Sonia Mabrouk

journaliste et animatrice de radio et de télévision franco-tunisienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Sonia Mabrouk est une journaliste franco-tunisienne, née le à Tunis. Depuis , elle intervient principalement en tant qu’animatrice de radio et de télévision.

Faits en bref Naissance, Nom dans la langue maternelle ...
Sonia Mabrouk
Sonia Mabrouk en lors de la remise du prix du Trombinoscope, dont elle est alors membre du jury.
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
سنية مبروكVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Française (depuis )
Tunisienne
Formation
Activités
Conjoint
Guy Savoy (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Hédi Mabrouk (oncle)
Mongi Mabrouk (d) (grand-père paternel)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
BFM TV (d) (depuis )
Le Journal du dimanche (jusqu'en )
CNews (-)
Europe 1 (-)
Jeune Afrique (-)
Public Sénat
Institut des hautes études commerciales de CarthageVoir et modifier les données sur Wikidata
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Après avoir été journaliste à Jeune Afrique, elle anime des émissions sur Europe 1 entre et , autour des Grandes Voix, poursuit en en menant un entretien dans la tranche 18 h20 h, puis à partir de avec l'entretien politique dans la matinale. À la télévision, elle est sur CNews de à 2026.

Sur le plan politique, Sonia Mabrouk est située sur une ligne de droite conservatrice, entretenant un positionnement public ambigu sur sa filiation avec les idées d'extrême droite.

Biographie

Origines et enfance

Sonia Mabrouk naît le [1] à Tunis, où elle grandit[2].

Elle est issue d'un milieu imprégné de politique. Sa famille reçoit à son domicile des personnalités telles que Habib Bourguiba, président de la République entre et . Sous son mandat, son grand-père paternel, Mongi Mabrouk, est ministre du Commerce, tandis que son oncle, Hédi Mabrouk, est ambassadeur de Tunisie en France puis le dernier ministre des Affaires étrangères de Bourguiba[2].

En , Sonia Mabrouk obtient la nationalité française[3].

Formation

Sonia Mabrouk est diplômée de l'école de commerce IHEC de Carthage, où elle enseigne quelques années plus tard[4]. Elle suit ensuite un parcours à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne[5],[2],[4],[6].

Carrière professionnelle

Journaliste et animatrice

Béchir Ben Yahmed permet à Sonia Mabrouk d'intégrer la rédaction de l'hebdomadaire Jeune Afrique, où elle reste trois ans. En , Jean-Pierre Elkabbach lui propose la présentation du journal sur Public Sénat[2].

À la rentrée , elle devient l'animatrice du Débat des grandes voix le samedi de 13 h à 14 h sur Europe 1 et coanime la tranche d'infos du dimanche soir avec Patrick Roger[7]. De à , le dimanche de 19 h à 20 h, elle anime Les grandes voix vous répondent puis à partir de Les Éclaireurs de 19 h 20 à 20 h[8].

À partir de , elle anime également une émission autour des Grandes Voix d'Europe 1 en semaine de 17 h à 18 h[9] en plus de celle du samedi midi mais laisse en revanche la présentation de l'émission Les Éclaireurs du dimanche soir à Nicolas Escoulan. À partir de la rentrée , elle a sa propre émission sur CNews Les Voix de l'info, le 17 h19 h[10], et la présentation du 18 h20 h chaque dimanche sur Europe 1[11].

Lorsque Laurent Guimier, nouveau président-directeur général de la station, décide de remanier en profondeur la grille des programmes d'Europe 1, Sonia Mabrouk se voit confier une interview dans la tranche 18 h20 h à partir de la rentrée [12]. À partir de , elle anime la tranche « Midi News » sur CNews et présente sur Europe 1 l'entretien politique de 8 h 15, dans la matinale de Matthieu Belliard[13].

