufetula (ou Sufetula Musuniorum), est un site archéologique du centre-ouest de la Tunisie, situé à Sbeïtla dans le gouvernorat de Kasserine. Il conserve les vestiges d'une importante cité antique fondée par l'administration romaine vers le milieu du Ier siècle et occupée pendant environ six siècles[1], avec dix des monuments classés du gouvernorat de Kasserine.
| Site archéologique de Sbeïtla Sufetula Sufetula Musuniorum | ||
Plan du site archéologique de Sbeïtla. | ||
| Localisation | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Coordonnées | 35° 14′ 26″ nord, 9° 07′ 11″ est | |
| Superficie | Environ 50 ha | |
| Histoire | ||
| Époque | Époque romaine, Antiquité tardive et époque byzantine | |
| Critères | (ii) (d) | |
| Géolocalisation sur la carte : Tunisie
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Sufetula se caractérise par un plan urbain régulier, organisé selon un quadrillage de rues se coupant à angle droit, et couvrait une superficie d'environ 50 hectares. La ville était notamment dotée d'un forum, d'un ensemble capitolin composé de trois temples, de thermes, d'une fontaine publique, d'un théâtre, d'un amphithéâtre, d'arcs monumentaux et d'un pont-aqueduc franchissant l'oued Sbeïtla[2].
La fondation de Sufetula présente une particularité historique importante : la ville aurait, selon le dossier soumis par la Tunisie à l'Unesco, été fondée selon le modèle urbain romain afin de contribuer à la sédentarisation des Musunii, une importante population tribale autochtone dont le mode de vie était encore largement nomade. Cette caractéristique constitue l'un des principaux arguments avancés pour la valeur universelle exceptionnelle potentielle du site[2].
La ville connaît un important développement durant l'Empire romain, puis une christianisation progressive à partir de l'Antiquité tardive. De nombreuses basiliques et installations chrétiennes témoignent de l'importance de Sufetula durant les IVe et VIe siècles siècles. À l'époque byzantine, la cité connaît de nouvelles transformations et devient au VIIe siècle un centre politique important de la province de Byzacène[1].
En 647, Sufetula est le théâtre d'une importante bataille opposant les forces byzantines commandées par le patrice Grégoire le Patrice aux troupes arabo-musulmanes venues de Tripolitaine. Grégoire est vaincu et tué au cours de la campagne. La conquête marque un tournant dans l'histoire de la cité et de l'Afrique du Nord, mais l'occupation de Sufetula ne cesse pas immédiatement après la bataille : la ville continue à être habitée pendant un certain temps avant son déclin et son abandon progressif[1],[2].
Le site est inscrit depuis le sur la liste indicative du patrimoine mondial de l'Unesco en vue d'une éventuelle inscription[2].
Histoire
Fondation et période romaine
Les indices archéologiques actuellement connus ne permettent pas de préciser exactement les origines de Sufetula. La plus ancienne inscription connue mentionne les empereurs de la dynastie flavienne (69-96), tandis qu'aucun vestige architectural pouvant être attribué avec certitude à cette période n'a encore été identifié. Les recherches actuelles situent néanmoins la fondation de la ville vers le milieu du Ier siècle[1].
La ville antique est connue sous le nom de Sufetula, et le dossier présenté par la Tunisie à l'Unesco emploie également la forme Sufetula Musuniorum (Sufetula des Musunii). La fondation de la ville constitue un cas particulier dans l'histoire de l'urbanisation romaine en Afrique : elle aurait été établie ex nihilo par l'administration romaine selon un modèle urbain colonial, dans une région où le nomadisme demeurait important. Selon le dossier de candidature, son implantation était notamment liée à la politique de sédentarisation des Musunii, une importante communauté tribale autochtone de statut pérégrin[2].
Sufetula est organisée selon un plan urbain régulier. Ses rues, orientées selon deux axes perpendiculaires, délimitent des îlots rectangulaires. L'agglomération antique couvre environ 50 hectares et comprend les principaux équipements d'une ville romaine : forum, temples, thermes, fontaines, théâtre, amphithéâtre, arcs monumentaux, maisons et installations hydrauliques. Un pont-aqueduc d'environ 50 mètres de longueur permet notamment de franchir l'oued Sbeïtla et de conduire l'eau vers la ville depuis une source pérenne située à proximité[2].
La cité connaît une période de prospérité durant l'Empire romain. Son développement repose notamment sur l'agriculture et sur la production d'huile d'olive, comme l'attestent les installations de production agricole et les pressoirs identifiés dans la région. Le développement de la ville se traduit également par la construction et l'agrandissement de nombreux édifices publics et privés[1].
