Sous la meule de Dieu et autres contes de Joseph Malègue
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Sous la meule de Dieu et autres contes de Joseph Malègue est le titre du recueil, publié en 1965 aux éditions du Chalet, à Lyon, par Jean Lebrec, des trois plus longues nouvelles de Malègue sur les huit. Soit : La Mort d'Adam, Celle que la Grotte n'a pas guérie. Et Sous la meule de Dieu. Ce dernier texte est achevé en août 1940, le dernier que Malègue ait écrit avant sa mort en décembre 1940. Il raconte l’histoire d’un avocat de Nantes, à jamais meurtri par la perte de son fils, grièvement blessé lors des combats de juin et qui mourra comme un saint.
Lebrec les commente dans sa présentation du recueil, et édite quatre autres nouvelles, très courtes, dans L'Art de la nouvelle chez Joseph Malègue : L'Orage, La Pauvreté, Rêverie autour de la peine de mort et Notes d'urbanisme moral, qu'il commente longuement (70 pages). Tout au long de son monumental ouvrage, Joseph Malègue entre réalisme et impressionnisme. Les multiples éclats d'une œuvre oubliée, Honoré Champion, Paris 2025, Zofia Litwinowicz Krutnik considère Joseph Malègue comme un impressionniste en littérature et elle le montre pour la plupart des nouvelles, en particulier L'Orage.
Malègue est l'auteur d'une huitième nouvelle qui sera insérée dans Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut, roman posthume. Cette œuvre est censée être une « Relation écrite en sa prison de Feurs, par Henri Casimir du Montcel ci-devant président du Présidial de Riom en Auvergne, jugé, massacré et enterré dans la fosse commune de Feurs en juillet 1794 ». L'auteur de la « relation » est un ancêtre d'André Plazenat personnage du roman, qui enseigne le droit à Paris. Par lettre, l'enseignant confie le manuscrit à Jean-Paul Vaton, le narrateur-héros, pour qu'il en établisse une copie et la lui fasse parvenir. Ce document doit servir à l'élaboration d'une étude sur les tribunaux révolutionnaires. Dans le chapitre de Pierres noires intitulé, comme la nouvelle, La Révolution, Jean-Paul Vaton fait part de ses impressions sur ce qu'il retranscrit. Il lui semble entendre « le bruit de la pensée[2]. »

L'Orage est le premier texte paru de Joseph Malègue dans la revue L'Idée nationaliste et régionaliste en . Pour, Claude Barthe on croit souvent que Malègue a commencé avec Augustin ou Le Maître est là « mais il n'en était pas à son coup d'essai et avait déjà publié des nouvelles très dramatiques ( L'Orage, La Révolution[3]. » La revue L'Idée... s'occupe surtout de politique, mais Charles Vildrac, Charles le Goffic, notamment, y collaborant, cette ouverture à la littérature permet à Malègue d'y être accueilli.
En 1911, il entreprend une thèse sur les dockers de Londres, amère expérience de la misère et de sa propre gêne. Il « se délivre d'un poids intérieur » en rédigeant La Pauvreté, jamais publiée car « confession déguisée[4], » Zofia Litwinowicz pense qu'à « l'arrière-plan on découvre le cadre de l'appartement parisien que Malègue avait loué avec son frère[5]. » Ces deux nouvelles sont publiées par Jean Lebrec en 1969[6].
La Mort d'Adam, sans doute écrite en 1922, reste également inédite jusqu'en 1965, lorsque les éditions du chalet l'insère dans un recueil intitulé Sous la meule de Dieu et autres contes de Joseph Malègue. La Révolution, composée à la même période, a d'abord eu une existence indépendante. Plusieurs fois remaniée elle se voit finalement intégrée dans Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut.Celle que la Grotte n'a pas guérie a été elle aussi publiée aux éditions du chalet en 1965, après avoir transité par la revue Sept les 19 et et été insérée en 1939 dans le recueil Pénombres.
Rêverie autour de la peine de mort, également parue dans Sept le avec des lithographies de Daumier sur les gens de Justice, est reproduite en 1969 dans L'Art de la nouvelle selon Joseph Malègue de Lebrec.Notes d'urbanisme moral, publiée le dans La Vie intellectuelle, est reprise dans l'édition de Lebrec en 1969.Sous la meule de Dieu, la plus longue des nouvelles, sert de titre au recueil des éditions du chalet en 1965. Elle avait déjà paru dans le quatrième numéro de la revue Construire à la fin de 1943.
Résumé des nouvelles
L'Orage, La Pauvreté, La Mort d'Adam

