Stéphane François
politologue français
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Stéphane François, né le , est un historien des idées et politologue français, membre du CNRS dans le Groupe Sociétés, Religions, Laïcités et de la fondation Jean Jaurès en tant qu'observateur des radicalités politiques.
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Observatoire des radicalités politiques (d) Groupe Sociétés, Religions, Laïcités Fondation Jean-Jaurès |
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Christian-Marie Wallon-Leducq (d) |
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Docteur en science politique, il travaille sur l'extrême droite et ses contre-cultures. Il a publié plusieurs ouvrages sur le néopaganisme au sein des mouvements identitaires. Il signe aussi de nombreux articles dans des revues scientifiques et prend parfois la parole dans la Presse. Il est connu pour avoir révélé que la notion d'occultisme nazi était une construction éditoriale non fondée historiquement parlant.
Parcours & thèses
Historien des idées, Stéphane François est spécialiste de l’Antiquité et du XXe siècle, docteur en science politique de l'université Lille-II avec une thèse portant sur « Les paganismes de la Nouvelle Droite »[1],[2]. Ses travaux sont rattachés au groupe de sociologie des religions et de la laïcité fondé par Jean Baubérot.
Selon Christophe Cosker, son travail permet de mettre en lumière les mécaniques des groupuscules d'extrême droite néo fascistes[3] : « En conclusion, ésotérisme, religiosité, antimodernité, chevaliers et Vikings apparaissent comme autant de lieux communs permettant de construire la multiplicité des idiosyncrasies argumentatives des droites radicales ». En , il est entendu en tant qu'expert par la commission d'enquête sur la lutte contre les groupuscules d'extrême droite[4].
Ses principaux axes de recherche sont : d'une part, l’étude politico-historique des droites radicales, en particulier la Nouvelle Droite, courant issu de la droite radicale qui a théorisé la métapolitique (également appelée « gramscisme de droite »), et d'autre part, l'étude de la mise en pratique de cette stratégie culturelle, lors de tentatives de séduction ou d’entrisme au sein des contre-cultures notamment. Ses recherches portent aussi sur les relations entre les contre-cultures elles-mêmes comme les skinheads, en particulier les contre-cultures musicales, comme la culture gabber, le néopaganisme, l'ésotérisme et les droites radicales européennes, dont la Nouvelle Droite et ses dissidences,[pas clair] ainsi que sur le milieu culturel dans lequel baignent les contre-cultures politiques occidentales d’extrême droite, un milieu constitué d’éléments disparates — dont l’ésotérisme est l'un des plus importants — qui entendent former une protestation contre les savoirs dits « officiels ». Depuis peu, il s'intéresse aussi à l'écologie politique.
Principaux ouvrages
Dans son livre L'Occultisme nazi paru en 2020 et préfacé par Johann Chapoutot, Stéphane François explique l'influence du livre Le Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier paru en 1960 dans la formation du mythe que le nazisme aurait eu des origines occultes[5]. Il dénonce les émulations éditoriales qui ont eu lieu dans les années 1970 et précise que ce « bricolage idéologique » a inspiré le mouvance contre-culture des groupuscules d'extrême droite. L'auteur revient aussi sur les influences de Julius Evola, ésotériste et idéologue d'extrême droite italien convaincu, Jacques-Marie de Mahieu, ou encore de Jean-Paul Bourre, auteur mis à ban par ailleurs pour propos racistes. Le livre fait suite au livre Le nazisme revisité. L'occultisme contre l'histoire paru en 2008 dont le propos était non seulement de[6]
« déconstruire ce qu’il identifie comme un discours mythologique fondé sur une relecture à rebours du nazisme. Loin de nier l’intérêt d’un certain nombre de responsables et idéologues national-socialistes pour l’occultisme, l’auteur s’attache à cerner ce qui relève en ce domaine de l’historique et de l’ordre des représentations. »
mais aussi de « montrer comment les tenants de ce discours, ils réinventent la réalité et réenchantent une idéologie totalitaire, la déconnectant de toute volonté humaine »[6].
Publications universitaires
Il écrit dans diverses revues spécialisées et, ou universitaires telles que Religioscope, Journal for the Studies of Radicalism, Le Banquet, Zénon, Politica hermetica, Sociétés et Raisons politiques. Il est un collaborateur régulier du site Fragments sur les temps présents[1],[7].
Engagements en tant que chercheur
Chercheur associé au groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL) du CNRS, il enseigne l'histoire contemporaine et la science politique[8]. Depuis 2014, il est membre de l'Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès[1],[9] et du programme du Centrum für interkulturelle und europäische Studien (CINTEUS), lancé à Fulda, sur le développement des mouvements identitaires en Allemagne et en France. Son expertise est sollicitée en 2019 par une commission d'enquête parlementaire[4].
