Steige
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| Steige | |
Entrée du village de Steige avec la distillerie Nusbaumer et son alambic en cuivre martelé. | |
Blason |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Circonscription départementale | Bas-Rhin |
| Arrondissement | Sélestat-Erstein |
| Intercommunalité | Communauté de communes de la Vallée de Villé |
| Maire Mandat |
Monique Houlne 2020-2026 |
| Code postal | 67220 |
| Code commune | 67477 |
| Démographie | |
| Gentilé | Steigeois(es) |
| Population municipale |
623 hab. (2023 |
| Densité | 63 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 21′ 42″ nord, 7° 14′ 22″ est |
| Altitude | Min. 317 m Max. 1 020 m |
| Superficie | 9,86 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Sélestat (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Mutzig |
| Législatives | Cinquième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | Steige.fr |
| modifier |
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Steige [stɛʒ] est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace et fait partie de l'arrondissement de Sélestat-Erstein et du canton de Mutzig.
Localisation
Le village de Steige est situé à 6 km au nord-ouest de Villé et est la dernière commune de la vallée avant de passer la crête vers la haute vallée de la Bruche. Il est à la limite des sources du Giessen et sur la limite du département des Vosges. Le village de Steige est très long et divisé en quatre quartiers ; toutes les maisons sont situées sur la route, dont il a pris le nom allemand. Le ban communal (986 ha) se divise en deux domaines bien distincts :
Au sud, la partie de la crête de la Honel, culminant à 668 mètres près du Blanc-Noyer, domine le vallon de Charbes. Plus à l'ouest, la crête bien individualisée de la Honel fait place à un massif montagneux plus confus, le Mont qui atteint 822 mètres avant de s'orienter vers le replat et le sommet du Climont. La partie basse de ces versants, plus empâtée, a fait jadis l'objet d'un aménagement de terrasses de culture encore bien visibles de nos jours. À l'ouest, le col de Steige, peu élevé (535 m) fait communiquer le Val de Villé avec la haute vallée de la Bruche (Ranrupt et Bourg-Bruche) et permet également de passer de la vallée de Steige à la vallée d'Urbeis par la Salcée (ancienne route du sel) et le hameau du Climont. Au nord, les crêtes s'élèvent progressivement du col de Steige (534 m) vers le puissant massif du Champ du Feu et atteignent 1 020 mètres à la Grande-Goutte, non loin du col de la Charbonnière. Elles dominent alors les localités de la haute vallée de la Bruche (Ranrupt) et du Ban de la Roche (Bellefosse). Le village (altitude 350 m au centre) formé à l'origine de plusieurs quartiers bien distincts (la Croix, Beulot, Chênesire, Gasse, Haut de Steige) s'étire le long de la route du Col, devant les premiers lacets. Il domine d'une dizaine de mètres le fond de la vallée du Giessen. L'influence lorraine se traduit par la présence de quelques « fermes » disséminées dans la montagne ou les vallons.
Le village de Steige longe la route départementale no 424 sur plus de trois kilomètres autour duquel viennent se greffer des maisons d'habitation. Le cœur historique de Steige, qui depuis s'est allongé, est interrompu à l'ouest par une seconde rangée de maisons et à l'est par d'autres pâtés de maisons. La partie nord, derrière l'église, concentre une autre partie de maisons d'habitation avec notamment la Goutte et le Haut de Steige.
Hydrographie
Réseau hydrographique
La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau Dit le Giessen[1],[Carte 1].
Le ruisseau Dit le Giessen, branche de la rivière Giessen , d'une longueur de 11 km, prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans Giessen à Villé, après avoir traversé cinq communes[2].

Gestion et qualité des eaux
Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Liepvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur 317 km2. Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle[3].
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[5]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[6] et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C)[7]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[8],[9].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 018 mm, avec 11,5 jours de précipitations en janvier et 10,7 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villé à 5 km à vol d'oiseau[10], est de 11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 957,7 mm[11],[12]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −19 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Steige est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle est située hors unité urbaine[14]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[14]. Cette aire, qui regroupe 37 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[15],[16].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (81,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (81,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (81,7 %), zones agricoles hétérogènes (12,1 %), zones urbanisées (6,2 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Steiga en 1253[18] ; Steige au XIVe siècle déjà (terrier des Habsbourg) ; Steg en 1576, puis Steeg en 1665 (enquête pastorale).
Il est issu ultimement du vieux haut allemand stîga signifiant « sentier (en pente) »[19]. Steig avait le sens de « sentier étroit et rocailleux ». Le mot allemand Steige et l'ancien alsacien Stegge désignent une route pentue, un passage au col.
On fera le rapprochement avec Rosteig (Bas-Rhin), l'Estaye, nom porté au XVe siècle par le col de Bussang qui représente une romanisation de cet appellatif germanique et (Haie d')Étigue (Stigas vers 1025[20]), lieu-dit de Normandie qui désignait un chemin dans la valleuse montant de la mer vers le plateau, et qui procède de l'ancien scandinave stíga (cf. vieil anglais stīġe[Note 4], accusatif) de stígr « sentier (étroit et pentu) » cf. suédois stig.
