Statue de Léonce Élie de Beaumont
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| Type |
Statue, bronze (d), sculpture monumentale |
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| Créateur | |
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| Hauteur |
2,8 m |
| Propriétaire |
Ville de Caen (d) |
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La statue de Léonce Élie de Beaumont est une ancienne sculpture représentant Léonce Élie de Beaumont. Installée à Caen en 1876, elle est déboulonnée pour être fondue en 1942 dans le cadre de la mobilisation des métaux non ferreux.
La statue est située sur la place Saint-Sauveur, une des principales places de la ville. La place est située à proximité du palais des facultés de Caen, détruit en 1944.

Histoire
L'installation du monument
Léonce Élie de Beaumont meurt le au château de Canon[1]. Le , la Société linnéenne de Normandie, dont il était un membre éminent, décide de solliciter la municipalité de Caen en vue de rebaptiser une des rues de la ville en son honneur et émet l'idée d'une souscription pour financer un monument à sa mémoire[2],[3]. Lors du conseil municipal du , la Ville de Caen décide que la rue Neuve-des-Cordeliers prenne le nom d'Élie-de-Beaumont[4] et vote, comme le conseil général du Calvados, une subvention pour participer au financement du monument[2]. En dix-huit mois, le comité réussit à récolter 22 576,65 francs venant de 418 particuliers, ainsi que 59 collectivités et institutions ; plusieurs contributions viennent de l’étranger, notamment de la part de l'empereur du Brésil[A 1] Pierre II. Grâce à l'intervention du directeur des Beaux-Arts, Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, natif de Falaise, l'État fournit le bronze et paie la fonte de la statue[A 1]. Le , le conseil municipal donne son accord au projet et le 23 novembre suivant un décret présidentiel autorise l'érection de la statue[2].
La réalisation de la statue est confiée à Louis Rochet, sculpteur apprécié par le directeur des beaux-arts et connu dans la région pour la statue de Guillaume le Conquérant à Falaise (1851) et le monument en l'honneur de François Richard-Lenoir à Villers-Bocage (1865)[note 1],[A 1]. En , le modèle en plâtre est terminé[2]. Le , la fonte en bronze est commandée à la fonderie Thiébaut Frères par le ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts[2].
- Autres œuvres de Louis Rochet dans le Calvados
- Monument à François Richard-Lenoir (1865), Villers-Bocage.
Le monument est inauguré le [A 1],[5]. À cette occasion, plusieurs discours sont lus d'Hervé Faye, François-Edmond Pâris, Charles Sainte-Claire Deville et Gabriel Auguste Daubrée[6]. L'installation du groupe et du monument s'inscrit dans le mouvement de statuomanie à l’œuvre en France dans la deuxième partie du XIXe siècle[7].

La destruction du monument
Lors de l'Occupation, les forces allemandes exigent en la mobilisation des métaux non ferreux. La loi du relative à l'enlèvement des statues et monuments métalliques en vue de la refonte prévoit que « sera procédé à l'enlèvement des statues et monuments en alliage cuivreux sis dans les lieux publics et dans les lieux administratifs, qui ne présentent pas un intérêt artistique ou historique »[B 1],[8]. La statue est inscrite dans la liste des monuments à envoyer à la fonte. L'instruction complémentaire à la loi du prévoit que des moulages peuvent être exceptionnellement effectués et que « si les moulages ont été autorisés, le paiement sera assuré par l'État »[B 2]. Le moulage de la statue d'Élie de Beaumont est autorisé[B 3]. L’œuvre est retirée le [9] et fondue. Il est difficile de savoir si le moulage en plâtre a effectivement été réalisé et conservé du fait des destructions consécutives aux bombardements de Caen[B 4]. Un article du Journal de Normandie de décembre 1941 précise toutefois : « après Élie de Beaumont, Demolombe[note 2] a été, samedi, entouré d'un échafaudage et enduit de terre glaise par les soins diligents de trois hommes de l'art »[10], ce qui laisse donc penser que le moulage a bien été réalisé. Le piédestal avec ses plaques est conservé sur place[A 2].
En , le préfet du Calvados inscrit la statue dans une liste des monuments devant faire d'un remplacement, adressée au Secrétaire d'État à l'Éducation nationale[B 4]. Mais dans la liste nationale établie en , la statue n'apparait plus[B 5]. En 1953, une statue de François de Malherbe, réalisée en pierre par Raymond Martin d'après une ébauche par Robert Wlérick[note 3],[A 3], est installée sur le piédestal du monument[A 2]. Les plaques en l'honneur d’Élie de Beaumont, devenues inadaptées, sont tout de même conservées sur place[11].
Le , l'ensemble est retiré[9],[note 4] afin d'y ériger la statue de Louis XIV qui se trouvait devant le lycée Malherbe (ancienne abbaye aux Hommes)[A 4]. Le piédestal et la grille sont alors détruits[2]. Les plaques quant à elles sont entreposées dans le dépôt du musée de Normandie[A 5].
