Sultan Yaqoub

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Yaqub ben Ouzoun Hasan[1], communément appelé Sultan Ya'qub, règne sur les Aq Qoyunlu de 1478 jusqu'à sa mort, le 24 décembre 1490. Fils d'Ouzoun Hassan, il accède au trône après le décès de son frère, le Khalil Mirza Beg (en). Les frontières de la dynastie Aq Qoyunlu restent stables durant son règne. Dans son ouvrage Tarikh-i Alam-ara-yi Amini (en), Fazlallah Khunji Isfahani (en) le loue comme un digne successeur d'Ouzoun Hassan[1]. Ya'qub est également salué par d'autres historiens pour son soutien aux poètes et aux savants.

Naissance
Mère
Selçukşah Begum (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Sultan Yaqoub
Biographie
Naissance
Décès
Père
Mère
Selçukşah Begum (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Conjoint
Gawhar-Sultan Khanum (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Baysunghur (Aq Qoyunlu) (en)
Hasan Mirza (Ak Koyunlu) (d)
Sultan Murad (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Sultan Yaqub's council of poets (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Histoire

Contexte

Yaqub Beg est le fils d'Ouzoun Hassan. Il a un frère aîné, Khalil Mirza Beg (en), et un frère cadet, Yusuf Beg,. Le 6 janvier 1478, son père meurt [2] et son frère Khalil se proclame sultan. Il exile ses deux frères et fait assassiner son demi-frère Maqsud Beg, fils de Théodora Comnène[3],[4]. Un autre demi-frère, Ughurlu Muhammad (en), fils de Jan Khatun, s'enfuit à Constantinople, à la cour du sultan ottoman Mehmed II, où il épouse sa fille Gevherhan Hatun (en)[5],[6]. Cet événement déclenche une guerre civile entre Khalil et sa famille[7],[4]. Le 15 juin 1478, Yaqub vainc son frère, le fait exécuter et se proclame nouveau sultan[4].

Règne

Représentation contemporaine de Yaqub-bey et de sa cour. Shahnameh (Album du Fateh), Tabriz, vers 1470-1480[8].

Au début de son règne, Ya'qub doit faire face à une révolte des princes bayandour Alwand Beg et Kusa Haji, respectivement à Shiraz et Ispahan, mais les deux révoltes sont écrasées. La plus importante de son règne est celle du cheikh Heidar, père d'Ismaïl Ier, qui entraîne la mort de ce dernier[9]. En 1480, Qait Bay, sultan mamelouk d'Égypte, envoie une armée sous le commandement de son chef petchénègue Yashbak al-Zahiri envahir Diyar Bakr (en). Ya'qub dépêche alors une armée commandée par Bayindir Beg, Sulayman Beg Bijan (en) et Sufi Khalil Beg Mawsilu (en) pour contrer cette armée. Les deux forces s'affrontent en novembre à la Bataille d'Urfa (en), ce qui se solde par une victoire des Aq Qoyunlu et la capture de Yashbak al-Zahiri, qui est exécuté quelques jours plus tard. La même année, les forces de Ya'qub défont Balish Beg, le commandant en chef de la Syrie, qui a tenté de conquérir Diyar Bakr[9].

Firman de Ya'qub relatif aux droits fonciers accordés antérieurement par le défunt souverain Qara Qoyunlu, Jahan Shah, à deux fils de Sayyid Ni'matullah. Créé en Iran.
Le palais Hasht Behesht à Tabriz, commencé par Ouzoun Hasan, est achevé par son fils Yaqub Beg.

Sous le règne de Ya'qub, le royaume conserve la même superficie que celui de son père et ses institutions sont renforcées. Il maintint les mêmes rangs et concessions de terres que ses sujets ont reçus de son père. Il entreprend cependant une réforme agraire afin de consolider son royaume et d'instaurer un gouvernement stable. Les Aq Qoyunlu utilisent un système politique fondé sur les anciens iqta en vigueur depuis la période pré-seldjoukide. Ce système, connu sous le nom de soyurghal, est appliqué depuis le sultanat djalayiride. Il exempte le titulaire d'un iqta d'impôts et lui confère une grande autonomie. La réforme est initiée par le précepteur de Ya'qub, Qazi Isa Savaji (en)[9],[1].

L'érudit religieux et historien Fazlallah Khunji Isfahani (en) condamne l'abolition du soyurghal, affirmant qu'elle a perturbé nombre d'érudits religieux de Shiraz[9]. Le cadi de Fars, Jalal al-Din Davani, s'oppose également aux réformes de Ya'qub, ce qui envenime leurs relations[10],[11]. Avec Abu-Yazid al-Davani et Maulana Muhammad al-Muhyavi, Davani envoie des lettres au cadi Isa Savaji pour protester contre ces réformes[12]. Après la mort de Ya'qub, la réforme agraire est annulée[9],[1].

Ya'qub tombe gravement malade et meurt le 24 décembre 1490 au Karabakh. Plusieurs érudits pensent qu'il est empoisonné par sa femme[9]. Les principaux dirigeants de la confédération installent son fils Baysunghur (en) âgé de huit ans sur le trône afin d'accroître leur propre pouvoir. Cela marque le début du déclin des Aq Qoyunlu[9].

Famille

Yaqub Beg a une épouse, Gawhar-Sultan Khanum. Ils eurent deux fils et une fille :

  • Baysunghur Beg
  • Murad Beg
  • Une fille, mère de Tajli Khanum et grand-mère de Shah Tahmasp I[13],[14],[15].

Littérature

La cour de Ya'qub compte plusieurs poètes de renom, tels que Baba Fighani Shirazi (en), Ahli Shirazi (en), Kamal al-Din Bana'i Haravi et Shahidi Qumi. Un autre poète éminent, Hatefi, neveu du poète Jami, séjourne cinq ans à la cour de Ya'qub[16]. Khatai Tabrizi, poète azerbaïdjanais du XVe siècle, dédie un mathnawi intitulé Yusof wa Zoleykha au sultan Ya'qub[17], et Ya'qub écrit même de la poésie en langue azerbaïdjanaise[17]. Baba Fighani Shirazi dédie une ode cérémonielle (qasida) à Ya'qub, ainsi qu'un éloge funèbre après sa mort[18].

Notes et références

Bibliographie

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