Stèles de Cirta
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| Stèles de Cirta | ||
Sélection d’inscriptions publiée par Mark Lidzbarski | ||
| Type | Sculpture | |
|---|---|---|
| Matériau | Pierre calcaire | |
| Méthode de fabrication | Bas-relief et Technique de taille | |
| Fonction | Vocation funéraire | |
| Période | IIIe siècle av. J.-C. – Ier siècle av. J.-C. | |
| Culture | Civilisation carthaginoise Numidie |
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| Lieu de découverte | Cirta (Constantine, Algérie) | |
| Coordonnées | 36° 17′ 00″ nord, 6° 37′ 00″ est | |
| Conservation | Musée du Louvre (Paris) musée national Cirta (Constantine) |
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| Signe particulier | nombre total de stèles : 1000 | |
| Géolocalisation sur la carte : Algérie
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Les stèles de Cirta sont un ensemble d’environ 1 000 stèles funéraires et votives puniques découvertes à Cirta (aujourd’hui Constantine), principalement sur la colline d'El Hofra, immédiatement au sud du viaduc Salah-Bey. Elles constituent l’un des corpus épigraphiques puniques les plus importants d’Afrique du Nord.
Le premier groupe de stèles a été publié par Auguste Célestin Judas en 1861. Le groupe des inscriptions Lazare Costa constitue la deuxième série d’inscriptions découvertes ; elles furent collectées entre 1876 et 1880 par Lazare Costa, un pharmacien et antiquaire italien établi à Constantine. La plupart des stèles se trouvent aujourd’hui au Louvre[1],[2],[3]. Elles sont répertoriées dans la source de référence pour le texte original des Inscriptions cananéennes et araméennes (en) (KAI) sous les numéros 102–105.
En 1950, des centaines de stèles supplémentaires furent mises au jour sur le même site – alors appelé El Hofra – par André Berthier, directeur du musée Gustave-Mercier (actuel Musée national Cirta) et le père René Charlier, professeur au séminaire de Constantine[4]. Une grande partie de ces stèles se trouve aujourd’hui au Musée national Cirta[5]. Une douzaine des inscriptions les plus importantes furent ensuite publiées dans la source de référence pour le texte original des Inscriptions cananéennes et araméennes (KAI) sous les numéros 106-116 (puniques) et 162-164 (néo-puniques).
Stèles Judas (1857–1861)
En 1861, Auguste Célestin Judas publia une série de 19 stèles inscrites dans l’Annuaire de la Société archéologique de la province de Constantine. Entre 1857 et 1861, plus de 30 stèles de ce type furent collectées par la Société archéologique, dont une douzaine en 1860[6]. Judas indiqua que l’emplacement exact des découvertes restait incertain, mais précisa [7] : « Des dix-neuf inscriptions dont j’ai parlé, deux, les nos II et XVII, proviennent du Coudiat-ati ; seize de l’emplacement du nouveau cimetière chrétien, à l’ouest et à 500 mètres du Coudiat-ati, à 725 mètres de Constantine. Pour le n° I, nulle indication. »
Stèles Costa (1876–1880)
En 1876, lors de travaux entrepris aux abords de Constantine pour la plantation d’une vigne, les ouvriers mirent au jour plusieurs stèles puniques ornées de symboles et d’inscriptions. Ces vestiges attirèrent l’attention d’un Italien installé à Constantine, Lazare Costa, qui entreprit de les recueillir. Au fil des découvertes, il parvint à constituer une collection remarquable, composée d’environ 120 stèles[8].
À la mort de Lazare Costa, Antoine Héron de Villefosse et le Victor Constant Reboud négocièrent l’acquisition de toutes les stèles pour le Louvre. Bien que toutes n’y soient pas parvenues, la collection s’enrichit de nouvelles pièces[9] : « À la mort de M. Costa, M. Héron de Villefosse, aidé du Dr Reboud... négocia l’acquisition de toutes les stèles de Costa pour le Musée du Louvre... ».