Histoire
Un village appartenant aux Habsbourg
Dès le XIIIe siècle, le village fait partie de la seigneurie de Villé, possession des Habsbourg, dont elle partage le sort jusqu'à la Révolution.
Les conflits et fléaux
Steige est peut-être dévasté en par les troupes de l'évêque de Strasbourg qui saccagent les possessions des Habsbourg dans le Val de Villé, mais également dans la haute vallée de la Bruche. Steige est donc vulnérable car se trouvant sur la route allant d'Alsace en Lorraine fréquemment emprunté par les troupes étrangères. Le village subit d'autres assauts : guerre entre les Müllenheim (en) et les Zorn, incursions des Armagnacs stationnés à Châtenois (1445-1445). Le mécontentement général contre les privilèges de l'Église et les seigneurs trouvent des échos chez les paysans qui deviennent ainsi les plus farouches partisans de la Réforme lors de la Guerre des paysans en 1525. Les paysans (appelés aussi en Alsace les Rustauds) seront écrasés par les troupes lorraines du duc Antoine près de Scherwiller le . Le lendemain le duc Antoine reprend la route de la Lorraine en passant par Villé, Saint-Martin, Maisonsgoutte et Steige. Les Steigeois prenant probablement également part au sac de l'abbaye de Honcourt ne seront pas montrés du doigt par la Régence d'Ensisheim. En tout cas la commune ne sera pas condamnée à participer à l'indemnisation de l'abbaye de Honcourt, en 1526, contrairement aux autres communes limitrophes.
La guerre de Trente Ans
La guerre de Trente Ans apporte son cortège de malheurs. En 1633 les Suédois et leurs mercenaires mettent le feu au village ou tuent une grande partie de la population qui n'a pas eu le temps de fuir. Les autres restés sur place meurent d'épuisement et de faim. La paix revenue en 1648, la commune de Steige ne compte plus qu'une trentaine d'habitants.
Le village se repeuple
Après la guerre de Trente Ans, Louis XIV encourage par un édit la venue de nouveaux habitants à venir s'installer dans les villages meurtris. C'est ainsi qu'on voit arriver à Steige des immigrants venus de Lorraine, de Provence et de Picardie. L'activité économique repose alors essentiellement sur l'agriculture et la viticulture. L'apport massif d'immigrés venus des autres régions permet au village de se reconstruire et de connaître à partir du XVIIIe siècle une expansion démographique. Le village de Steige voit fleurir des maisons de type vosgien qui font encore aujourd'hui le charme de cette bourgade.
La Révolution
La Révolution avec son cortège d'excès et d'animosités produit aussi de nouvelles libertés. La municipalité se voit contrainte de fermer l'église. Malgré quelques réticences, les biens de l'Église sont vendus sous enchères. Steige est bien obligé de s'incliner devant les menaces, réquisitions et assignations à comparaître pour les récalcitrants. Deux citoyens de Sélestat, Riettlinger et Perrin, sont chargés d'effectuer le sale boulot et de descendre la croix de l'église contre une rétribution de 100 livres. Mais une partie de la population prenant parti pour le curé vont cacher les ornements qui sont pour la plupart enterrés. Les Révolutionnaires transforment l'église de Steige en Temple de l'Être Suprême, puis en étable.
Deux prêtres fidèles à Rome prennent clandestinement possession des lieux. Il s'agit de l'abbé Louis Saulcy ancien vicaire de Saint-Martin et de dom Joseph Fréchard originaire de la principauté de Salm. Les deux religieux continuent temporairement à célébrer clandestinement la messe et se cachent à proximité des vieux sanctuaires des forêts où les fidèles viennent les rejoindre pour recevoir les sacrements et assister aux messes. Mais les risques encourus sont énormes et il n'est pas rare que des citoyens appâtés par les gains dénoncent les ecclésiastiques. L'un d'eux, l'abbé Saulcy est ainsi arrêté à Steige le et enfermé dans une prison de l'île de Ré. Dom Fréchard est capturé à Nancy, mais réussit à s'évader. Il fondera par la suite une nouvelle communauté : les "Frères de la Doctrine Chrétienne" dans le diocèse de Nancy où il meurt en 1849.
La guerre de 1870
La guerre de 1870 apporte beaucoup de bouleversements. Proche de la frontière française, Steige possède un fort noyau de citoyens francophiles qui n'aspirent pas à devenir allemands. De nombreux Steigeois optent donc tout naturellement pour la citoyenneté française. Le village se fait également remarquer par un grand nombre de réfractaires à l'emprise allemande De 1880 à 1902, 66 personnes refusent de porter l'uniforme allemand.
Politique et administration
Découpage territorial
La commune de Steige est membre de la communauté de communes de la Vallée de Villé[21], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Bassemberg. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[22].
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Sélestat-Erstein, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[21].
Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Mutzig pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[23].
Liste des maires
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[27].
En 2023, la commune comptait 623 habitants[Note 5], en évolution de +2,3 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

