Sophie de Gandersheim
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Sophie de Gandersheim, née à l'été ou à l'automne 978[1] et morte le à Gandersheim, est une princesse de la dynastie des Ottoniens, fille de l'empereur Otton II et de son épouse la princesse byzantine Théophano Skleraina. L'une des sœurs de l'empereur Otton III, elle fut abbesse de Gandersheim de 1002 à sa mort, et également abbesse d'Essen à partir de 1011.

La seule date qui entre en ligne de compte pour la naissance de Sophie est après l'an 977. On peut en déduire que la princesse Adélaïde est sa sœur aînée, ce qui est attesté par la transmission du nom. Un enfant a dû naître en 975, mais n'a pas survécu. On sait par un acte de donation de l'empereur Otton II daté de 979, et qui sur une proposition de l'impératrice Théophano attribuait un fief à l'abbaye de Gandersheim en Saxe, qu'on confia l'éducation de la princesse Sophie cette même année à l'abbaye. L'abbesse était à cette époque Gerberga, issue de la branche bavaroise des Ottoniens, sœur et alliée du duc déchu Henri le Querelleur.
Sophie reçut l'habit de moniale à Gandersheim en 987, mais un premier conflit de préséance éclata précisément à l'occasion de cette cérémonie entre l'évêque local Osdag de Hildesheim et l'archevêque Willigis de Mayence, archichancelier du Saint-Empire. Sophie refusait l'idée de recevoir le voile des mains de l'évêque Osdag, mais celui-ci entendait faire valoir ses prérogatives et fit ostensiblement installer sa chaire épiscopale à côté de l'autel. Selon la Vita Bernwardi, un éloge de Bernouard de Hildesheim par le moine bénédictin Thangmar qui, dans cette première « querelle de Ganderseim », prend clairement parti pour Osdag, les deux évêques se seraient déjà affrontés devant l'impératrice, le jeune Otton III et toute la cour. Pour l'instant, Théophano mit un terme au conflit essentiellement en convenant que les deux évêques tiendraient l'habit pour la princesse, cependant que toutes les autres novices ne recevraient l'habit que de l'évêque Osdag. Le litige relatif au pouvoir spirituel sur l'abbaye de Gandersheim, située à la frontière entre les diocèses de Hildesheim et de Mayence, s'est poursuivi jusqu'à la renonciation définitive déclaré par l'archevêque Aribon de Mayence en 1030.
Sophie demeura jusqu'en 997 auprès de son frère Otton, qui la désigne dans un décret royal comme « sa sœur préférée » (dilectissima soror[2]) et la couvre de bienfaits, dont plusieurs domaines sur les rives de la Leine. Toutefois, elle disparaît ensuite complètement de l'entourage de l'empereur. Le caractère de Sophie de Gandersheim est décrit par ses contemporains comme intéressé, vénal, fier et autoritaire. Même en faisant la part de la malveillance des sources proches de l'évêque de Hildesheim après la première querelle de Gandersheim, dans laquelle elle était pleinement impliquée, il reste qu'une indélicatesse survenue plus tard dans son exercice d'abbesse d'Essen reflète certaines faiblesses.
Sophie devint abbesse de Gandersheim après la mort de son enseignante Gerberga en , comme cela avait certainement été convenu lors de la donation de 979. Sa sœur cadette Mathilde, initialement destinée à diriger l'abbaye d'Essen, ayant finalement été mariée à Ezzo, fils du comte palatin Hermann Ier de Lotharingie, pour des raisons politiques, c'est également Sophie qui succéda à sa cousine l'abbesse Mathilde II, fille de Ludolphe de Souabe morte le . Elle conserva la direction des deux couvents jusqu'à sa mort, survenue le (d'autres sources donnent le 27 ou le ) 1039 à Gandersheim. Elle fut inhumée dans la collégiale de cette abbaye.