Dans L'Orage, deux jeunes gens discutent d'un ami plus âgé mort dans un orage voici peu. Le premier reçoit le second chez lui et raconte ce qu'a fait le vieil homme au balcon de la maison, lui rapportant des poèmes qu'il écrit face aux éclairs. Le dernier éclair le tue. Le récit se clôt par la lecture des poèmes de l'homme foudroyé.
Dans La Pauvreté, un étudiant pauvre s'efforce de vivre stoïquement face à son dénuement. Il se lie d'amitié avec René Tolknine, étudiant polonais plus pauvre encore, qui considère que son sort est comme une invite à l'abandon en Dieu. Il meurt lors d'une absence prolongée de Michel. Le concierge que ces locataires sans le sou n'intéressent guère, n'a pas gardé la lettre destinée à Michel. Il peut se passer de son message, pense-t-il, car : « je sens son âme si près de moi[7]. »
Dans La Mort d'Adam, le personnage éponyme est « le seul à savoir un jour qu'il mourra » ; le seul qui a entendu la malédiction de Yahweh après la faute (« tu retourneras au sol, puisque tu en fus tiré » (Genèse, III, 19)) ; le seul qui aperçoit les approches de sa mort. Car ces hommes qui vivent des siècles n'ont été témoins « que de morts accidentelles[8]. » Peu avant l'échéance, apparaît une jeune femme très belle, descendante de Caïn et vivant au sein d'une autre horde. Elle finira par entraîner avec elle un membre de la horde d'Adam.
La Révolution, Celle que la grotte n'a pas guérie

La Révolution a comme scène une prison révolutionnaire improvisée de l'an II (une grange à Feurs). Pour Léon Émery, cette nouvelle devient le « sublime chapitre intercalaire de Pierres noires qui nous transporte dans les cachots de la Terreur et recrée un climat religieux très semblable à celui qui enveloppe l'aventure des Carmélites de Compiègne , si bien connue aujourd'hui grâce à Gertrud von Le Fort, puis à Georges Bernanos[9]. » Un prêtre et son cousin président du Présidial de Riom, en passe d'être fusillés, y dissertent sur l'appel à la sainteté que constituent d'elles-mêmes les périodes troublées : il y a là l'implacable « déterminisme dans lequel les classes moyennes du Salut [« le gros de l'humanité » selon Moeler] sont prises comme dans une barque ensablée[10]. » L'épisode semblant détaché de l'actualité, est écrit« alors que la Révolution d'octobre passait par des phases tyranniques et sanglantes[11]. »
Malègue « « a relu Durkheim » à travers le personnage de l'abbé Le Hennin [12] . » Hommes et femmes sont, explique-t-il « parqués en de grands corps aux puissantes structures, des cités, des royaumes avec leurs immenses traditions, mais aussi moins visibles [...] des commerces, des métiers et les mille habitudes enchevêtrées, nées des richesses ou des pauvretés[13]. » Ce qui détermine, quasi totalement, leurs destins, leurs convictions religieuses ou irréligueses. Celle que la Grotte n'a pas guérie raconte l'amitié de Jeannette et Noémi (dont les mamans sont également amies). Élégante vendeuse, Noémi se retrouve brusquement presque totalement paralysée, veillée d'abord par sa mère et ensuite par Jeanette pour des raisons que celle-ci ne s'explique pas mais qui la maintiendront aux côtés de la malade jusqu'à sa fin, cette dernière acceptant peu à peu son état.
Rêverie autour de la peine de mort, Notes d'urbanisme moral, Sous la meule de Dieu
Dans Rêverie autour de la peine de mort, Malègue (qui a été avocat, rappelle Lebrec), décrit un procès d’assises ayant à connaître d’un meurtre crapuleux tournant à la joute sportive entre un avocat brillant et ses adversaires ou le jury. La morale de l'histoire est que demeure indispensable en une telle affaire « qu’on découvre un terrain de lutte adapté à des combats âpres, sportifs et incertains, suffisamment passionnants[14]. »
Dans Notes d’urbanisme moral, un homme se promène dans une ville où un nouveau quartier ouvrier a été édifié avec déjà son cimetière. Il prend en compte tout le déterminisme social encadrant ces aménagements qui façonnent l’âme collective des différents groupes de la ville, les gens résidant dans la ville ancienne et ceux du nouveau quartier.

La vérité se révèle à lui, écrit Lebrec, « en longeant le cimetière », puisque — reprise du texte original de Malègue — nous sommes sujets à la « mortelle rupture que nous connaissons bien » et qui nous rend à la vérité de nous-mêmes dans le face-face avec Dieu[15].
Sous la meule de Dieu est un conte composé par un homme au seuil de la mort (Joseph Malègue frappé d’un cancer dont il apprend qu’il est incurable peu après le désastre de mai-). L’écrivain peut ainsi emprunter « à l’inventaire de son propre cœur[16] », l’histoire d’un vieux bâtonnier, chrétien de convention, contrarié par la vocation d’un fils qui devient prêtre, combat dans les blindés, est blessé et hospitalisé dans la ville où réside son père. Ce dernier assiste à la mort de son fils en saint « dont la souffrance rachète son père pauvre de l'âme[17] », qui rompt avec les valeurs bourgeoises qui l'avaient jusqu'alors habité.
Structure narrative

Donner l'impression de la réalité
Malègue utilise divers procédés d'introduction aux nouvelles, ce qui va rejaillir sur leur structure narrative, la plus ou moins grande intensité de l'action qui s'y déroule, pense Lebrec. En ce qui concerne le style : « L'art subtil de la nouvelle trouve dans la langue de Malègue une autre bonne alliée. Récitative, monocorde par nature la langue de l'écrivain se refuse en effet à l'outrance bien que les récits soient curieusement écrits presque dans des styles différents[18]. »
En vue de donner l'impression de la réalité, l'écrivain présente parfois lieux et personnages :« à la façon d'un observateur privilégié, il le fait rapidement[19]. » Comme par exemple pour La Pauvreté avec la description de la chambre d'étudiant pauvre de Michel qui nous met directement en face de son problème : la présentation des lieux (vieux et pauvres) « repose sur le procédé de l'énumération, caractéristque de Malègue et relevant du relent impressionniste de son style[20]. »
La Mort d'Adam s'ouvre sur la présentation du personnage éponyme porté par ses descendants dans une litière sur les pistes des nomades.

