Sweet Dreams (Are Made of This)
chanson d'Eurythmics
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Sweet Dreams (Are Made of This)[4] est une chanson écrite, composée et interprétée par le duo britannique Eurythmics composé d’Annie Lennox et de Dave Stewart. Quatrième extrait de son second album, Sweet Dreams (Are Made of This), sorti en 1983, elle est son premier succès et la chanson la plus connue du groupe. Arrivée jusqu'à la 1re position des charts américains et à la 2e position des charts anglais, la chanson a été classée 365e des « 500 plus grandes chansons de tous les temps » par le magazine Rolling Stone[5]. Elle est sélectionnée par le Rock and Roll Hall of Fame, en 1995, comme l'une des « 500 chansons qui ont façonné le rock 'n' roll »[6].
| Face B | I Could Give You a Mirror |
|---|---|
| Sortie |
|
| Enregistré | 1982 |
| Durée | 4:55 |
| Genre | Synthpop[1], new wave[2] |
| Format | Vinyle 7", vinyle 12" |
| Auteur-compositeur | Annie Lennox, Dave Stewart |
| Producteur | Dave Stewart |
| Label | RCA Records |
Singles d’Eurythmics
Paroles
En français « Sweet dreams! » signifie « Fais de beaux rêves ! ». « Sweet dreams are made of this » peut se traduire par « Les beaux rêves sont faits de ça »[7]. Pourquoi les parenthèses ? Ce n’est pas très clair au premier abord mais ce qui est évident c’est que les paroles du morceau n’évoquent en rien de beaux rêves mais au contraire des manipulations, du cynisme et de l’égoïsme. Ils traduisent en fait l’état d’esprit des deux musiciens à ce moment-là : leurs rêves sont en train de s'évanouir, leurs échecs musicaux successifs les minent, leurs rapports avec leur maison de disque ne cessent de se dégrader. Celle-ci ne veut plus perdre d’argent en finançant leurs albums, la loi du profit qui régit le monde va les broyer. C’est donc un constat très sombre sur l’âme humaine et la société qui se dégage de ce texte, lequel est en accord avec le rock dépressif de la new wave des années 1980. Mais pour Annie Lennox, qui a écrit ce texte, il ne s'agit pas d'une simple posture intellectuelle : elle est au bord du gouffre, en pleine dépression[8] : « Il s'agissait de survivre au monde » confie-t-elle plus tard au Guardian[9]. Que cette noirceur du morceau soit progressivement occultée agace Dave Stewart. Les bras qui se lèvent et les corps qui s'agitent dans les discothèques et les raves, il l’explique par le contraste entre les paroles et la musique au rythme entêtant qui peut déboucher sur une sorte de transe[10].
Génèse
Ce titre qui va sauver le duo aurait commencé à germer dans leurs têtes à la fin de la dernière tournée de The Tourists, groupe dans lequel il a joué précédemment[11]. Cette tournée se déroule en 1981 en Australie dans des salles qui sont loin d'être combles. Psychologiquement Annie Lennox vit mal cet échec[9]. Le groupe a décidé de se dissoudre à la fin de la tournée. Annie Lennox et Dave Stewart sont encore en couple. Un soir, dans un hôtel à Wagga Wagga, Dave joue sur un petit synthétiseur quelques notes qui sonnent un peu comme celles d'un didgeridoo, instrument aborigène traditionnel. Annie chantonne en l’écoutant puis suggère : « Pourquoi ne ferions-nous pas de la musique électronique ? »[11]. De retour à Londres, le couple se défait. Il est criblé de dettes. Annie Lennox s’enfonce dans la dépression tandis que Dave parvient à obtenir un prêt de sa banque. Il ne sait pas comment il va le rembourser mais achète le coûteux matériel nécessaire à la création de musique électronique, à savoir un space echo Roland, un magnétophone 8 pistes Tascam et un reverb Klark Teknik DN50[11]. Reste à apprendre à s’en servir, car Dave est totalement néophyte. L’apprentissage et le processus de création sont laborieux, les premières mélodies peu convaincantes[9]. Le duo s’est installé dans les combles d’une entreprise de menuiserie qui fabrique des cadres, une activité très bruyante : il faut attendre qu’elle s’arrête pour enregistrer les voix[11].