Sufetula connaît une évolution de son statut juridique au cours de la période romaine et devient une colonie. La ville possède également des institutions municipales caractéristiques de l'organisation romaine. Des inscriptions témoignent notamment de l'existence de fonctions administratives et municipales, parmi lesquelles celle de curateur de cité[3].
Antiquité tardive et christianisation
À partir du IVe siècle, le christianisme prend une place importante dans la vie urbaine de Sufetula. Plusieurs basiliques, chapelles et baptistères sont construits ou aménagés dans différents secteurs de la ville. L'importance de ces édifices témoigne du développement d'une communauté chrétienne organisée et de la place prise par la ville dans l'Afrique romaine tardive[1].
La ville est également concernée par les controverses religieuses qui traversent l'Afrique romaine, notamment le donatisme. Plusieurs évêques de Sufetula sont connus par les sources épigraphiques et littéraires. L'église de Vitalis, l'église de Bellator et plusieurs autres édifices chrétiens témoignent de l'organisation progressive d'un important ensemble religieux dans la cité[1].
La situation de Sufetula pendant les périodes vandale et byzantine demeure cependant partiellement mal connue. Les recherches archéologiques montrent que certaines basiliques sont réaménagées et que plusieurs installations thermales continuent à fonctionner durant l'Antiquité tardive. Des installations agricoles et des pressoirs témoignent également de la poursuite des activités économiques dans la région[1].
Période byzantine
Après la reconquête de l'Afrique par l'Empire byzantin sous Justinien, Sufetula connaît de nouvelles transformations. Plusieurs bâtiments sont réutilisés ou adaptés à des fonctions défensives et certaines constructions sont fortifiées. Des édifices résidentiels sont notamment transformés en bâtiments fortifiés, témoignant de l'évolution des conditions politiques et militaires de l'Afrique byzantine.
Au VIIe siècle, Sufetula devient un centre politique important de la province de Byzacène. Le patrice Grégoire y établit sa résidence et son état-major. En 646, dans le contexte des incursions arabes en Afrique du Nord, Grégoire se proclame indépendant de Constantinople[2].
Bataille de 647
En 647, Sufetula est le théâtre d'une bataille majeure entre les forces byzantines commandées par le patrice Grégoire et une armée arabo-musulmane venue de Tripolitaine. Grégoire est vaincu et tué au cours de la campagne. Cet affrontement constitue l'un des épisodes majeurs du début de la conquête musulmane de l'Afrique du Nord et marque un tournant dans l'histoire de la domination byzantine en Ifriqiya[2].
La bataille ne signifie toutefois pas l'abandon immédiat de la ville. Les recherches archéologiques montrent que Sufetula continue à être occupée pendant un certain temps après la conquête. La date exacte de l'abandon définitif du site reste difficile à déterminer[1].
Recherches archéologiques
Les premiers travaux archéologiques sont entrepris à Sbeïtla en 1883, peu après l'établissement du protectorat français de Tunisie. Les premières recherches sont menées notamment sous l'impulsion de René Cagnat et d'Henri Saladin. Les fouilles se poursuivent jusqu'en 1922, puis reprennent de manière sporadique à partir de 1941[1].
À partir des années 1950 et 1960, Noël Duval entreprend notamment des recherches consacrées aux basiliques chrétiennes et à l'architecture de la ville antique. Dans les années 1990, les recherches sont reprises par Fathi Béjaoui de l'Institut national du patrimoine[1].
Dès 2022, une nouvelle mission archéologique tuniso-française mène un programme consacré à l'évolution urbaine de Sufetula. Les recherches ne portent plus seulement sur les grands monuments publics, mais également sur les quartiers d'habitation, les maisons, les boutiques, les ateliers et l'organisation des îlots urbains. Des prospections géophysiques ont notamment permis d'identifier des rues et plusieurs édifices encore enfouis[1].
Malgré les nombreux travaux archéologiques entrepris depuis la fin du XIXe siècle, une partie importante de la ville antique demeure encore enfouie ou insuffisamment étudiée. Les recherches anciennes se sont surtout concentrées sur les monuments publics et les édifices religieux, tandis que les quartiers d'habitation, les ateliers et les espaces de la vie quotidienne sont encore moins bien connus. Les recherches archéologiques récentes cherchent notamment à restituer l'organisation urbaine de Sufetula et son évolution entre l'époque romaine et l'Antiquité tardive[1].
Plusieurs monuments ont également disparu ou restent très partiellement conservés. Noël Duval signalait notamment la disparition ou la dégradation de plusieurs édifices et ensembles funéraires, parmi lesquels un mausolée, la basilique des saints Sylvain et Fortunat, la colline de cendres et plusieurs tombes chrétiennes[4].
Édifices