Il réagit également de manière plus ou moins directe à l'actualité en publiant différentes tribunes dans la presse, notamment dans Le Monde[10] , le Parisien[11] ou Le Soir[12]. En , il publie une note[réf. souhaitée] pour la chaire « Citoyenneté » de Sciences-Po Saint-Germain-en-Laye dans laquelle il décrit comment « l'extrême droite rêve d'un "monde d’après" raciste » afin de profiter de la pandémie liée au Covid 19.
Publications
- La Musique europaïenne. Ethnographie politique d’une subculture de droite, préface de Jean-Yves Camus, Paris, L’Harmattan, 2006 (ISBN 2-296-01591-3) En appendice : textes de trois entretiens de Stéphane François avec Thierry Jolif, Alain de Benoist et Christian Bouchet.
- Le Néopaganisme : une vision du monde en plein essor, préface de Jean-François Mayer, Apremont, MCOR-Table d'émeraude, 2007 (ISBN 2914946465) ; nouvelle éd. La Hutte, 2012.
- Le Nazisme revisité : l'occultisme contre l'histoire, Paris, Berg international, , 123 p. (ISBN 978-2-917191-08-8, présentation en ligne), [présentation en ligne].
- Les Néopaganismes et la Nouvelle Droite : pour une autre approche, préface de Philippe Raynaud, Archè, 2008 (ISBN 978-88-7252-287-5).
- Le Complot cosmique. Théorie du complot, ovnis, théosophie et extrémistes politiques, coécrit avec Emmanuel Kreis (préface de Jean-Bruno Renard, postface de Jean-Pierre Laurant), Milan, Archè, 2010 (ISBN 978-88-7252-299-8).
- L'Ésotérisme, la « tradition » et l'initiation. Essai de définition, Tours, Grammata, 2011 (ISBN 9782918863045).
- La Nouvelle Droite et la tradition, Milan, Archè, 2012 (ISBN 978-88-7252-311-7).
- À droite de l'acacia : de la nature réelle de la franc-maçonnerie ?, La Hutte, 2012 (ISBN 9782916123578).
- L'Écologie politique : une vision du monde réactionnaire ? Réflexions sur le positionnement idéologique de quelques valeurs, Cerf, 2012 (ISBN 9782204097208).
- Des mondes à la dérive : réflexions sur les liens entre l'ésotérisme et l'extrême droite, Valence-d'Albigeois, Éditions de la Hutte, coll. « Essais », , 94 p. (ISBN 978-2-916123-71-4, présentation en ligne).
- La Modernité en procès : éléments d'un refus du monde moderne, Valenciennes, Presses universitaires de Valenciennes, 2013 (ISBN 978-2-36424-016-2).
- Au-delà des vents du Nord : l'extrême droite française, le pôle Nord et les Indo-Européens (préf. Laurent Olivier), Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2014 (ISBN 978-2-7297-0874-0).
- Les Mystères du nazisme : aux sources d'un fantasme contemporain, Paris, Presses universitaires de France, , 195 p. (ISBN 978-2-13-062457-8, DOI 10.3917/puf.franc.2015.01.
, présentation en ligne). - Le Retour de Pan : panthéisme, néopaganisme et antichristianisme dans l'écologie radicale, Milan, Archè, 2016 (ISBN 978-8-8725-2342-1).
- L'occultisme nazi : entre la SS et l'ésotérisme, Paris, Éditions du CNRS, , 230 p. (ISBN 978-2-271-13135-5, présentation en ligne).
- La Nouvelle Droite et ses dissidences, éditions Le Bord de l'eau, (ISBN 978-2-3568-7760-4).
- Les Vert-bruns. L'écologie de l'extrême droite française, Le Bord de l'eau, (ISBN 978-2-3568-7835-9).
- Géopolitique des extrêmes droites : Logiques identitaires et monde multipolaire, Paris, Le cavalier bleu, , 216 p. (ISBN 9791031805030, lire en ligne).
- Une avant-garde d’extrême droite : Contre-culture, conservatisme radical et tentation moderniste, éditions de la Lanterne, .
- La Nouvelle Droite et le Nazisme, une histoire sans fin : Révolution conservatrice allemande, national-socialisme et Alt-Right, éditions Le Bord de l'eau, , 176 p.
Articles
- François Stéphane. Un ésotérisme «traditionnel». In: Raison présente, n°176, 4e trimestre 2010. Culture, savoirs et compétences. pp. 89-97, https://www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_2010_num_176_1_4270
- François Stéphane. Un fantasme historique, l'occultisme nazi, https://archives.laspirale.org/texte-612-stephane-francois-un-fantasme-historique-l-occultisme-nazi.html#
En collaboration ou direction d'ouvrage
- Avec Nicolas Lebourg, Histoire de la haine identitaire : mutations et diffusions de l'altérophobie, Valenciennes, Presses universitaires de Valenciennes, 2016 (ISBN 978-2-36424-031-5)
- Dir. avec Emmanuel Cherrier, Le Service public et les idéologies politiques, Villeneuve-d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2016 (ISBN 978-2-7574-1380-7)