Soyers

commune française du département de la Haute-Marne From Wikipedia, the free encyclopedia

Soyers est une commune française située dans le département de la Haute-Marne, en région Grand Est.

Faits en bref Administration, Pays ...
Soyers
Soyers
L'église Saint-Valbert, vue de la place Jules-Claude-Ziegler.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Haute-Marne
Arrondissement Langres
Intercommunalité Communauté de communes des Savoir-Faire
Maire
Mandat
Bernard Bredelet
2020-2026
Code postal 52400
Code commune 52483
Démographie
Gentilé Soyers
Population
municipale
63 hab. (2023 en évolution de +1,61 % par rapport à 2017)
Densité 10 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 52′ 12″ nord, 5° 41′ 41″ est
Altitude Min. 243 m
Max. 423 m
Superficie 6,05 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Chalindrey
Législatives Première circonscription
Localisation
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Soyers
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    Géographie

    La commune de Soyers est située à mi-chemin (12 km) de la station thermale de Bourbonne-les-Bains et du haut-lieu de la vannerie Fayl-Billot.

    Soyers se trouve en Apance-Amance, micro-région naturelle de plateaux fortement boisés, dont les belles vallées prairiales sont valorisées par l'élevage.

    Assez proche du premier parc national de forêts en feuillus de plaine créé en aux confins de la Bourgogne et de la Champagne, Soyers est située à 30 minutes de la gare TGV de Culmont-Chalindrey, 45 minutes de la cité médiévale de Langres et 1 heure de Dijon.

    Soyers est une commune rurale typique caractérisée par la diversité de ses milieux: elle est composée d'un plateau vallonné au bord duquel est situé le village, de coteaux formés par les versants du plateau anciennement recouverts de vignobles et des vallées du Malpertuis et du Marquelon.

    Soyers présente le plan d'un "village-rue" de type lorrain: toutes les maisons ont leur façade principale sur la rue, dont elles sont séparées par des "usoirs" où l'on stockait autrefois tas de bois et fumier[1]. À l'arrière des maisons, jardins potagers et vergers occupent des parcelles dont on distingue encore nettement la forme ancienne étroite et allongée.

    La superficie de la commune est de km2 et son altitude varie entre 243 et 423 mètres (le repère de nivellement scellé au niveau du porche de l'église au milieu du village indique 326 mètres). Grâce à cette situation privilégiée, le vignoble a pu se développer sur plusieurs dizaines d'hectares au XIXe siècle, avant de péricliter avec la crise du phylloxéra.

    Soyers est bâti sur la glaise[2]. Le sol appartient au terrain keupérien[3].

    Communes limitrophes de Soyers
    Chézeaux Voisey
    Soyers
    Anrosey Guyonvelle

    Hydrographie

    La commune est dans le bassin versant de la Saône au sein du bassin Rhône-Méditerranée-Corse. Elle est drainée par le ruisseau des Côtes et le ruisseau du Marquelon[Carte 1].

    Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
    Réseau hydrographique de Soyers[Note 1].

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[5]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[6] et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (1,5 °C), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver[7]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[8],[9].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 002 mm, avec 12,9 jours de précipitations en janvier et 0,9 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Fayl-Billot à 12 km à vol d'oiseau[10], est de 10,5 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 995,6 mm[11],[12]. La température maximale relevée sur cette station est de 38,5 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −16,1 °C, atteinte le [Note 2].

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Soyers est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle est située hors unité urbaine[14] et hors attraction des villes[15],[16].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (60,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (60,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (41,2 %), forêts (39,7 %), terres arables (14,6 %), zones agricoles hétérogènes (4,6 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous les formes Soeres (1165) ; Saieres (1202) ; Soeriae (1258) ; Sohieres (1276) ; Soierie (XIVe siècle) ; « Ecclesia parrochialis Sancti Vauberti de Soyeriis », vulgo de Soyères (1583) ; Soyers (1675)[18].

    Histoire

    Le passé monastique de Soyers est d'autant plus difficile à reconstituer que le toponyme de l'ancien prieuré bénédictin[19], de fondation très ancienne[3], varie selon les époques et les circonstances : prieuré de Laferté-sur-Amance ou Prieuré de Soyers.

    Selon l'abbé Foissey[20], il fut fondé entre 1136 et 1201, date à laquelle il faisait partie des six prieurés dépendant de l'abbaye de Luxeuil confirmés par l'empereur Philippe de Souabe. Le prieuré était désigné alternativement par les toponymes des deux villages voisins, fait assez exceptionnel qui ne peut s'expliquer vraiment que par l'existence parallèle de terres et de revenus dans les deux villages… ou par un déplacement historique à la suite de la destruction des bâtiments du prieuré à Laferté.