Le site archéologique actuellement accessible couvre une vingtaine d'hectares, tandis que la ville antique s'étendait sur environ 50 hectares[2]. Sufetula est installée sur un plateau assez plat, dans une boucle de l'oued Sbeïtla, immédiatement en contrebas d'une source pérenne abondante. Cette situation a joué un rôle essentiel dans le développement de la cité et dans son alimentation en eau[2].
La ville possède un plan orthogonal régulier caractéristique des fondations urbaines romaines. Des rues rectilignes orientées selon les axes nord-sud et est-ouest se croisent à angle droit et délimitent des îlots rectangulaires. Les principales voies étaient dallées et associées à un important réseau hydraulique composé de canalisations et de conduites permettant l'adduction et l'évacuation des eaux[2].
Le réseau d'alimentation en eau était notamment associé à un pont-aqueduc franchissant l'oued Sbeïtla. Des canalisations en plomb et en terre cuite alimentaient également plusieurs fontaines monumentales installées le long des principales voies[5].
Les monuments conservés appartiennent principalement à l'époque romaine et à l'Antiquité tardive. Ils comprennent le forum, le capitole, plusieurs arcs monumentaux, les grands thermes publics et d'autres complexes thermaux, le théâtre, l'amphithéâtre, des maisons, des boutiques, des installations artisanales et hydrauliques ainsi qu'un important ensemble d'édifices chrétiens et byzantins[5].
L'Institut national du patrimoine distingue notamment plusieurs secteurs : un quartier byzantin, un quartier central, un groupe épiscopal et un quartier nord-ouest. Cette organisation permet de mettre en évidence les transformations successives de la ville et la réutilisation de nombreux bâtiments romains durant l'Antiquité tardive et l'époque byzantine[6].
Édifices publics
Capitole