Un autre personnage, la « fille des hommes », y apparaît d'une beauté sensuelle insolente. Celle que la grotte n'a pas guérie décrit d'emblée la chambre du personnage principal, mademoiselle Noémi, habitant une vieille maison de province avec sa mère puis les relations des deux femmes avec une autre jeune femme et sa mère. Il en va de même pour Rêverie autour de la peine de mort et pour Notes d'urbanisme moral bien que, dans ces deux textes, l'action est réduite au minimum, ce qui n'en fait que des ébauches de nouvelles. La conversation entre les deux jeunes gens amis du vieil homme mort foudroyé dans L'Orage est une façon d'entrer en matière « également précipitée[21]. »
Dans Sous la meule de Dieu, le héros tient un journal et le lecteur peut vite supposer que « la guerre pourrait bouleverser la vie de son fils et la sienne propre[21]. » Pour La Révolution, le narrateur-héros de Pierres noires doit faire une copie de la relation des graves événements qui ont affecté les personnages d'un récit datant de l'an II, à la fin duquel ils sont fusillés, le document ayant été découvert dans leurs archives familiales.

Sens de l'action. Pas d'influence de Proust. Intertextualité de L'Orage avec La Pauvreté. Rôle des développements oratoires
Dans L'Orage « l'incident inattendu de l'homme foudroyé à un balcon[22], » révèle un sens de l'action qui ne se retrouvera à ce point que dans les dernières nouvelles. Elle a la caractéristique propre à une façon d'écrire avec « l'empiètement du descriptif sur le narratif à l'échelle modeste d'une nouvelle », comme Proust mais « avant que le style de Proust ne se soit révélé dans des publications célèbres. Sauf dans La Fin de la jalousie du recueil Les Plaisrs et les jours, mais les métaphores de L'Orage sont d'une toute autre inspiration ou ses romans en général selon Louis Estève parce que là où Proust dans sa « super-analyse évocatrice » a quelque chose de mécanique, Malègue, lui, introduit « une âme dans chaque détail [23]. »
Zofia Litwinowicz considère aussi que la composition de La Pauvreté est identique à L'Orage : « lente description du cadre, montée du suspens, dénouement dans un court dialogue final [24]. » Cette nouvelle est également courte. Elle met en opposition Michel qui assume sa pauvreté de manière fière et stoïque et René qui le rend plus proche du Christ « l'accepte œavec simplicité et pureté [..] le nœud de la nouvelle [...] docilité et amour [...elle] nous rend plus humain [...][25]. »
Pour elle, « Il est exagéré de parler de « l'influence » de Proust et de conidérer Malègue comme l' épigone de Proust ». Elle cite Léopold Levaux : Malègue lui a dit qu'il écrivait comme Proust avant qu'il n'éclate en 1919. L'Orage a quelque analogie avec l'épisode de Du côté de chez Swann, où Marcel décrit sur une feuille de papier les clochers de Martinville dans une voiture en marche. Cette nouvelle raconte aussi l'écriture d'un poème et c'est « un récit symboliste sur la dialectique entre le sensible et le transcendant, [qui] a été publiée en 1903, avant que Proust n'atteigne la célébrité[26]. » Litwinowicz pense aussi que la mort de René à la fin de la nouvelle laisse le lecteur perplexe tout comme celle du poète à la fin de L'Orage. La quête de la beauté chez ce dernier semble s'opposer à celle de la pauvreté, de l'humain et de Dieu chez René, mais pour elle « ces deux quêtes ne sont que deux variantes de la volonté de rejoindre l'Absolu[27]. »

Ce sens de l'action est quasiment absent de Rêveries autour de la peine de mort ou de Notes d’urbanisme moral. Malègue se dégage difficilement d’une même tendance à réduire l’action dans La Mort d’Adam, mais, ici, il s’intéresse surtout à la dimension psychologique d’existences jamais confrontées à d’autres morts que les morts accidentelles et non par usure. Cependant l’action est double.
Parfois, l’attention glisse d’Adam à celui de la très belle étrangère, fille des hommes descendante de Caïn, qui entraînera dans sa tribu un garçon d’entre les « fils de Yahweh », la tribu d’Adam. Pour Lebrec cet épisode signifie que le mal gagne avant même la mort du grand ancêtre.
Le problème pour Malègue est d’atteindre à un équilibre entre le rythme de la nouvelle, qui doit être soutenu, et les développements réflexifs ou oratoires qui risquent de lasser.
Par exemple dans La Révolution les développements de l’abbé Le Hennin constituent la moitié de la nouvelle (les réflexions chrétiennes sur des temps où tout semble s’effondrer que, prisonnier comme lui des révolutionnaires, il confie à son cousin). En fait, à travers l'abbé Malègue relit Durkheim[12].
Mais par ailleurs ces développements oratoires « accusent par la place qu’ils remplissent, le vide et la lenteur des jours, qui s’étirent dans l'inquiétude[28], » dans la grange, lieu clos où les prisonniers des révolutionnaires sont enfermés en plein été dans une chaleur étouffante et sans voir le soleil.
Succession rapide d'épisodes, prémonition des prêtres-ouvriers

