Supplicatio

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L'empereur Marc Aurèle (161-180 ap. J.-C.) et les membres de la famille impériale effectuant une supplication gratulatoire, sous forme de sacrifice, sur le Capitole en reconnaissance de la victoire romaine contre les tribus germaniques. Bas-relief, Rome, musée du Capitole.

La supplicatio est une cérémonie de la religion romaine, qui avait lieu dans des occasions particulières sur décision du Sénat, qui en fixait les modalités et la durée. Léon Halkin distingue trois types de supplications chez les Romains : la supplication expiatoire, la supplication propitiatoire et la supplication gratulatoire (ou supplication d'action de grâces).

Étymologiquement, le terme supplicatio dérive de supplico, qui lui-même vient de l'adjectif supplex. L'étymologie usuellement admise décompose ce mot en sub plecs, c'est-à-dire celui de se trouve plié au pied de et l'interprète comme un rite de prosternation devant la majesté des dieux. Gérard Freyburger rejette cette théorie, car la pratique de la prosternation n'est attestée ni par les textes ni par les représentations. De surcroit les auteurs anciens, Festus, Plaute, Tite-Live et Pline l'Ancien rapprochaient le mot supplico de supplico, avec le sens d'apaiser[1]. Selon les indications des auteurs antiques, le rituel comprenait des prières, des libations et des sacrifices.

Ce rituel est attesté pour la première fois au Ve siècle av. J.-C. en -449, mais existait sans doute dès la période royale. Jules Toutain[2] et A. K. Lake[3] ont montré qu'il s'agit d'un rite d'origine romaine et non grecque. Le rituel historiquement attesté est rare durant les périodes archaïques et ne devient plus courant qu'à partir de la deuxième guerre punique[4].

La supplication expiatoire

Lorsqu'une calamité telle qu'une famine ou une épidémie s'abattait sur le peuple romain, souvent accompagnée de prodiges, les Romains y voyaient le signe que la pax deorum, c'est-à-dire la bonne entente entre les dieux et eux (grâce à laquelle ils bénéficiaient de leur faveur et de leur soutien), était rompue. Pour calmer la colère des dieux et implorer leur pardon, le Sénat pouvait – en général après avoir fait consulter les Livres sibyllins – décréter une supplicatio.

Cette forme de supplicatio portait parfois le nom d’obsecratio, mais ce mot désignait d'abord la prière par laquelle on essayait d'obtenir le pardon des dieux. La cérémonie durait d'un à trois jours, pendant lesquels toute la population se rendait dans les temples pour y offrir libations et sacrifices.

Une cinquantaine de supplications de ce type sont attestées à partir du Ve siècle av. J.-C., notamment pendant la deuxième guerre punique. Elles deviennent plus rares ensuite et disparaissent entièrement vers le milieu du Ier siècle ap. J.-C.

La supplication propitiatoire

La supplication propitiatoire n'avait pas une fonction réparatrice comme la supplication expiatoire, mais une fonction préventive. Il s'agissait de demander aux dieux de préserver Rome d'un danger qui la menaçait, comme une invasion ou le risque d'une défaite[5]. Le rituel était pratiquement le même que pour la supplication propitiatoire. Le Sénat n'eut pas souvent recours à cette supplication ; les exemples connus se situent à l'époque de la deuxième guerre punique ou dans la décennie qui suivit. Mais on connaît aussi quelques cas de supplications spontanées, à l'initiative de matrones romaines. Sous l'Empire, on rencontre quelques exemples de supplications décrétées pour demander le maintien ou le retour de la santé de l'empereur.

La supplication gratulatoire

Notes et références

Bibliographie

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