Le capitole constitue l'un des monuments les plus remarquables de Sufetula. Il occupe le fond du forum et présente une disposition particulièrement rare dans l'architecture religieuse romaine : le sanctuaire est composé, au lieu d'un seul temple consacré à la triade capitoline, de trois temples distincts dédiés à Jupiter, Junon et Minerve[2].
Les trois temples sont construits sur des podiums distincts, séparés à leur base par des passages. Ils sont réunis à l'étage par une plate-forme monumentale située devant les édifices, qui pouvait notamment servir de tribune. Chaque temple possédait une façade à quatre colonnes et un fronton. L'ensemble constitue un exemple particulièrement bien conservé de l'architecture monumentale romaine en Afrique du Nord[5].
- Vue éloignée du capitole.
- Temple de Junon à travers l'arc d'Antonin le Pieux.
- Temples du capitole.
- Vue du capitole par l'arrière.
Forum

Le forum constitue le centre monumental, politique, religieux et social de Sufetula. Il mesure environ 37,20 mètres sur 34,75 mètres et conserve encore une partie importante de son dallage d'origine[2].
La place est entourée sur trois côtés par des portiques. Son quatrième côté est occupé par le capitole. L'accès principal se fait par une porte monumentale à trois baies, comparable par sa composition à un arc de triomphe, qui porte une dédicace à Antonin le Pieux et à ses fils adoptifs. Cette dédicace est datée de 139[7].
Les rues donnant accès au forum étaient dallées et équipées de caniveaux destinés à évacuer les eaux pluviales et usées. Des boutiques et des locaux commerciaux bordaient certaines de ces voies, ce qui montre que le forum était intégré au fonctionnement économique quotidien de la cité[6].
Grands thermes publics
Les grands thermes publics constituent l'un des ensembles monumentaux les plus importants de Sufetula. Leur plan est complexe et associe plusieurs secteurs correspondant notamment aux thermes d'été et aux thermes d'hiver[5].
L'accès se fait par une entrée monumentale donnant sur un vestibule. Le complexe comprend notamment des vestiaires, une palestre, des salles froides, tièdes et chaudes ainsi que des espaces de circulation et de service.

La palestre, d'environ 27 mètres sur 17, est un espace à ciel ouvert entouré d'un portique. Son pavement était décoré de mosaïques à motifs géométriques. Elle donnait accès aux différentes parties du complexe thermal.
Les salles chaudes étaient équipées d'un système de chauffage par le sol et par les parois. Des pilettes de briques soutenaient les sols surélevés et permettaient la circulation de l'air chaud produit par les foyers. Les thermes témoignent ainsi du niveau de maîtrise technique atteint par les constructeurs romains.

Le complexe n'était cependant pas le seul établissement thermal de la ville. Plusieurs autres thermes, plus modestes, ont été identifiés dans différents quartiers. Certains continuèrent à fonctionner durant l'Antiquité tardive et furent parfois intégrés à des ensembles chrétiens ou transformés par de nouveaux usages[6].
Fortins byzantins
Dans le secteur septentrional du site se trouvent plusieurs édifices fortifiés appartenant à la période byzantine. Trois bâtiments sont encore identifiables, dont deux sont particulièrement bien conservés[6].
Ces constructions semblent avoir été aménagées à partir de bâtiments plus anciens. Les ouvertures du niveau inférieur furent en partie condamnées et les bâtiments furent renforcés, probablement dans un contexte d'insécurité croissante à la fin de l'Antiquité.
Les fortins étaient organisés autour de plusieurs pièces et certains possédaient des installations permettant l'approvisionnement en eau. Leur présence illustre la transformation progressive de la ville romaine en une agglomération plus dispersée et davantage fortifiée durant l'époque byzantine[1].
Théâtre
Le théâtre est installé dans le secteur oriental de la ville, à proximité de l'oued Sbeïtla. Il utilise en partie la topographie naturelle du terrain pour l'installation des gradins[5].
L'édifice appartient à la parure monumentale de la ville romaine et témoigne de l'importance accordée aux spectacles et aux activités collectives. Une partie des gradins a été restaurée et plusieurs éléments architecturaux ont été relevés.
Amphithéâtre
L'amphithéâtre se trouve à l'extrémité nord-ouest de la ville antique. Il présente encore un plan elliptique identifiable, mais demeure beaucoup moins fouillé et conservé que les monuments du forum[6]
Ses vestiges comprennent notamment les structures de l'arène et plusieurs ouvertures correspondant aux accès. Une partie des maçonneries utilise des éléments de remploi, témoignant des transformations tardives du secteur.
Pont-aqueduc
Le pont-aqueduc franchit l'oued Sbeïtla et mesure environ 50 mètres de longueur. Il repose sur trois piles centrales et est directement ancré dans le rocher[2].
Il appartenait au système hydraulique de la cité et permettait notamment de conduire l'eau depuis la source située à proximité vers les installations urbaines. Le monument a été consolidé et restauré au début du XXe siècle.
Édifices politiques et monuments honorifiques
Arc d'Antonin le Pieux

L'arc d'Antonin le Pieux constitue l'entrée monumentale du forum. Il possède trois baies et présente une composition architecturale proche de celle d'un arc de triomphe[2].
Une inscription monumentale rappelle la dédicace de l'édifice à Antonin le Pieux et à ses deux fils adoptifs. Elle est datée de 139, sous le règne d'Antonin[7].
Arc de Dioclétien