La présence de la Prière pour un temps de calamité[30] dans Sous la meule de Dieu, pourrait avoir le même inconvénient que les dissertations de l’abbé Le Hennin dans La Révolution mais les nombreux épisodes qui la précèdent —ou qui suivent— sauvent le partage que voulait l’auteur : « provoquer une méditation sur le sens de la souffrance et le minimum de mouvement que réclame une nouvelle[22]. »
En revanche, L’Orage et Celle que la Grotte n’a pas guérie offrent une succession constante d’épisodes brefs qui se suivent selon une progression dramatique. Lebrec, comparant ces nouvelles avec celles de Prosper Mérimée, estime qu’il dégage les nouvelles de « la gangue[31] » du roman mais fait de trop longues analyses. De sorte que l’action se brise, cédant la place à la réflexion.
Sauf dans Celle que la Grotte n’a pas guérie. Pour Henry Bousquet La Luchézière, l'idée de cette nouvelle remonte à l'Ordre religieux que Largilier, dans Augustin ou Le Maître est là imagine créer. Ses membres adopteraient « la vie de ceux qui ne savent pas utiliser leurs souffrances [...] ils seraient manœuvres, locataires de taudis, occupant les compartiments économiques [...] générateurs de souffrances[32]. »
Henry Bousquet pense même que « C'est à cause d'eux que préludant aux Classes moyennes du Salut, Malègue a conté l'histoire de Celle que la grotte n'a pas guérie et de sa très pauvre amie Jeanette dans une langue précise et pure qui exprime l'ineffable, pour un témoigngage bouleversant d'humble, secrète et démesurée charité[33]. »
Frédéric Gugelot voit dans une idée émise par l'ami d'Augustin dans le roman éponyme, la prémonition chez Malègue de ce que seront les prêtres ouvriers.« Une autre originalité de Malègue consiste sur ce plan à ponctuer souvent les choses par la mort. Le récit se colore ainsi d'un pressentiment qui pourrait s'appeler la recherche du destin, la crainte en même temps que le désir de voir s’achever ce destin[34]. »
Style
Un nouveau rapport au monde en littérature comme en philosophie

Lebrec insiste sur le réalisme du style de Malègue dans les nouvelles comme dans cette description de L'Orage : « À ce moment, il y eut un éclair d'une longueur et d'une clarté effrayante. Toutes les feuilles du marronnier furent visibles et même la petite porte du jardin sur rue, sa serrure, un râteau resté sur la pelouse, et lui isolé dans cette lumière de mort, le dos courbé avec sa courte jaquette d'été[35]. »
Malègue écrit à une époque que la spécialiste de Proust Anne Simon juge marquée, « par un nouveau statut de la pensée et du rapport au monde, au vécu et au sujet »[36], soit Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty. Ce rapport au monde, au vécu, au sujet, selon Anne Simon n’est pas propre aux philosophes et elle cite des écrivains comme « Proust, Claudel, Valéry, Colette ou Giraudoux [...] Hofmannsthal, Rilke ou Henry James »[36].
Claudel a d'ailleurs reconnu Malègue comme l’un des siens en lui écrivant qu'il est « « un de ces rares hommes qui savent sentir et chez qui la sensation est amplifiée par l’intelligence »[37].Le réalisme dont Lebrec crédite Malègue se révèle dans la description de la maison de Noémi dans Celle que la Grotte n'a pas guérie. Ou lorsqu'il s'agit de donner une idée d'un hôtel Renaissance « après un bombardement aérien ou la main déjà en action d'un avocat , tandis que celui-ci dédaigne d'écouter la reconstitution du crime[18]. »
Odeurs, portraits, couleurs, images et abstractions
Il en va de même des odeurs : celle du campement de la tribu d'Adam, celle de la prison improvisée de Feurs sous la Révolution, celle de la dépouille mortelle de la maman de Noémi. Les portraits font preuve du même réalisme sobre comme celui d'Adam « creusé et cannelé, sculpté par l'extrême vieillesse[38]. » Celui de la « fille des hommes » descendante de Caïn « Très grande, autant que les hommes les plus hauts de la horde, beaucoup plus mince, balancée comme une longue liane[39]. »