Une concordance de 135 stèles fut publiée par Jean-Baptiste Chabot en 1917[10], puis par le Louvre en 1987[11].
Ces concordances permettent de relier les différents systèmes de numérotation utilisés par les chercheurs et dans les publications majeures, notamment :
- la numérotation originale de Lazare Costa (1875-1880) ;
- les numéros d’inventaire du Louvre (AO) ;
- les références du Recueil des inscriptions sémitiques (RES) ;
- la source de référence pour le texte original des Inscriptions cananéennes et araméennes (en) (KAI) - (inscriptions 102–105) ;
- la classification dans le Corpus des inscriptions puniques et néo-puniques (KI).
- Carte manuscrite de Lazare Costa indiquant l’emplacement de ses découvertes
- Inscriptions 4-6 (Costa 6 correspond à RES 331)
- Inscriptions 7-9 (Costa 8 correspond au (KAI) 105 / RES 334 / KI 98 / NSI 51)
- Inscriptions 10-12
- Inscriptions 16-18 (Costa 16 correspond à RES 328, Costa 17 à RES 333)
- Inscriptions 19-21
- Inscriptions 22-24 (Costa 22 correspond à RES 330, Costa 24 à RES 326)
- Inscriptions 25-31 (Costa 31 correspond au (KAI) 104 / RES 327 / KI 97)
- Inscriptions 32-35 (Costa 33 correspond à RES 329)
- AO 5226 exposée au Musée du Louvre
- AO 5187 exposée au Musée du Louvre
- AO 5191 exposée au Musée du Louvre
- Costa 16 exposée au Musée d'archéologie méditerranéenne, Marseille
Fouilles Berthier-Charlier (1950)

Au printemps 1950, la construction d’un vaste garage Renault (aujourd’hui Garage SNVI) fut lancée sur la colline d’El Hofra, à la sortie sud de la ville, à environ 150 mètres au sud-est de l’ancien « Hôtel Transatlantique » (actuellement une succursale du Crédit populaire d'Algérie)[4]. Située à la confluence du Rhummel et de son affluent, l’oued Bou Merzoug, juste au sud du Viaduc Salah-Bey, cette colline allait révéler un site exceptionnel. Le 6 mai 1950, l’excavatrice mit au jour un ensemble de stèles disposées à plat sur près de 75 mètres, formant une sorte de mur d’une hauteur ne dépassant pas l’épaisseur de quatre stèles, pour une largeur variant entre 0,5 et 1 mètre[5].
Les stèles n’ont pas été trouvées in situ : toutes semblent avoir été volontairement brisées (elles étaient toutes fracturées et beaucoup d’inscriptions mutilées), puis transportées dans une sorte de terrain de décharge[12].
En septembre 1950, environ 500 fragments avaient été découverts, dont plus de la moitié portaient des inscriptions[5]; au total, 700 stèles et fragments furent trouvés, dont 281 étaient des stèles puniques et néo-puniques, totalement ou partiellement lisibles, 17 portaient des inscriptions grecques et 7 des inscriptions latines[4]. Presque toutes les stèles furent publiées par André Berthier et René Charlier, à l’exception de trois : une longue inscription punique trop effacée, et deux inscriptions néo-puniques qui furent ultérieurement publiées par James Germain Février (KAI 162–163)[13].
Certaines sont datées du règne de Massinissa ou de celui de ses fils ; elles s’échelonnent de 163-162 av. J.-C. jusqu’à 148-147 (année de la mort de Massinissa) et peut-être jusqu’à 122-121 (sous Micipsa). La stèle n° 63 (KAI - 112) mentionne le règne simultané des trois fils de Massinissa — Micipsa, Gulussa et Mastanabal — et l’une des stèles contient une translittération complète d’un texte punique en caractères grecs (page 167)[4].
Importance épigraphique
Les stèles de Cirta constituent une source majeure pour l’étude :
- de la langue punique et néo-punique ;
- des pratiques religieuses en Afrique du Nord antique (culte de Baal Hammon et Tanit) ;
- et de la diffusion des traditions sémitiques occidentales jusqu’en Numidie.