Socialisme dans un seul pays

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Joseph Staline

Le socialisme dans un seul pays est une théorie politique qu'avança Joseph Staline sous la forme d'un slogan le et qui fut par la suite développée par Nikolaï Boukharine au point d'être adoptée par le XIVe congrès du Parti communiste de l'Union soviétique le . Cette théorie défendait la possibilité de bâtir le socialisme dans l'Union des républiques socialistes soviétiques sans obtenir le secours des autres pays plus industrialisés qui auraient pu connaître leur propre révolution du prolétariat.

Pour ses partisans, l'idée consistait à abandonner le projet d'une grande révolution ouvrière internationale dans l'immédiat, en développant une économie planifiée et autarcique sur le seul territoire de l'URSS, déjà gigantesque au demeurant (plus de vingt millions de km²) et diversifié avec cent nationalités répertoriées. L'Union soviétique servirait ainsi de vitrine pour exposer les vertus du socialisme, en attendant que les autres pays passent par toute une série d'étapes intermédiaires avant leur révolutions socialistes nationales, ce qui justifiait toute sorte d'accommodement entre-temps : avec le Front populaire en France ou le Kuomintang en Chine. Le capitalisme devait donc être progressivement repoussé dans un nombre toujours plus restreint de pays conservateurs, jusqu'à s'effacer définitivement.

Pour Trotsky au contraire, le développement économique devait nécessairement passer par l'accroissement de la division du travail, et donc de la division internationale du travail. Pour lui, l'autarcie empêcherait une division suffisante du travail et rendrait obligatoirement l'URSS toujours plus dépendante de l'extérieur, par l'intermédiaire du marché mondial et tôt ou tard de la guerre mondiale. Aucune autarcie économique, aucune coexistence pacifique n'était donc selon lui possible et seule la révolution mondiale pouvait sauver l'URSS de l'effondrement économique ou de l'écrasement militaire[1]. Egalement, d'autres courants marxistes dit de la « gauche communiste » et opposés au stalinisme (telles que la gauche communiste germano-hollandaise et la gauche communiste italienne) se sont montrés critiques vis-à-vis de l'idée d'un socialisme dans un seul pays.

La discussion sur le « socialisme dans un seul pays » est emblématique de la période de stalinisation durant laquelle l'opposition de gauche, puis l'opposition de droite furent écartées de tous les postes à responsabilité puis méthodiquement exterminées. Les staliniens commencèrent par reprocher aux trotskystes de manquer de confiance envers le prolétariat d'URSS, de sous-estimer l'alliance du prolétariat et la paysannerie[2] ou celle de l'URSS avec les partis ou États capitalistes, puis, alors qu'ils contrôlaient tous les leviers de pouvoir, finirent par accuser les trotskystes de sabotage et d'espionnage au service de l'étranger (Allemagne ou Grande-Bretagne, selon la diplomatie de l'URSS).

La théorie du « socialisme dans un seul pays » servit également de base idéologique à la politique économique d'autres États, comme la Chine, le Cambodge ou la Corée du Nord. Certains de ces États abandonnèrent cette politique, et se convertirent au capitalisme (bien que le Parti communiste puisse toujours garder le pouvoir). C'est le cas de la Chine, dont le système économique est qualifié de socialisme de marché. D'autres, quant à eux, la conservèrent, quoique pas toujours pour des raisons internes : l'embargo presque total imposé à la Corée du Nord n'est pas étranger[non neutre] au maintien contemporain de cette doctrine.

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