Dans L’Orage « Un discret emploi de la couleur concourt, avec réalisme, à donner du relief aux évocations […] celle-ci crée une atmosphère d’intimité entre deux amis à un balcon[40]. » : « Il n’y avait pas d’étoiles ; le vent du midi envoyait de longues bouffées chaudes. Des éclairs de chaleur illuminaient de temps à autre le ciel épais du Levant[41]. »
Il arrive même que des images servent « à exprimer des abstractions de la vie spirituelle[40]. ». Il en va ainsi de Noémi lorsqu'elle n’a pas encore été à même de donner un sens à ses souffrances : « De grandes pierres à bâtir, toutes taillées, reposaient sur le chantier de son âme. Mais elles n’étaient pas éclatées et elle ne les avait pas vues. Elle butait dedans faute, précisément, de cette lanterne paisible qu’on maintient la nuit sur les chantiers[42]. »
L' « effet obtenu » dans L'Orage et les couleurs en totalité

Lebrec regrette par contre une certaine prolixité de Malègue qui l'« éloigne de conter vivement et directement[40]. » C’est le cas pour lui de La Révolution mais pas de Celle que la Grotte n’a pas bénie. Si par exemple le dialogue est « très naturel[44], » dans L’Orage, s’il faut saluer la « célérité des réparties[44], » dans La Pauvreté, la « vivacité des dialogues[44], » dans La Mort d’Adam, il faut à nouveau selon Lebrec regretter la prolixité de La Révolution. En revanche dans Celle que la Grotte n’a pas guérie l’omission du dialogue, « s’explique par le fait que c’est le témoin d’une vie qui raconte[44], » et le refus de la prolixité compense la perte de vivacité du fait du dialogue absent.
Pour Zofia Liwinowicz, qu'il s'agisse de Augustin ou Le Maître est là , de L'Orage; de La Révolution; de Celle que la grotte n'a pas guérie, de Sous la meule de Dieu il faut se référer à Bergson qui écrit à Malègue, l'année d' Augustin « Vous ne cherchez pas l'effet, vous l'obtenez cependant;, rien qu'en décrivant la vie, en la suivant dans la continuité de son mouvement[43]. » C'est pour elle« décrire la vie ... dans cet élan vital qui traverse la matière[45]. » Ainsi l'étudiant polonais de La Pauvreté, quand il meurt, « a aimé la Pauvreté jusqu'au bout[46]. » Pour elle c'est bien qualifier l'écriture de Malègue qui comporte des éléments de réalisme mais aussi d'impressionnisme « pour lequel la notion de mouvement […] constitue la base de l'importance de la lumière et de ses modifications[47]. ».
Le critique de Malègue regrette aussi des obscurités, un vocabulaire amphigourique dans les passages où la réflexion domine mais aussi dans des descriptions comme celle de la barbe du procureur dans Rêverie autour de la peine de mort, « pinceau de poils conventionnellement méphistophélique[48]. ».

Lebrec aime par contre dans Notes d’urbanisme moral l’expression : une « vieille petite ville ridée[48]. » Ou encore : la « fraîcheur râpeuse, cette lumière gris-bleu, cette chaleur brusque et cette fine lassitude des premières semaines d'avril[48]. »
Dans L'Orage qu'elle a par ailleurs traduit en polonais dans la revue littéraire Nowi Napis[50], Zofia Litwinowicz estime qu'il y a une insistance sur la lumière et la blancheur : « comme la lumière blanche comporte en soi toutes les couleurs, le blanc n’est pas l’absence de couleurs, mais la totalité des couleurs. Cette convergence est visible avant tout dans L’Orage, première nouvelle de Malègue, publiée en 1903.» L'histoire de la nouvelle, comme dit plus haut, est le récit d' une composition de texte (comme dans Du côté de chez Swann).L'un des personnages de la nouvelle a recueilli ce que le poète a écrit face aux éclairs (avant de mourir foudroyé). Zofia Litwinowicz souligne que dans cette poésie en prose : « le motif de la blancheur y est récurrent. L’image de la lumière est véhiculée par les métaphores de la « cicatrice incandescente qui coutura le ciel », d’« un effrayant soleil », de la « fête galante », de « l’Orient soudain blanchâtre », d’« une clarté affreuse et brutale », du « zénith », des « flammes », des « clairs rubis » et d’« un rouge de braise »[51]... »
Thèmes
Résumant le sens de toute l’œuvre de Malègue William Marceau part de L’Orage où il voit que se « révèle la vocation d’un romancier futur [avec] un des personnages qui écrit sur une feuille de papier les aspirations d’une âme qui recherche l’absolu[52]. » À propos de Notes d'urbanisme moral, Lebrec pense que la technique qu'y utilise Malègue, est toujours d'utiliser le genre « pour au moins l'un des personnages, l'occasion de s'interroger, de méditer sur le sens de la destinée[53]. » Ici, le jeune sociologue s'interroge sur le passé spirituel de la nouvelle cité ouvrère qu'il parcourt, le même qui se perd au bas de la coline dans la vieille petite ville.
Mort,sainteté et pauvreté