Sonia Mabrouk dit avoir été en butte, au fil de sa carrière, à des remarques sur son « accent arabe ». En , Élisabeth Lévy, rédactrice en chef de la revue d'extrême droite Causeur, lance à Sonia Mabrouk, lors d'une émission télévisée, qu'elle a « une tête d'Arabe »[14].

À la rentrée , en plus de son entretien politique dans la matinale de Dimitri Pavlenko, elle anime l'émission politique dominicale Le Grand Rendez-Vous sur Europe 1, en partenariat avec CNews et Les Échos[15].

Le , elle annonce à l'Agence France-Presse sa démission de CNews, avec dispense de préavis[16]. Sa décision fait suite à un conflit avec le puissant directeur de la chaîne Serge Nedjar, en raison du maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini en dépit de ses condamnations définitives pour corruption de mineur et harcèlement sexuel, ce à quoi Sonia Mabrouk s'oppose[17],[18]. Dans la foulée, le , la journaliste démissionne de la radio Europe 1 et annonce quitter les médias appartenant à Vincent Bolloré[19]. Le , Rodolphe Saadé propriétaire de la chaine BFM TV, annonce que la journaliste fera sa rentrée sur sa chaine d'info, dont les audiences sont en perte de vitesse[20].

Promotion de la culture

En , avec Marc Ladreit de Lacharrière, Sonia Mabrouk crée l'Association des musées méconnus de la Méditerranée (AMMed)[5],[14].

Activités éditoriales

De 2025 à 2026[21], Sonia Mabrouk rejoint les éditions Fayard[22],[23], peu après le rachat de celles-ci par Vincent Bolloré, pour prendre la direction d'une collection intitulée « Pensée libre », dont les premiers ouvrages dont elle supervise la publication sont signés par des personnalités proches de l'extrême droite, parmi lesquels Éric Zemmour[24], Gilles-William Goldnadel et Éric Naulleau[25],[26].

Vie personnelle

À partir de , elle est la compagne du chef cuisinier Guy Savoy[27],[28], qu'elle a épousé[29]. En , elle annonce leur rupture[30].

Le est annoncée en couverture de Paris Match une relation avec le chanteur Pascal Obispo[31], démentie depuis par les deux parties[32].

En , elle annonce quitter l'antenne (télévision et radio) pour plusieurs mois, le temps d'un congé maternité[33].

En 2025, elle annonce être enceinte de son deuxième enfant[34], attendu au printemps 2026[35].

Prises de position

Se déclarant musulmane[36],[37], « spirituelle attachée à l'idée de destin », Sonia Mabrouk affirme son attachement à la laïcité et estime que les catholiques français devraient se « désinhiber » pour combattre ce qu'elle qualifie d'« islam conquérant »[14]. Sur le plan économique, elle se définit comme libérale[14].

En 2021, elle défend l'émission d'Éric Zemmour[14]. Par ailleurs, elle dit admirer l'écrivain Michel Houellebecq[14].

Le , interviewant sur Europe 1 Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances, qui affirme être « en opposition frontale avec le diagnostic » que fait Éric Zemmour, Sonia Mabrouk lui répond : « Vous ne voulez pas voir la réalité alors ? »[38],[39].

Elle prend position notamment contre « la révolution racialiste », selon elle importée des États-Unis par des mouvements antiracistes, féministes et écologistes « totalitaires », considérant que ces courants sont complaisants avec l'islam et représentent une « véritable menace civilisationnelle »[14].

Interrogée sur la colonisation française en Tunisie, elle rejette le terme de « colonisation » et déclare : « C'était un protectorat. Et puis, est-ce que tout est à jeter ? C'est aussi un bel héritage qui permet à des gens comme moi de sublimer la France[14]. ».

Le , lors d'une conférence avec Franck Ferrand au théâtre Montansier à Versailles, elle dénonce ce qu'elle qualifie d'« entrisme islamiste » et répond à la question des « racines spirituelles de la France » en déclarant qu'il s'agit du christianisme. Selon le média Télérama, elle ajoute qu'« aimer la France » consiste à « lutter contre les groupuscules décoloniaux et écologistes »[40].