Lancement
Fin 1982, lassé par les échecs d'Eurythmics, RCA ne souhaite pas sortir Sweet Dreams (Are Made of This) en single : trop de superpositions de voix, estime-t-il, pas de refrain et une mélodie trop éloignée des codes radiophoniques. C’est un DJ de radio américain de Cleveland ayant lui-même testé la chanson sur les ondes de sa station qui convainc le label de l’éditer et de la promouvoir comme il se doit : avec un clip vidéo[12]. Ce clip va l’imposer sur une nouvelle chaine de télévision, principalement musicale, créée en 1980 aux États-Unis : MTV. Le personnage androgyne d’Annie Lennox intrigue, sa coupe de cheveux très courte surprend, ainsi que sa tenue vestimentaire plutôt masculine (costume et cravate) et surtout sa voix grave. Une voix posée sur une mélodie séduisante et très identifiable qui infirme les supputations du label. Le succès est immédiat et mondial : en 1983 en France, il obtient un disque d’or et est un temps numéro 1, aux États-Unis également. L’androgynie d’Annie Lennox qui ressort encore plus dans le clip suivant, inquiète MTV qui le censure et demande à la chanteuse un acte de naissance[9]. Dans les années 2010 elle devient une « icône lgbt »[13].
Sur scène, le duo remplit les salles, le charisme d’Annie Lennox subjugue le public[14]. À partir de Sweet Dreams (Are Made of This), en 1983, les succès du duo tant scéniques que radiophoniques ou télévisuels s’enchaînent, et ce jusqu’en 1989, année de la fin du duo.
Postérité, reprises et utilisations
Cette chanson apparaît dans un épisode des Simpson (Saison 13 Épisode 10), Artie Ziff s'en servant pour envoyer des messages subliminaux à Marge Simpson.
Cette chanson a fait l'objet de nombreuses reprises, notamment par Steve Angello en 2005, par Avicii en 2011, par Triggerfinger, par Mika en 2007 et par Sound Of Legend en 2020. Lors de la Fête de la musique en 2012, elle est reprise par Skip the Use et Orelsan. Sylvie Vartan en fait également une adaptation intitulée Déprime en 1983. En 2023, Kill The Princess fait un rock mashup du titre avec la chanson Seven nation army du groupe The White Stripes[15].
Marilyn Manson en fait une reprise notable en 1995 sur l'album Smells Like Children. Cette reprise est utilisée dans le film La Maison de l'horreur (1999), lorsque les personnages sont amenés à la maison et dans le générique de fin.
Elle est aussi reprise dans une version très sombre par l'actrice Emily Browning pour le film Sucker Punch de Zack Snyder : elle y sert de trame de fond à tout le prologue du film, jusqu'à l'internement de l'héroïne dans un hôpital psychiatrique nommé Asile Lennox.
Le morceau a également été repris lors de la scène du film X-Men: Apocalypse, lorsque Vif-Argent intervient pour sauver les mutants au cœur du manoir de Charles Xavier, au moment d'une explosion. La chanson figure aussi dans Tron : L'Héritage (2010) lorsque Sam Flynn entre dans la cave de la salle d'arcade de son père. Elle est présente dans Mr Nobody lorsque Nemo se rend à une soirée et voit Élise. Et aussi à plusieurs reprises dans le pilot de la série Grimm. La chanson est utilisée dans la bande-annonce du film Atomic Blonde (2017) ainsi que dans la bande-annonce de la saison 2 de la série For All Mankind (2021). Le film Kinds of Kindness (2024) l'intègre également à sa bande-son.
Le thème du morceau est utilisé à la fin du dernier épisode de la deuxième saison de la série Mercredi[16].
Classements et certifications
| Classement (1983) | Position |
|---|---|
| 41 | |
| 54 | |
| 7 | |
| 10 | |
| 14 | |
| 15 | |
| 90 |