Lebrec pense que ce thème de la quête de l'absolu chez Malègue est lié à celui de la mort. Elle est présente dans L’Orage et dans toutes les nouvelles. Dans La Mort d’Adam, elle apparaît aux yeux du personnage éponyme comme « l’échéance fatale d’un prêt consenti par Yahweh[55] », ainsi que le rappelle Lebrec, citant la nouvelle[15].
La mort joue un « rôle d’illumination purificatrice », pense Lebrec[56]. Il y a de l’invraisemblable dans chaque mort, poursuit-il citant Augustin ou Le Maître est là[57]. C’est le seul évènement de la vie qui peut entraîner toutes les âmes des classes moyennes du Salut, les chrétiens médiocres, à rencontrer Dieu et à se donner à Lui sans retour. Dans La Révolution , nouvelle insérée dans Pierres noires : Les Classes moyennes du Salut, le Père Le Hennin suppose que les êtres humains rencontrent Dieu dans « ces rares minutes de silence intérieur que beaucoup de connaîtront jamais, plus facilement peut-être quand tout s’apaise autour d’eux, les derniers moments de leur conscience, ce calme qui précède la mort[58]. »
En cela, le prêtre s’éloigne de Durkheim qui voit le spirituel comme la fusion des psychismes individuels en une entité puissante, non métaphysique, la société. Et rejoint Bergson pour qui le spirituel est à « son plus haut degré chez certains individus, les saints et les héros[59]. »
Ces convictions de Malègue naissent « de l’exploration expérimentale que l’on peut faire de l’âme des saints devant leur mort[60] . » Lebrec ajoute à cela que Malègue l’a bien vu avant que Bergson dans Les Deux Sources de la morale et de la religion, ne donne un prestige philosophique indéniable à cette « quête de Dieu dans l’âme des mystiques[60]. » Pour La Pauvreté Malègue explique dans ses notes inédites que « la pauvreté rapproche l'homme de la sainteté, car elle le libère des préoccupations économiques qui sont souvent sources de déterminisme[61]. »
La pauvreté est liée à la sainteté, sans quoi elle devient « laide et terrible », elle l'exige « Le pauvre n'éprouve pas la même obligation de se projeter en avant que le riche; il sait adopter le lâcher-prise [...] semblable aux oiseaux du ciel[61], » « qui ne sèment ni ne moissonnent » dans la Parabole des oiseaux du ciel de l'Évangile selon Matthieu.

À propos de Pénombres et de Celle que la grotte n'a pas guérie (publiée aussi dans Pénombres) dans une lettre de mai 1939, Henry Bousquet la Luchézière écrit à Malègue : « Vous exprimez l'ineffable dans un langage précis et pur à travers qui circule une bouleversante charité[64]. »
La lumière « première créature de Dieu » dans L'Orage est-elle l' « envahissement lumineux » d'Augustin à Leysin?
Revenant sur L'Orage et à cette « vraie lumière, première créature de Dieu » citation de la critique polonaise Zofia Litwinowicz, celle-ci rappelle que cette lumière est celle « à laquelle s'unit, au moment de sa mort, le poète foudroyé ». Elle pose la question : « Serait-ce la même lumière qui envahit Augustin à Leysin, tant sur le plan sensible que spirituel[65]? » Soit l'instant où il va faire l'expérience de Dieu: : « des rayons partis d'un foyer nouveau regropupaient ses points de vue et même toute son âme. La stupeur d'Augustin venait de cet envahissement lumineux[66]. »
Pour elle, « la lueur intermittente » dont parle Vladimir Jankélévitch et qui pour Bernard Gendrel est celle qui envahit les convertis lors de leur conversion [62],dont Augustin, l'épignose, l' anagnorisis, c'est une lumière diffuse ou éphémère qui « signifie aussi, par métaphore, l’illumination soudaine, comme celle qui éclaire Augustin : « envahissement lumineux » [67]. » L'anagnorisis, c'est dans littérature ou les écrits religieux la reconnaissance soudaine comme les pélerins d'Emmaüs soudain face au Ressuscité.
Dans ses carnets inédits aux archives Malègue de l’Institut catholique de Paris l’écrivain, selon Zofia Litwinowicz, parle par ailleurs de la « poésie du soir », évoquant les « lèvres noires du crépuscule » et « des chariots suspendus à rien, placés entre [...] les bandes de ce grand soir de cuivre et de mauve »[68]. »
Elle juge que « « l’âme écrasante de l’espace » [69] domine l’image poétique à travers la métaphore des lèvres ouvertes du soir qui boit toute la lumière et l’espace vide après le coucher du soleil, laissant sur le ciel les couleurs de cuivre et de mauve, de sorte que des chariots sont « suspendus à rien »[68]. » Elle constate qu’à la fin de L’Orage, le poète décrit face aux éclairs, juste avant d'être foudroyé, le même coloris de mauve et d’or dans la profondeur du temps et de l’espace : « entre les nues soudain mauves, une cicatrice incandescente […] coutura le ciel. […] d’un seul coup, se tendit une feuille d’or. Derrière sa minceur, l’espace s’approfondit[70]. » De sorte que sensations, couleurs, lumières éblouissantes, images poétiques ne sont plus que « minceur devant le temps et l’espace qui s’approfondissent. Malègue, dans toute sa sensibiité « impressionniste » aux couleurs, aux synesthésies, aux impressions et aux sensations, sait dépasser les limites de la littérature impressionniste et s’ouvre à l’éternel[71]. »