    L'établissement cessa d'être conventuel bien avant la fin du Moyen Âge pour devenir un bénéfice de l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Luxeuil. Trente-trois prieurs se sont succédé au prieuré, et notamment les Milleton (1666-1760), famille de prieurs d'oncles à neveux, entre autres chanoines des cathédrales d'Autun et de Langres[21], et Joseph-Michel de Laulanhier (1761-1789), évêque in partibus d'Égée[22].

    Au XVIIIe siècle, les cordeliers des Thons desservaient de temps en temps le sanctuaire prioral et paroissial, à titre de remplaçants[23].

    Pendant l'Ancien Régime, Soyers relevait de la généralité de Champagne, du bailliage et de l'élection de Langres et de la prévôté de Coiffy. Le prieur était seigneur du village et nommait à la cure (les prieurs étaient souvent supérieurs d'un autre monastère).

    Le prieuré de Soyers a été vendu comme bien national en 1791 au régisseur du prieuré, avant de finalement revenir par mariage à la famille du peintre Ziegler, dans laquelle il restera jusqu'à la fin du XIXe siècle.

    Au début du XIXe siècle, le village était particulièrement réputé pour son vignoble, et notamment pour son vin blanc mousseux naturel[24].

    De la chaux sulfatée fibreuse, d'une blancheur éclatante, était également exploitée en contrebas du village au XIXe siècle (cf. l'ancien moulin de gypse)[3].

    Politique et administration

    Liste des maires

    Davantage d’informations Période, Identité ...
    Liste des maires successifs
    Période Identité Étiquette Qualité
    Les données manquantes sont à compléter.
    An 10   Nicolas Roger    
    en 1806   Jean Gilbert    
    jusqu'en 1830   Jean Jacques Ziegler (père)    
    en 1835   Jean Jacques Ziegler (fils)    
    en 1873   Pierre Felix Ziegler (petit-fils)    
    en 1884 1905 Auguste Piquée    
    1977 1995 André Bredelet-Colin    
    1995 2001 Jacques Michel    
    2001 en cours Bernard Bredelet DVD  
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    Population et société

    Démographie

    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[26].

    En 2023, la commune comptait 63 habitants[Note 3], en évolution de +1,61 % par rapport à 2017 (Haute-Marne : −4,16 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    418418484476464513500498531
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    464503503481427410420367314
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    310292274238211211176180145
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
    12710482747490888078
    Davantage d’informations - ...
    2014 2019 2023 - - - - - -
    626863------
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    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Économie

    Pressoir itinérant à Soyers

    Le village compte plusieurs fermes tournées vers l'élevage et la sylviculture.

    Soyers a récemment obtenu les labels de "Village étoilé" (3 étoiles) et "Commune Nature" (3 libellules).

    Le village, qui comptait plus de 500 habitants au XIXe siècle, était réputé pour son vin blanc mousseux et ses carrières de gypse.

    Plusieurs coteaux, pieds de vigne, pressoirs et tonneaux témoignent encore de ce riche passé viticole.