Le , elle déclare devant les députés de la commission de contrôle de la télévision numérique terrestre que sa matinale sur la chaîne CNews respecte le pluralisme, dans un contexte où un relevé statistique effectué depuis prouve que l'immense majorité des invités de sa matinale sont classés à droite ou à l'extrême droite des sensibilités politiques[41].

Critiques

Le journal Libération estime en que Sonia Mabrouk est une « égérie de la droitosphère » et la baptise « directrice de la réaction »[14], manière de qualifier ses idées de réactionnaires dans un jeu de mots avec « directrice de la rédaction ». La même année, L'Obs la mentionne comme une « égérie des milieux conservateurs »[42]. Dans le même magazine, Fabrice Pliskin range Mabrouk « parmi les plus implacablement conservateurs » des présentateurs de la chaîne CNews[43]. Le Monde la décrit comme une représentante de la droite radicale[44]. Le Temps se demande si elle est une « grande dame conservatrice ou [la] caution smart de l'extrême droite ? »[45].

Le , au cours d'une interview sur Europe 1, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie et des Finances affirme être « en opposition frontale avec le diagnostic qui est fait » par Éric Zemmour, ce à quoi Sonia Mabrouk rétorque : « Vous ne voulez pas voir la réalité alors ? »[38],[46]. Cet interview a suscité de fortes réactions sur les réseaux sociaux, des internautes la qualifiant de soutien implicite aux idées du polémiste d'extrême droite[47],[48].

En , Télérama voit en Sonia Mabrouk « une voix bien tracée à droite » et déplore les « refrains déclinistes » qu'elle a entonnés à Versailles le , en compagnie de Franck Ferrand, dans le cadre d'une soirée organisée par Les Éveilleurs, un collectif créé dans le sillage de La Manif pour tous, proche du magazine d'extrême droite Valeurs actuelles et défendant des positions anti-IVG[40].

Thomas Legrand, invité en février 2024 de la matinale de France Inter, affirme que Sonia Mabrouk n’est pas « une vraie journaliste » et explique que la présentatrice « passe son temps à inviter des confrères de la Bollosphère qui n'ont pas fait de reportages » ou des personnalités comme Didier Raoult ou Michel Onfray[49],[50]. Dans Libération, Daniel Schneidermann prend la défense de Sonia Mabrouk tout en observant que les invités de cette dernière dans son Grand Rendez-vous sur CNews représentent une « kermesse de toutes les droites, sans aucune trace d’un trouble-fête de gauche », à l’exception d'un seul invité, Manuel Bompard (LFI)[51].

Analyses

Selon le chercheur en littérature Johan Faerber, les livres de Mabrouk « réactivent trois valeurs d'extrême droite : l'appel au bon sens intuitif contre l'intellectualisme, la notion de sacré et l'appel à la reconquête du sentiment nationaliste contre le déclin civilisationnel ». L'intéressée dément être d'extrême droite[40].

Dans une étude consacrée à la notion de doxa[52], le sociologue Samuel Vernet analyse un extrait d'une émission animée par Sonia Mabrouk sur la chaîne CNews en - sur la question de la limitation des libertés publiques, pendant le mouvement des Gilets jaunes. Il s'intéresse aux multiples injonctions aux silences adressées par Mabrouk au philosophe Vincent Cespedes sur le plateau lorsque celui-ci cherche une explication à la violence des manifestants : « Dans cette séquence, on identifie clairement une manière de “bien penser” (plutôt que de “bien dire”), c’est-à-dire une orthodoxie. Face à elle, le philosophe, isolé, brise les codes de cette orthodoxie. Les réactions indignées et la virulence du front commun contre Vincent Cespedes tendent à le présenter comme un être radical ; il est inaudible, et même disqualifié, hors du champ d’une discussion possible : ce qu’il dit n’est simplement pas dicible. »

Publications

Notes et références

Voir aussi

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