Situé dans le secteur sud-est de la ville, l'arc de Dioclétien est l'un des principaux monuments honorifiques de Sufetula. Il est lié à la première tétrarchie instaurée par Dioclétien à la fin du IIIe siècle[8].
Le monument forme une porte monumentale à une seule baie, encadrée par deux massifs pieds-droits. Ceux-ci sont décorés de niches, de colonnes et de pilastres corinthiens. Une inscription monumentale rappelle les empereurs associés à la tétrarchie.
Arc de Septime Sévère
Un autre arc monumental, consacré à Septime Sévère, se trouvait dans la ville. Il est généralement daté du début du IIIe siècle et témoigne de la monumentalisation de Sufetula durant la période sévérienne[9].
Édifices religieux chrétiens
Les édifices chrétiens constituent l'un des ensembles les plus importants de Sufetula. Leur nombre et leur diversité témoignent de la diffusion du christianisme dans la cité et de son importance comme centre épiscopal durant l'Antiquité tardive[5].
Plusieurs églises ont été construites sur des bâtiments antérieurs, notamment des édifices romains. Cette pratique de réutilisation explique la présence de nombreux éléments architecturaux antiques incorporés aux constructions chrétiennes[6].
Basilique de Bellator
La basilique dite de Bellator constitue l'un des principaux édifices du groupe épiscopal de Sufetula. Elle aurait été la cathédrale de la communauté catholique de la ville durant l'Antiquité tardive.
L'édifice mesure environ 35 mètres de long sur 15 mètres de large et possède trois nefs séparées par des colonnades. Il a connu plusieurs transformations au cours de son histoire.
La basilique est associée à plusieurs bâtiments annexes ainsi qu'à la chapelle de Jucundus. L'ensemble constitue un véritable complexe épiscopal comprenant des espaces liturgiques et des locaux liés à la vie du clergé.
Chapelle de Jucundus
La chapelle de Jucundus était à l'origine un baptistère associé à un édifice chrétien antérieur. Sa cuve baptismale présente un plan particulier et était accessible par deux escaliers.
Le bâtiment fut ensuite transformé en chapelle et associé au culte de l'évêque Jucundus, dont la sépulture se trouvait dans l'édifice.
Basilique de Vitalis
La basilique dite de Vitalis constitue un autre monument majeur du groupe épiscopal. Elle mesure environ 50 mètres de long sur 25 mètres de large et possède cinq nefs.

Son baptistère est particulièrement remarquable par sa cuve richement décorée de mosaïques. La décoration comprend notamment une croix, des motifs végétaux et une inscription mentionnant Vitalis et Cardela.
L'ensemble témoigne de l'importance accordée aux rites baptismaux et à la monumentalisation des espaces chrétiens de Sufetula.
Église de Servus