    Culture locale et patrimoine

    Lieux et monuments

    • L'église, de plan basilical et dédiée à saint Valbert (abbé de Luxeuil au VIIe siècle), serait, de par sa nef en moellons du XIIe siècle, le plus vieil édifice religieux du pays de Laferté-sur-Amance. Le chœur rectangulaire, en pierre de taille, peut être daté de la fin du XVe/du début du XVIe siècle. La juxtaposition d'un chœur contre une nef antérieure est assez rare pour être notée (on peut supposer qu'au Moyen Âge, l'édifice ne comprenait que la nef actuelle dont l'extrémité orientale servait de chœur; considérée comme trop exiguë, on y aurait accolé un chœur à la fin du Moyen Âge dont la charge revenait au clergé)[29]. La nef est précédée d'un clocher-porche: la porte en plein-cintre est encadrée de pilastres toscans dont les chapiteaux portent la date de 1764, et l'ensemble est surmonté d'un fronton triangulaire et d'une petite niche. On notera aussi la présence d'une armoire eucharistique de style gothique dans le mur du chevet contemporaine de sa construction. Cette ouverture circulaire, ancêtre du tabernacle, assez fréquente dans le diocèse de Langres, permettait de voir le Saint-Sacrement de l'extérieur[1].
    • Tombe de Jules Ziegler au cimetière de Soyers
      Une stèle, représentant la palette du peintre d'histoire Jules-Claude Ziegler (Langres 1804 - Paris 1856), a été érigée dans le petit cimetière contigu à l'église. Le chef-d'œuvre, qui a placé cet artiste haut-marnais parmi les grands peintres de l'école française, est la monumentale fresque peinte entre 1835 et 1837 dans la coupole de l'église de la Madeleine à Paris et représentant l'Histoire du Christianisme (enlevée à Paul Delaroche, qui devait l'exécuter, elle fut confiée à Ziegler sur décision d'Adolphe Thiers, alors ministre de l'Intérieur)[30]. Ziegler a aussi joué un rôle pionnier dans l'histoire de la céramique française[31],[32]. Inhumé à Soyers auquel il était très attaché, cet enfant du pays a passé son enfance au Prieuré à côté de l'église[33] puis est venu régulièrement dans son domaine au lieu-dit du Romont (hameau de Soyers)[34],[35].
    • Sur la place du village se trouve la maison familiale du peintre Ziegler, un ancien prieuré bénédictin agrandi par la famille du peintre au début du XIXe siècle. Le logis prioral arbore une façade du XVIIe siècle (dont les armoiries sculptées au-dessus de la porte d'entrée - "d'azur, au chevron d'or, accompagné en chef de deux merlettes d'argent et en pointe d'une cloche de même" - ont été burinées lors de la Révolution). La porte cochère est le seul vestige des anciens communs, qui abritaient notamment le pressoir, le four banal et le cachot, ravagés par un incendie en 1911. En face se trouve l'ancienne cure, reconnaissable à la présence d'une croix sur sa façade (le prieur, seigneur du village, nommait à la cure)[1].
    • Photo du pressoir servant à la fabrication du vin blanc à Soyers
      Sur la place Ziegler, un ancien pressoir à bras témoigne de la présence d'un vignoble important, particulièrement réputé au début du XIXe siècle[24] et malheureusement détruit en grande partie à la suite de l'épidémie de phylloxéra de 1860. On produisait à Soyers un vin blanc mousseux très agréable, qu'on expédiait dans les départements voisins[3].
    • On remarquera, par ailleurs, à proximité de la mairie, deux belles demeures bourgeoises du XIXe siècle. Le village, particulièrement fleuri, compte plusieurs fermes à deux rains (logis, grange) ou trois rains (logis, grange et écurie-étable dans le prolongement de la façade principale, comme la ferme isolée des Breulis)[1], ainsi que des maisons de vignerons. À noter aussi, plusieurs croix de village et anciens lavoirs.
    • Une mare dite de la Sorcière (autrefois lieu de rassemblement des sorcières) a acquis une certaine notoriété à la suite du procès fait au début du XVIIe siècle à une femme brûlée pour faits de sorcellerie. De là, s'offre un beau point de vue sur les environs (mare aménagée en lieu de pêche). À côté, vestiges d'un ancien moulin à vent répertorié sur la carte de Cassini de 1744[36].

    Personnalités liées à la commune

    • Jules-Claude Ziegler (1804-1856), peintre d'histoire (élève d'Ingres aux accents caravagesques), céramiste (fondateur de la manufacture de grès salés de Voisinlieu en Beauvaisis)[37] et photographe-daguerréotype[35]. Ayant passé son enfance au Prieuré de Soyers où il est inhumé (voir la stèle représentant la palette du peintre), il bénéficia de commandes de tableaux historico-religieux de la part du roi Louis-Philippe, notamment pour le nouveau musée historique au château de Versailles. Il s'est illustré avec sa fresque représentant l'Histoire du Christianisme (achevée en 1838) sur la coupole de l'église de la Madeleine à Paris, qui reste le plus vaste décor peint du romantisme. Ziegler est le premier artiste à passer de la peinture à la céramique.
    • Jeanne Darlays (1874-1958), fille du neveu du peintre Ziegler née au Prieuré de Soyers, cantatrice spécialiste du répertoire de Wagner[38].

    Voir aussi

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    Bibliographie

    • Abbé Foissey, Histoire de Soyers, in-8 de XII-300 p. (gr.) Chaumont, Imp. Andriot-Moissonnier, 1900
    • Le Pays de Laferté-sur-Amance, Inventaire Général du Patrimoine Culturel, Images du Patrimoine n° 242, Editions Dominique Guéniot, 2006.
    • Émile Jolibois La Haute-Marne ancienne et moderne. Dictionnaire géographique, statistique, historique et biographique de ce département, Chaumont, 1858. Réédité. Disponible en ligne : La Haute-Marne ancienne et moderne.

    Articles connexes

    Liens externes

    Notes et références

    Related Articles

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