Sociologie des émotions
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Les recherches en sociologie des émotions deviennent de plus en plus nombreuses à partir des années 1970, alors que l'affect et les émotions font l'objet d'une attention renouvelée en psychologie. La section 25 (sociologie des émotions) de l'American Sociological Association est reconnue comme une section à part entière en 1986.
Arlie Russel Hochschild, Theodore Kemper ou Thomas Scheff sont quelques-uns des chercheurs les plus importants dans ce domaine. Le philosophe Rom Harré insiste également sur la nature sociale des émotions.
En France, notamment à l'EHESS à Paris, la chercheuse la plus importante est Eva Illouz(directrice d'études) qui donne des cours annuels sur le sujet, en se concentrant spécifiquement sur le « capitalisme émotionnel » et la transformation des émotions individuelles - telles que la honte ou la culpabilité - sur le marché[1] des interactions numériques[2]. Massimo Cerulo (sociologue italien et directeur d'études invité à l'EHESS, ainsi que chercheur associé au CERLIS de Sorbonne Paris Cité) a également donné des séminaires[3] sur ce thème à l'EHESS, en se concentrant sur l'étude des émotions par les auteurs classiques de la sociologie, mais aussi en approfondissant le rôle de la discrétion, de la pudeur et du tact dans ce qu'il appelle la « sociologie du secret ».
L'approche la plus utilisée en sociologie des émotions est l'approche interactionniste, notamment développée par Arlie Russell Hochschild, Peggy A. Thoits et Shott qui identifient les émotions comme « des éléments existants dans l'organisme humain mais qui prennent des formes différentes exclusivement grâce aux relations sociales ; comme quelque chose qui se forme en même temps »[4].
L'approche constructiviste « considère les émotions comme des produits exclusifs de normes et de contextes socioculturels, qui varient d'une organisation sociale à l'autre. La manière de ressentir est entièrement constituée d'influences sociales à la biologie n'a aucune relation causale avec l'émotion »[4]. Pour la sociologue Eva Illouz, la vie sentimentale et les émotions ne sont pas le fruit d'un intérieur profond mais des productions sociales : elles sont façonnées par la culture et fabriquées par le marché capitaliste qui vend des émotions tout en créant les conditions de leur manque. Le « capitalisme émotionnel » fait d'elles des objets de commercialisation manipulés par des produits marketés[5]. Ces deux approches peuvent être combinées et complémentaires[réf. nécessaire].
La troisième approches est l'approche positiviste, développée notamment par Theodore Kemper qui comprend les émotions comme des phénomènes physiologiquement déterminés et d'origine naturelle. Cette approche est largement remise en cause[réf. nécessaire].
Jonathan H. Turner (en) et Jan E. Stets, proposent des subdivisions parmi lesquelles une approche qui concerne la théorie de l'échange (Peter M. Blau, Richard Emerson, Homans) qui comprend les émotions comme des moyens d'échanges et donc comme des outils de pouvoir et de contrôle social[6].