En 1861, Alfred Nobel obtient à Paris un prêt du Crédit mobilier lui permettant de fonder un laboratoire à Heleneborg dans le quartier de Södermalm à Stokholm, puis des usines à Vinterviken pour la société « Nitroglycerin Aktiebolaget AB » et Krümmel pour la « Dynamit Nobel AG ». Par la suite, trois sociétés sont créées en Norvège en 1865, aux États-Unis à Little Ferry en 1866, et en France à Liverdun en 1868 en association avec Paul Barbe. Durant la guerre franco-prussienne de 1870, une usine est construite dans l'urgence à Paulilles. A l'issue de la guerre l'usine est fermée, le monopole français interdisant toujours la fabrication de la dynamite par une société privée. Cependant quelques années plus tars, la loi du 8 mars 1875 autorise la production par des établissements privés et permet la fondation de la « Société générale pour la fabrication de la dynamite » (SGFD) dont Nobel et Barbe gèrent le conseil d'administration.
Au cours des années 1870, différentes entreprises sont fondées en Europe, indépendantes les unes des autres, obligeant Nobel à tenter une restructuration. Les gros producteurs de poudre allemands se mirent d'accord pour former un cartel (ici un « Interesse-Gemeinschaft », sorte de GIE) nommé Deutsche Union et dirigé par Dynamit Nobel pour cinq ans[3]. En 1886, ils développèrent une étroite collaboration avec le cartel de la poudre britannique, la Nobel Dynamite Trust Co., puis parvinrent à la constitution du Cartel Général des fabriques de poudre allemandes et britanniques[4].
En 1887, Paul Barbe réussit à filialiser les usines d'Europe latine (France, Espagne, Suisse, Italie, Portugal), du Venezuela et du Transvaal[5] au sein de la « Société Centrale de Dynamite » et siégeant au 67 boulevard Haussmann à Paris.
En 1927, la SGFD devient la Société Nobel française qui possède alors les usines de Paulilles, d'Ablon, de La Rivière-Saint-Sauveur, de Villetaneuse, de Stains et de Chauffry[6],[7].
De son côté, la SCD devient la Société Centrale Roussel-Nobel en 1953, absorbée par Chimio en 1974.