Stade Montbauron
From Wikipedia, the free encyclopedia
78000 Versailles
| Nom complet |
Stade Montbauron |
|---|---|
| Adresse |
24 Allée Pierre de Coubertin 78000 Versailles |
| Ouverture |
(stade actuel) |
|---|---|
| Architecte |
Jean-Michel Legrand et Jacques Rabinel |
| Clubs résidents | |
|---|---|
| Propriétaire |
Ville de Versailles |
| Administration |
Ville de Versailles (d) |
| Surface |
Pelouse naturelle |
|---|---|
| Capacité |
7 545 places[1] |
| Tribunes |
Tribune bleue (2 742 places) Tribune jaune (2 174 places) Tribune verte (1 688 places) Tribune blanche (941 places)[2] |
| Affluence record | |
| Dimensions |
110 m x 73 m |
| Coordonnées |
|---|
Le stade Montbauron est une enceinte sportive située dans le quartier Montreuil de Versailles. Inauguré en 1961, c'est un stade multifonction essentiellement utilisé pour le football et l'athlétisme.
Depuis l'ouverture du stade, son club résident est le Football Club Versailles 78, successeur du Racing Club de Versailles en 1989. Ayant une capacité initiale de 20 000 places, le stade Montbauron possède actuellement 7 545 places, ce qui en fait le plus grand stade du département des Yvelines.
Création du Parc Montbauron
Dès 1935, la municipalité de Versailles souhaite créer un complexe sportif, en plein centre-ville, situé dans un parc de plus de huit hectares : six hectares devant servir à l'édification des installations sportives et deux hectares pour la réalisation d'un programme scolaire pour le quartier Montreuil. La propriété sur laquelle la municipalité jette son dévolu appartient à une famille riche qui refuse alors de céder le terrain. Or, de nombreux clubs sportifs versaillais sont obligés de trouver des stades, qu'ils doivent louer à de forts loyers, dans des communes voisines pour pallier le manque d'infrastructures sportives à Versailles.
En 1941, en pleine Seconde Guerre mondiale, la législation des années de guerre offre l’opportunité à la municipalité d’exproprier les espaces nécessaires à la pratique du sport. Le conseil municipal de Versailles acte donc la décision de construire un grand complexe sportif, comprenant un stade, des terrains de sport et des bassins de natation, sur le plateau Montbauron[3]. Les architectes Pierre Bailly (en) et Pierre Montenot (en) conçoivent alors un projet de grande envergure de plusieurs millions de francs largement subventionné par l'État[4],[5].
Les installations provisoires du parc des sports de Montbauron sont inaugurées le au cours d'une manifestation sportive donnée au bénéfice des prisonniers de guerre de Versailles[6]. Un match de football entre l'ES Versailles et l'AS Police d'État de Seine-et-Oise est notamment disputé lors de cette journée[7]. Cependant, les événements liés à la Libération ne permettent pas de lancer les travaux définitifs immédiatement.
Le grand stade
Il faut attendre l'arrivée du jeune maire André Mignot, entouré de l'adjoint au maire chargé des sports Jacques Meissonnier et de nombreux collaborateurs, en 1947, pour que la ville de Versailles se penche plus sérieusement sur la mauvaise organisation au niveau des équipements sportifs. De grands projets de rénovation et de construction d'installations sportives voient alors le jour. Parmi ces projets, le parc des sports de Montbauron, qui possède déjà des installations provisoires, est au centre des travaux. Dans un premier temps, au début des années 1950, quelques équipements et une piscine découverte de 50 mètres sont construits dans ce parc des sports[8].
En 1957, la municipalité doit désigner un nouvel architecte pour la deuxième phase d’aménagement du parc des sports, incluant notamment un terrain d’honneur de football avec tribunes, à la suite du décès de Pierre Montenot en 1956. Sur recommandation du ministère de l'Éducation nationale, André Mignot choisit Pierre Bailleau, architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux. Celui-ci disparaît à son tour en août 1957, après avoir présenté son avant-projet. Le projet de stade est alors repris par les successeurs de son cabinet d’architecture, Jean-Michel Legrand et Jacques Rabinel.
Au printemps 1958, les deux architectes livrent leurs plans pour la suite du projet. Les travaux doivent se poursuivre de la fin des années 1950 jusqu’aux années 1960, avec la construction de nouveaux équipements : des terrains de basket, un gymnase et une piscine couverte. Dans une optique de créer un grand club de football versaillais, la municipalité décide également d’édifier un nouveau stade Montbauron d’une capacité de 20 000 places[9]. Ce stade est conçu pour accueillir un terrain de football convertible en terrain de rugby, ainsi qu’une piste d’athlétisme de 400 mètres dotée de sept couloirs. Le projet prévoit la construction d’une tribune d’honneur couverte pouvant accueillir 1 200 spectateurs, ainsi que des tribunes non couvertes.