Vision maléguienne de la société
Malègue, nous dit Lebrec, s’intéresse surtout à « ces classes compactes pour qui, par faiblesse ou par vanité, l’immédiate prospérité matérielle compte plus que l’amour de Dieu et les voies du Salut[73]. » Ceux que Charles Moeller appelle « le gros de l’humanité »[74] Il s’agit là d’une société « où le mal s’étale en sa moyenne naturelle » et où ceux qui en souffrent ne peuvent en être sauvés que par le passage d’un saint, la souffrance ou la mort. C’est dans La Révolution que cette vision se développe le mieux à l’intérieur de la trilogie Pierres noires.
La société pèse tant sur ce « gros de l'humanité » qu’il ne s’en libère pas aisément d’autant que Dieu respecte le déterminisme social. D'où l’engluement dans la médiocrité. Malgré le temps entre sa première publication (L’Orage 1903) et la dernière de son vivant (Sous la meule de Dieu, 1940), malgré la diversité des procédés narratifs, on se trouve toujours dans une situation où les êtres sont entraînés « vers le bas[75] : » les étudiants riches dans La Pauvreté (1912) par rapport à Michel et à son ami polonais, René Tolknine ; l’avocat triomphant dans Rêverie autour de la peine de mort (1934) ; le bâtonnier de Sous la meule de Dieu (1940) avant la mort de son fils. Partout on ne vit que pour le succès dans le temporel.

Et c’est même le cas des deux jeunes gens parlant de la mort de leur vieil ami dans L'Orage selon Lebrec qui pense qu’ils sont « enfermés dans un conformisme dicté par les bienséances et qui leur interdit de comprendre le geste fou du vieil homme, leur ami[75]. » Ce vieil homme ne semble apparemment pas un saint, mais « il aspire à une évasion hors de la banalité des jours. » Malègue n’explicite pas les motivations de son personnage, mais notre connaissance des récits ultérieurs nous permet de mieux entrer dans celles-ci ou de les éclairer d’un jour neuf[75].
Moeller souligne dans son commentaire de Pierres noires[76] ce qui frappe Jean-Paul Vaton dans ses souvenirs : la « forme collective, encadrée, que tendent à prendre ce que nous croyons les transmissions morales les plus personnelles et les plus intimes[77] » Pour Zofia Litwinowicz, c'est une remaarque typique de Durkheim pour qui « l'être humain y compris dans sa spiritualité fait partie du social »[12], et Brigitte Sitbon-Peillon pense que pour Durkheim « les faits éthico-re;igieux », n'existent que dans le « collectif[78]. »

Souffrance rédemptrice et communion des saints
Ce thème est introduit par Lebrec par des considérations théologiques[79]. Il rapproche ensuite Joseph de Maistre de Malègue. Bien qu'il n'a pas de preuves de l’influence du premier sur le second[80].
Il note cependant que les discussions sur le caractère rédempteur de la souffrance, à la manière de cet auteur, occupent l’essentiel des conversations entre l’abbé Le Hennin et son cousin juriste dans la prison improvisée à Feurs dans La Révolution. Il s’agit de la réversibilité des peines[81], mais aussi (présente également chez J. de Maistre), de celle des mérites, la communion des saints[82].
Pour Lebrec, dans les situations des nouvelles « l’intervention d’un saint joue bien des fois un rôle déterminant. C’est là une perspective proprement maléguienne, où l’originalité de l’auteur s’affirme, même à l’égard de Joseph de Maistre. Certes, celui-ci accorda une place importante dans sa vision du monde à la réversibilité des mérites, par quoi les souffrances de l’innocent peuvent se reporter au profit des coupables. Par cette communion des saints, le juste paie merveilleusement pour le coupable. Toutefois Malègue tient à présenter concrètement l’apport d’un saint, quand il fait en sorte que la destinée de ce dernier se croise un instant avec celle des héros des nouvelles à l’heure de la souffrance[82]. »

« Dans le même temps où notre auteur composait ses récits », ajoute le critique, « Bergson faisait reposer sur l'action des saints la permanence d'une morale ouverte dans la société[82]. » Par exemple Michel rencontrant René Tolknine dans La Pauvreté. Si l’abbé Le Hennin s’explique tant dans La Révolution c'est parce que sa parole est l'« expression d’une expérience vécue[83]. »
L'expérience vécue par René Tolknine, c'est la pauvreté, en réalité la vraie héroïne de la nouvelle [24]. Qui, Pour Liwinowicz « nous permet de nous rendre compte de nos soifs et de nos désirs spiritueks, réfugéis dans le sous-terrain de notre conscience[27]. »
Si Noémi trouve un sens à ses souffrances dans Celle que la Grotte n’a pas guérie, c’est parce qu’un prêtre en donne la formule avec la chaleur d’une conviction intime liée à « une expérience douloureuse[83]. ». Si le bâtonnier de Sous la meule de Dieu, est « porté à l'acceptation[82], », c’est à cause de la mort en saint de son fils, « dont la souffrance rachète son père pauvre de l'âme[17]. »
La nouvelle que Malègue n'a pu rédiger
Malègue avait un projet de nouvelle que Lebrec résume de la même façon[84] dans ses deux ouvrages sur Malègue (insistant pareillement sur le projet de l’insérer dans Pierres noires) : il « aurait présenté l'étrange solidarité mystique qui unit les privilégiés de la sainteté aux tièdes et à tous les enlisés dans les sollicitations terrestres, en insérant dans son récit [‘’Pierres noires’’] une autre nouvelle [...] Un moine de l'une des deux abbayes bretonnes voisines des alignements préhistoriques de Carnac se serait attardé dans la lande et, là, il aurait été éprouvé dans sa foi sur le rayonnement du Saint par excellence, le Christ, eu égard à tant de civilisations qui le précédèrent. La réponse lui aurait été mystérieusement apportée[85][86]. » Celle des mystères chrétiens comme l'Incarnation qui « transcende le temps[85][86]. »