L'église du prêtre Servus a été construite dans la cour d'un édifice romain antérieur. Les vestiges de cet édifice comprennent une cella carrée, réutilisée lors de l'aménagement chrétien.
L'église possédait plusieurs nefs et une abside. Des sarcophages et des inscriptions funéraires ont été retrouvés dans le secteur.
Le bâtiment est particulièrement intéressant pour l'étude de la réutilisation des monuments païens dans la ville chrétienne. Son baptistère a notamment été aménagé au milieu de la cella du bâtiment antérieur[6].
Église des saints Gervais, Protais et Tryphon
Une autre église, souvent désignée comme l'église des martyrs, est consacrée aux saints Gervais et Protais ainsi qu'à Tryphon. Elle appartient à l'ensemble des édifices chrétiens de Sufetula et témoigne de la diversité des cultes et des communautés chrétiennes présentes dans la cité durant l'Antiquité tardive[5].
Basilique des saints Sylvain et Fortunat
La basilique des saints Sylvain et Fortunat se trouve à environ 600 mètres au sud-ouest du capitole. Elle était installée dans un secteur funéraire et comportait plusieurs nefs ainsi que des espaces liés au culte des martyrs.
Des mosaïques comportant des inscriptions funéraires ont été découvertes dans l'édifice. La présence d'un martyrium et d'inscriptions consacrées aux saints Sylvain et Fortunat suggère que l'église constituait également un lieu de pèlerinage chrétien.
Église des Pompeani
L'église dite des Pompeani est accolée à l'enceinte méridionale du forum. Elle a été construite sur un bâtiment antérieur dont la fonction exacte reste discutée ; celui-ci pourrait avoir été lié à la basilique civile de la ville[6].
L'édifice chrétien possède une nef centrale et plusieurs bas-côtés ainsi que deux espaces interprétés comme des chœurs. Son sol était décoré de mosaïques.
La construction a également réutilisé un bassin mosaïqué antérieur, décoré de motifs représentant la faune marine. Plusieurs inscriptions funéraires chrétiennes ont été retrouvées dans l'édifice.
Quartier byzantin
Le secteur septentrional de Sufetula présente un ensemble particulièrement important de constructions remaniées ou édifiées durant la période byzantine. Il illustre la transformation de la ville romaine en une agglomération adaptée aux nouvelles conditions politiques et militaires de l'Antiquité tardive[6].
Outre les fortins, ce secteur comprend des pressoirs à huile, des installations thermales et des bâtiments chrétiens. Certains bâtiments romains ont été transformés par l'ajout d'étages, la fermeture des ouvertures et le renforcement des murs.

La production d'huile d'olive constitue l'une des activités économiques majeures du territoire de Sufetula. Plusieurs installations de pressage ont été identifiées dans le site et dans ses environs.
La présence de ces pressoirs dans des quartiers occupés à l'époque byzantine montre que l'exploitation de l'olivier et la transformation des récoltes se poursuivent durant l'Antiquité tardive[1].
Quartier nord-ouest
Maison dite des Saisons
La maison dite des Saisons doit son nom à une mosaïque représentant les quatre Saisons, désormais conservée au musée national du Bardo. Il s'agit d'une demeure de dimensions importantes, interprétée comme une résidence aisée de l'Antiquité tardive.
Son décor et sa technique permettent de situer son aménagement vers la fin du IVe siècle ou au début du Ve siècle[6].
Temple anonyme
Le temple anonyme est un petit édifice tétrastyle prostyle situé dans le secteur nord-ouest, en face de la maison dite des Saisons.
Il possédait une cella précédée d'un podium et d'une façade à quatre colonnes. La disparition de sa partie supérieure et de ses inscriptions ne permet pas de déterminer avec certitude la divinité à laquelle il était consacré[8].
Installations hydrauliques

L'alimentation en eau de Sufetula reposait sur un système complexe comprenant sources, aqueducs, citernes, canalisations et fontaines.
Les principales voies étaient équipées de conduites en plomb et en terre cuite. Des fontaines monumentales bordaient certaines rues et permettaient l'accès de la population à l'eau. Une partie de ce réseau était alimentée par le pont-aqueduc franchissant l'oued Sbeïtla[5].
Des citernes publiques et privées assuraient également le stockage de l'eau. Ces installations constituent un élément essentiel de l'infrastructure urbaine de la cité.
Plusieurs fontaines publiques ont été identifiées à Sufetula. L'une d'elles, particulièrement monumentale, a fait l'objet d'une étude archéologique spécifique[10].
Habitat et vie quotidienne
Les vestiges de Sufetula ne se limitent pas aux monuments monumentaux. Des maisons, boutiques, ateliers, installations de production et espaces de circulation témoignent de la vie quotidienne de ses habitants.
La ville disposait notamment de commerces installés à proximité du forum ainsi que d'activités artisanales et agricoles. La production d'huile d'olive occupait une place importante dans l'économie locale, tandis que les thermes, les fontaines, le théâtre et l'amphithéâtre participaient à la vie sociale de la cité[5].
Les recherches archéologiques engagées depuis 2022 portent précisément sur ces quartiers moins connus. Elles utilisent notamment la prospection géophysique afin d'identifier les structures encore enfouies et de restituer l'évolution de l'organisation urbaine de Sufetula[1].