Cependant, ce projet suscite de vifs débats au conseil municipal : certains élus le jugent trop luxueux et coûteux pour une ville qui ne possède aucun club de football d'envergure. Malgré ces oppositions, le maire réussit à faire adopter le projet dans son intégralité et obtient une subvention importante de l’État pour le financer. Les travaux d’aménagement des terrains sont réalisés en 1959, tandis que les tribunes et les vestiaires sont construits entre mars 1960 et avril 1961.
Parallèlement, en 1960, la municipalité crée le Racing Club de Versailles, le nouveau club phare de football versaillais, qui occupera le stade[10]. Dans le contexte d'aménagement du parc des sports, la ville de Versailles est sollicitée pour que le nom de Pierre de Coubertin soit attribué au stade mais la municipalité décide de garder le nom historique du site sportif.
Ce nouveau stade Montbauron est officiellement inauguré le en présence du maire de Versailles André Mignot, du préfet de Seine-et-Oise Paul Demange, du président de la Fédération française de football association Pierre Pochonet et du président de la Ligue de football professionnel Antoine Chiarisoli. Devant près de 17 000 spectateurs, cette journée voit se succéder une rencontre du RC Versailles contre une sélection parisienne, une réunion d’athlétisme et un grand match de football professionnel entre le Racing Club de Paris et le Stade de Reims[11],[12].
L'enceinte devient alors le lieu de nombreuses compétitions de football et d'athlétisme. Des rencontres de rugby à XV et de cyclisme (avec plusieurs passages du Tour de France) y sont disputées occasionnellement. Devant 8 000 spectateurs, un match de football américain est également joué entre les Newton Nite Hawks (en) et les Lions de Chicago dans le cadre de l'Intercontinental Football League en 1977[13],[14].
En 2003, après les trois matchs du Championnat du monde junior de rugby à XV disputés dans l'enceinte versaillaise, la grande partie supérieure de la tribune Bleue (latérale) est rasée à la suite de la destruction de la piscine extérieure située derrière ces gradins. Cette tribune est largement rabaissée afin d’aménager un solarium, un terrain de sport et un espace pique-nique[15]. La capacité du stade est ainsi fortement réduite, passant de 14 000 places assises à 7 545 places.
En raison des travaux programmés sur son stade Yves-du-Manoir, site olympique en 2024 pour le hockey sur gazon, le Racing Club de France est contraint de disputer douze matchs de National 2 au stade Montbauron lors de la saison 2022-2023[16] et quatre matchs la saison suivante.
Promu en National pour la saison 2022-2023, le FC Versailles se retrouve dans l'obligation de quitter l'enceinte, celle-ci ne disposant pas d'un éclairage aux normes pour des rencontres de troisième division[17]. L’installation de pylônes d’éclairage est longtemps refusée, car elle risquerait d’altérer la vue sur le château de Versailles, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le club est alors contraint de délocaliser ses matchs au stade Jean-Bouin, à Paris. À l’intersaison 2022, un arrêté municipal autorise finalement l’installation d’un éclairage à la suite de l'autorisation des architectes des bâtiments de France[18]. Toutefois, cette décision suscite des recours de riverains. Par la suite, le maire François de Mazières revient sur sa position et s’oppose à l’accueil de l’équipe première au stade Montbauron. Il invoque notamment l’opposition des habitants, les difficultés d’accès et de circulation, ainsi que le caractère polyvalent du stade, jugé incompatible avec un usage intensif par le FC Versailles[19].
Structure et équipements
Le stade Montbauron, dessiné par les architectes Jean-Michel Legrand et Jacques Rabinel, a été réalisé par l'entreprise Labalette tandis que la société Oma a été chargée de l'installation des infrastructures sportives. Cette enceinte comprend un terrain d'honneur, une piste d’athlétisme en tartan et quatre tribunes. En 2023, le ministère de la Culture attribue le label « Architecture contemporaine remarquable » à la tribune d'honneur du stade.
Le terrain comporte une aire de jeu de 110 mètres de long sur 73 mètres de large dont la surface de 8 030 m2 est en gazon naturel. La pelouse est entourée d'un anneau synthétique de huit couloirs avec un neuvième couloir en ligne droite[20]. L’équipement d’athlétisme possède une piste de 400 mètres avec une rivière de steeple, onze aires de saut, dont deux de saut en hauteur, trois de saut en longueur, deux de saut en longueur et triple-saut, et quatre de saut à la perche. Le stade dispose également de trois aires de lancer dont un de lancer de disque et deux de lancer de javelot.