Il appelle cette solidarité dans le schéma de cette nouvelle qui n’a pas été véritablement rédigée « la loi des classes moyennes de la sainteté[86][85]. »
Charles Moeller (repris tel quel par William Marceau[87], mais qui ne cite pas sa source), estime d’entrée de jeu que ce salut aurait été, pour les personnages de Pierres noires, le fait de Félicien, « le saint qui sauve, de sa lumière et de son amour, les âmes médiocres dont il était entouré[88], » jouant « en plus simple et plus universel, le rôle de Largilier pour Augustin dans le roman de 1933[88]. » Son martyre eût fait de lui « une force, une lumière, une rédemption[85]. »
L'abbé le Hennin disait aussi des « conditions de commerce et de vie domesstique » des terres de mission avec « les intérêts d’argent » qui leur sont liés, qu'elles « fortifient les cultes idolâtriques d’une sorte de ciment indestructible, » ciment païen qu'on peut juger identique à celui du Peyrenère catholique. Le missionnaire peut seulement inciter « par l’héroïsme de sa mort » (en martyr), à embrasser une religion « « où le culte du vrai Dieu cette fois se trouve inclus [89]. » Mais rien ne garantit par la suite l'authenticité de ce « culte du vrai Dieu ». De sorte qu'il y a une similitude entre le Peyrenère des classes moyennes du Salut et les terres de mission « qui donne au martyre de Félicien en Chine le même sens qu’en France[90]. »
Bibliographie
- Léon Émery, Joseph Malègue. Romancier inactuel, Lyon, Les Cahiers libres, , 139 p.
- Charles Moeller, Littérature du XXe siècle et christianisme, t. II : La foi en Jésus-Christ : Sartre, Henry James, Martin du Gard, Malègue, Tournai-Paris, Casterman, , in-8° (BNF 32456210), chap. IV (« Malègue et la pénombre de la foi »), p. 275-396
- Jean Lebrec, L'Art de la nouvelle selon Joseph Malègue, Paris, H. Dessain & Tolra, 1969a, 128 p. (BNF 33073655).
- Jean Lebrec, Joseph Malègue : romancier et penseur (avec des documents inédits), Paris, H. Dessain et Tolra, 1969b, 464 p., In-8° 24 cm (BNF 35320607)
- William Marceau, Henri Bergson et Joseph Malègue : la convergence de deux pensées, Saratoga, CA, Amna Libri, coll. « Stanford French and Italian studies » (no 50), , 132 p., couv. ill. ; 24 cm (ISBN 0-915838-66-4 et 978-0915838660, BNF 34948260)
- Vladimit Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien. 2. La méconnaissance. Le malentedu, Paris, Éditions du Seuil Coll. Points, , 248 p. (ISBN 2-02-006001-9)
- Joseph Malègue, Augustin ou Le Maître est là, Paris, Cerf, (1re éd. 1932), 832 p..
- José Fontaine, « Les philosophes chez Malègue », Bulletin de Littérature Ecclésiastique, t. CXXII/1, no 485 « De Malègue à François », , p. 17-52 (présentation en ligne)
- José Fontaine (dir.) et Bernard Gendrel (dir.), Joseph Malègue, à la (re)découverte d'une œuvre - suivi de Les Ogres ou Les Samsons aveugles, Paris, Cerf, , 387 p. (ISBN 978-2-204-15461-1, présentation en ligne)
- Zofia Litwinowicz-Krutnik, « Malègue impressionniste ? », dans Joseph Malègue. À la (re)découverte d'une œuvre, Paris, Cerf, , p. 103-122, 115
- Bernard Gendrel, « Mystique et tension narrative. Le cas du roman de conversion au début du XXe siècle », dans dir. Carole Auroy, Aude Préta de Beaufort, Jean-Michel Wittmann), Roman mystique, mystiques romanesques au début du XXe siècle, Paris, Classiques Garnier, , 475 p. (ISBN 978-2-406-06657-6), p. 115-126 (Malègue p. 120-126)
- Zofia Litwinowicz-Krutnik, Joseph Malègue, entre réalisme intégral et impressionnisme. Les Multiples éclats d'une œuvre oubliée), Paris, Honoré Champion, , 618 p. (ISBN 978-2-745-36285-8)
- Zofia Litwinowicz-Krutnik, De Renan au Sillon. Joseph Malègue: horizons intellectuels de l'œuvre, Berlin, Peter Lang, , 276 p. (ISBN 978-3-631-93601-6).